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 Le parasitisme extraterrestre (act II)

7/4/2009

Interview avec John Lash :

Dans une interview limpide et puissante, John Lash, auteur et chercheur (metahistory.org) d'origine américaine, nous explique très clairement comment et pourquoi une “intelligence” extraterrestre parasiterait notre monde et notre conscience. Spécialiste et exégète des Evangiles du Nag Hammadi, John est porteur d'un message plus optimiste qu'il n'y paraît : même si les Archontes et autres reptiliens nous donnent l'impression de manipuler les cartes du jeu, nous restons les maîtres car ces Archontes ne savent se livrer qu'à une chose: une opération d'intoxication ayant pour but de nous faire croire qu'ils sont les “patrons”. Ceux que les Gnostiques désignaient sous le terme d'Archontes ne seraient rien d'autres que les les Reptiliens et leurs serviteurs robotisés, les Gris des apparitions contemporaines. Et les religions du Livre ne seraient que des séquelles de cette manipulation et se révèleraient n'être finalement qu'un culte à une entité extraterrestre : Yahvé ou Yahveh (YHVH). Les textes des Gnostiques sont sans équivoques à ce sujet tout comme l'est John Lash : les religions dites révélées agissent comme des virus, des parasites spirituels. Certes, il n'est pas le premier auteur, chercheur ou philosophe (comme le philosophe Michel Onfray et son Traité d'Athéologie, Edition Grasset) à avoir discerné cette caractéristique des religions du «Livre» (et de bien d'autres) qui, sous couvert d'amour du prochain, prônent une soumission absolue et des règles répressives très dures. Le terme "iIslam" signifie d'ailleurs «soumission». Mais Lash est l'un des premiers à avoir mis en exergue le fait que le savoir gnostique contenait des avertissements clairs à l'égard de ce type de «spiritualité».

Autre point capital : les auteurs qui se sont penchés sur la question d'une manipulation de la conscience et de notre univers par une entité “étrangère” estiment, à l'instar d'un David Icke, que c'est l'entièreté de l'univers qui est le jeu de forces entropiques, destructrices et que par conséquent, ce parasitisme par une entité interdimensionnelle affecte l'univers dans sa globalité. Le fait de considérer l'univers dans sa totalité ainsi que les plans de conscience “éthérique” et autres univers parallèles comme faisant partie d'une seule et même illusion, une matrice qui nous piège démontre qu'il s'agit d'une vision très sombre. Pour Icke, les prédateurs et cette «matrice» se servent des consciences qui habitent ces univers comme nourriture. Cela ne nous laisse que peu de chances d'échapper à ce destin d'être une proie.

A l'inverse de cette perception très sombre, se basant sur les informations et les connaissances recueillies par les Gnostiques, John Lash a une vision bien plus positive: ce phénomène de prédation et de distorsion de la conscience n'est qu'une donnée particulière à la terre, une “anomalie locale” qui ne concerne que notre système solaire. Pour être plus précis, les consciences (c'est à dire «nous», entre autres choses) qui résident dans cette “anomalie” sont déviées par les Archontes. Ces derniers nous feraient croire que nous sommes sans recours face à cette prédation tout comme ils nous feraient croire qu'ils nous ont créés.

Reste enfin des informations capitales qui vous donneront une autre vision du Christianisme. Les Gnostiques nous mettent en garde. Ils nous avertissent du danger représenté par le culte d'un Dieu qui n'est qu'une interception, une image fabriquée par les Archontes. Une image soit disant inverse de l'homme où celui-ci n'est rien et Dieu est tout, l'homme est limité, Yahvé est infini etc… D'entrée de jeu, le potentiel de l'homme est nié par le Christianisme. L'homme doit expier ses fautes. Cette négation de l'homme et ce lien de dépendance installé entre le croyant et le clergé est une chose qui semble révolter les Gnostiques qui voient en l'homme lui-même les ressources pour échapper à l'emprise des Archontes. L'interview de John Lash laissera des marques, nous en sommes certains!

Karma One

L'entretien

Karma One : Ce dossier se focalise sur l'idée qu'un parasite existe et dirige notre conscience. Comment pourrions-nous démontrer à nos lecteurs que ce parasite existe réellement et que l'idée “d'une infection mentale” n'est pas une idée de fous ?

John Lash: Comme pour une infection, le parasite mental pourrait en réalité être détecté par une série de symptômes. La malaria, par exemple, produit de violents symptômes provoqués par une entité étrangère qui envahit notre corps. Pour percevoir clairement ces parasites, nous devons prendre en compte le fait que certains types de nos comportements pourraient être symptomatiques d'une infection générée par l'invasion de l'esprit humain par une entité étrangère.

Karma One : Quelle est la nature de ce parasite ainsi que son origine ? Est-ce qu'il s'agit d'une intelligence interdimensionnelle, est-il possible que ce parasite ait pris une forme organique?

John Lash : Selon les Gnostiques, les parasites que sont les Archontes, comme les Gnostiques les appellent, sont originaires de la première phase de formation du système solaire, avant même la formation de la terre. Ce sont des formes inorganiques dotées d'intelligence et de nature électrique, des cyborgs, pourrions-nous dire.

Karma One : Les textes gnostiques (Les codex du Nag Hammadi ou Nag Hammadi Codices, soit NHC) décrivent les Eons et les Archontes. Pour expliquer cela en termes simples à nos lecteurs, quelles sont les différences entre les Eons et les Archontes ?

John Lash : Dans la cosmologie gnostique, les Aeons ou Eons sont des Dieux, des déités ou divinités. Ce ne sont toutefois pas des Dieux créateurs, des entités focales. Il s'agit plutôt de formes massives de vie, de la conscience, des courants de conscience. Ce sont les forces qui forment le noyau central de la galaxie dans laquelle nous vivons, à savoir le plérôme. Les Archontes sont des anomalies, des espèces anormales d'êtres inorganiques qui surgissent d'au-delà du plérôme, dans les limbes ou encore dans les bras de la galaxie. On les appelle les Archontes (du Grec « Archai » ou “élémentaire, dès le début”) parce qu'ils ont surgi d'abord, avant que la terre ne soit formée. Leurs corps sont formés de matières élémentaires se trouvant dans un état pré-organique.

Karma One : Est-ce que vous pensez que les planeurs ou « flyers » décrits par Castaneda et les Archontes des Gnostiques sont une seule et même chose ?

John Lash: Oui, je suis convaincu qu'ils sont identiques.

Karma One : Quel événement de votre vie personnelle vous a amené à focaliser votre attention sur l'idée qu'un parasite comme les Archontes, les planeurs ou une sorte d'entité extraterrestre pouvait affecter notre perception de l'univers?

John Lash : Ce sentiment que quelque chose manipulait notre perception m'a envahi graduellement et n'a pas été suscité par un événement personnel et spécifique. Cependant, dès l'âge de 4 ans, j'ai eu des expériences “occultes” tels que des rêves éveillés dans lesquels je rencontrais des êtres magiques qui venaient pour m'aider et m'enseigner ainsi que d'autres entités qui m'ont attaqué. Dès cet âge précoce, j'étais conscient directement de l'existence de ces deux genres d'interventions.

Karma One : Pensez-vous que des entités extraterrestres comme les Annunakis ou les Gris sont les incarnations de ce parasite ou plutôt que ces entités sont plus “ombrées” ou possédées que nous ne le sommes par ce parasite, cette intelligence prédatrice ?

John Lash : Je me fie aux Gnostiques qui nous enseignent que la première intelligence prédatrice à laquelle l'humanité est confrontée s'avère être les Archontes. Je crois que ces Archontes sont identiques aux Annunakis et aux Gris contemporains.

Karma One : Les Gnostiques nous ont avertis au sujet de cette créature prédatrice : ils ont décrit les Archontes et nous ont dit comment nous sommes affectés par leur existence. Est-ce que les Archontes nous ont créés ? Quel héritage ces créatures nous ont-elles légués ?

John Lash : Les Gnostiques pensaient que les Archontes ne nous ont pas créés mais qu'ils sont en réalité piégés dans un mensonge et ils pensent en fait qu'ils sont nos créateurs. L'un de leurs buts principaux est de nous convaincre qu'ils nous ont créés – en fait, ils veulent nous amener à penser qu'ils sont nos créateurs. Pour ce que je sais, il n'y a aucun “héritage” que nous ayons reçus de ces Archontes extraterrestres. Ils nous sont inférieurs en volonté et en intelligence bien que supérieurs en technologies de navigation pour voyager entre les planètes tout comme ils nous dépassent en matière de télépathie et en techniques d'imitation (réalité virtuelle). Je crois que les Archontes sont identiques aux “Veilleurs” d'Enoch, ces entités à qui l'on attribue l'enseignement à l'humanité de la métallurgie ainsi que les techniques de parures cosmétiques et de maquillages. Si les Gnostiques ont raison, la tentative des extraterrestres Archontes d'endosser la paternité de nous avoir légué certaines connaissances et aptitudes est une manipulation et la prétention des Archontes de nous avoir enseigné de telles choses est fausse, je crois. Nous avons nous-mêmes découvert ces talents et techniques mais nous avons oublié comment nous nous y sommes pris. Par conséquent, nous sommes susceptibles d'accepter l'explication d'une intervention étrangère ou extraterrestre.

Karma One : Est-ce que vous pensez que les Archontes peuvent prendre une forme organique pour exister ? Est-ce que vous croyez que les Archontes et les Gris sont les mêmes choses ?

John Lash : Dans ma compréhension des choses, les Archontes sont une espèce inorganique. Peut-être sont-ils constitués de silicone et de mercure comme Nigel Kerner le suggère (ndtr: lire “The Song of the Greys” ainsi que l'interview de Kerner sur Karmapolis). Les Gris sont des cyborgs qui ressemblent à la forme humaine –ou pour être plus précis, la forme prématurée d'un fœtus. Les textes gnostiques décrivent la production de l'espèce “Archonte” comme un avortement , de là, la forme d'un corps humain né prématurément. Les Archontes ne sont qu'un corps, ils n'ont pas d'âmes. Oui, je suis convaincu que les Archontes gnostiques sont identiques au Gris contemporains de type embryonnaire. Whitley Strieber observait que les extraterrestres gris font montre d'un haut degré de néoténie (ndtr: coexistence chez un animal de caractères larvaires); à savoir qu'ils se présentent sous la forme d'une entité qui ne s'est pas entièrement développée lorsqu'elle est née.

Karma One : Dans leurs interprétations des textes gnostiques, les chercheurs académiques soulignent le rôle crucial joué par un personnage qu'ils appellent Jésus Christ. Ce personnage nous a avertis du rôle joué par les Archontes. Est-ce ce même Jésus que celui que l'on trouve dans le Nouveau Testament ? Pourquoi le message délivré par Jésus contenu dans le Nouveau Testament est-il si différent de celui contenu dans les Codex du Nag Hamadi ? Est-ce que l'on parle du même personnage? S'il ne s'agit pas du même personnage, est-ce que le “Christ” des écrits gnostiques représente-t-il une puissance qui investit certaines personnes (comme des prophètes)? Est-ce que cette puissance décrite dans les textes du NHC diffèrent complètement de la puissance du Christ décrite dans le Nouveau Testament ?

John Lash : Il s'agit de questions importantes et gênantes. Certains termes de ces questions reflètent la confusion typique ou la désinformation si vous préférez circulant à propos du matériel gnostique. En réalité, le terme “Christ” n'apparaît jamais dans les Codex du Nag Hammadi ni le nom de Jésus. On y trouve plutôt un code récurrent : XC ou encore XRC (traduit par les termes CHS ou CHRS) en copte ainsi que les codes IC et HC traduit par le terme IS. Par exemple, dans “Traité Tripartite” (117.10), le texte mentionne le terme HC en langue copte. Le traducteur a modifié cela en H(COY)C, “Isous” qui a lui-même été traduit par le nom de Jésus. Vous pouvez voir jusqu'où les chercheurs et traducteurs ont été pour manipuler les codes afin de les faire cadrer avec leurs préjugés. La plupart des textes gnostiques utilisent les termes comme “le Sauveur”, le “Seigneur” ou “celui qui révèle” sans spécifier du tout qu'il s'agit de Jésus ou du Christ.

Des chercheurs dont la carrière et la formation sont connotés par le christianisme et qui considèrent le NHC comme des écrits des premiers chrétiens décodent systématiquement le terme XRC en Christ ou encore Chrest et IC en Jésus. Il n'y a en réalité aucune base claire et solide qui permettrait une telle convention dans la traduction. Je suis convaincu que ces codes ne se réfèrent pas au “Christ” de St Paul ou au “Jésus historique” du Nouveau Testament. Ces codes sont précisément employés pour éviter que l'on ait recours à une telle identification.

L'expression “le Jésus vivant” trouvée dans le NHC se réfère à un guide intérieur, à une entité psychique, pas une personne historique. Pour les Gnostiques, “le Jésus vivant” indique une force spirituelle qui ne peut pas mourir, de là, il ne peut pas être une personne humaine réelle. Jésus Christ dans le Nouveau Testament affirme des choses qui ne pourraient jamais être dites par un initié gnostique. Ses paroles et ses actes n'ont aucune consistance face un enseignant qui a reçu une illumination à partir des Mystères. Le “Christos” gnostique n'est pas le Christ, le Fils Unique de Dieu dans la théologie de Jean et de Paul. Le Christos des Gnostiques est un Eon, une force divine qui ne prend pas de forme humaine. Les Gnostiques n'acceptent pas le principe de l'Incarnation à ce sujet. Selon leur conception, aucun être humain n'a le privilège d'incarner un Eon, une Divinité.

Karma One : Est-ce que vous percevez une tendance –même minime- dans l'église catholique romaine de reconnaître la légitimité des textes du Nag Hammadi, ce qui inclus l'existence des Archontes. Ou bien, ils nient complètement le contenu, la pertinence et l'intérêt des matériaux trouvés à Nag Hammadi ?

John Lash: Je ne discerne aucune tendance, aucun mouvement dans l'église catholique pour reconnaître l'authenticité du caractère non chrétien du NHC (Nag Hammadi) et certainement aucune tendance pour reconnaître les Archontes. Gardez à l'esprit que les enseignements gnostiques attribuent à l'église catholique romaine (le système de croyance du “sauveur”) l'existence de l'influence mentale déviante des Archontes. Si les autorités catholiques en venaient à reconnaître le message gnostique, ils devraient admettre que leur système de croyance s'avère être un implant extraterrestre dans l'esprit humain !

Karma One: On compare souvent l'importance de la découverte des textes du Nag Hammadi avec les manuscrits de la Mer morte. De ce que vous en savez, pouvons-nous trouver dans les rouleaux de la Mer morte, le même avertissement à propos des Archontes, à propos du fait que la création de l'univers est une erreur, une information contenue dans le NHC ? Qui a écrit les manuscrits de la Mer Morte et qui a rédigé les textes du Nag Hammadi. Etait-ce des ennemis?

John Lash : Grande question ! Cette relation entre les Manuscrits de la Mer Morte et le Nag Hammadi est cruciale. A ma connaissance, aucun chercheur n'a mis en exergue des références croisées entre ces anciens textes mais en fait, elles existent. Laissez-moi expliquer les choses de la sorte.

Les Manuscrits ne nous avertissent en rien à propos de la présence des Archontes parce qu'ils furent rédigés par une secte extrémiste qui étaient manipulées par les Archontes. Les Zaddikim (que l'on pourrait traduire par les “Rigoureux”) de la Mer morte étaient une secte violente, apocalyptique qui s'était dédiée à des êtres célestes appelés Kenoshim qui leur apparaissaient dans des chariots éblouissants. Certains textes des Manuscrits (surtout 4Q404 dans les Chants de Shabbat) décrivent l'apparence et le mouvement d'Ovnis de type soucoupe volante exactement comme on les décrirait aujourd'hui dans des apparitions contemporaines. En termes plus brefs, je suis convaincu que la secte de Qumram était un culte apocalyptique de contactés par des Ovnis, comparables à la secte au culte suicidaire de Heaven's Gate (ndtr: la tristement célèbre secte californienne dont les membres sont morts dans le cadre d'un suicide collectif). Au sud de Qumram, il y avait un campement gnostique, un groupe qui s'appelait les “Archontiques”. Ils ont emprunté ce nom, je pense, parce que leur mission était d'espionner les Archontes qui contrôlaient les Zaddikim. Dans un texte gnostique, l'Apocalypse de Jean (25.15) “celui qui révèle” affirme que “Jérusalem est un endroit hanté et habité par de nombreux Archontes ”. Je suis certain que de nombreux Gnostiques des Temples des Mystères du Proche-Orient étaient conscients de cette intrusion des Archontes. Ils ont détecté les extraterrestres ainsi que leur effet, une infection psychique et mentale qui a pris la forme d'une folie religieuse. Jérusalem était hautement infectée au même titre que Qumram.

Le NHC n'affirme pas que “ l'univers est une erreur ”. Il déclare que notre monde, le système particulier que nous habitons est une anomalie causée par la présence des Archontes qui empiètent sur la vie qui s'est développée sur la terre. La cosmologie gnostique explique l'émergence des Archontes au niveau cosmique. Par conséquent, les Gnostiques ont pu comprendre l'origine et le comportement de ces entités extraterrestres. Les sectateurs des manuscrits de la Mer morte furent complètement dupés par les Archontes qu'ils ont perçus comme étant des Anges célestes. Ils croyaient que le dirigeant des Archontes, Jéhovah, était leur Dieu créateur. Les Gnostiques percevaient ces croyances comme du délire religieux causé par le virus idéologique essaimé par les Archontes. Plusieurs passages dans les manuscrits font directement référence aux Gnostiques qui sont considérés comme les insignes adversaires de la secte des Zaddikim. A ma connaissance, aucun chercheur n'a mis en évidence le fait que le culte gravitant autour des Manuscrits de la Mer morte avait pris pour cible les Gnostiques d'une telle manière. Les Zaddikim avaient l'ambition de complètement annihiler les Gnostiques. Si ma théorie s'avère exacte, nous pouvons en comprendre la raison.

Un autre point d'importance : les Codex de Nag Hammadi furent découverts en décembre 1945 mais leur importance ne fut reconnue qu'à l'été 1947, exactement au moment où l'on trouva les Manuscrits de la Mer Morte. Les lecteurs s'apercevront bien entendu que cet été 1947 était également l'époque des apparitions d'Ovnis observées par Kenneth Arnold ainsi que celle de l'affaire de Roswell. Il est étrange de constater que des textes rédigés par une secte qui vouait un culte à des extraterrestres et des Ovnis de même que d'autres textes qui mettaient en lumière la nature réelle de ce culte ont fait surface au moment précis de la vague d'apparitions d'Ovnis de 1947 ainsi qu'au moment de l'incident de Roswell. Ce sont de véritables “coïncidences cosmiques”.

Karma One : Pourquoi l'église catholique romaine était si rétive, réticente de donner accès aux Manuscrits de la Mer morte ? A-t-on constaté la même réaction à l'égard des matériaux du Nag Hammadi ?

John Lash : Le Vatican contrôlait l'équipe internationale de chercheurs qui était associée à l'Ecole biblique de Jérusalem. Ces chercheurs comme Roland de Vaux et Milil ont opéré une rétention sur les matériaux des Manuscrits parce que ces textes révèlent les vraies origines du Christianisme sous un éclairage très sombre et négatif. Les textes des Manuscrits mettent en lumière que l'idéologie “salvatrice” du Christianisme ne trouvait pas son origine avec Jésus mais trouvait ses racines dans le culte Zaddikim. C'est un mauvais coup asséné aux croyances chrétiennes dans le caractère unique de leur religion.

Concernant les matériaux du Nag Hammadi, une toute autre équipe de chercheurs fut engagée. Ils n'ont ni pris du retard, ni dissimulé leurs recherches. Toutefois, il faut noter le fait que l'interprétation habituelle des Codex du Nag Hammadi est très favorable au christianisme ou plutôt a été conçue pour en avoir l'air. Par conséquent, les NHC sont moins menaçants pour la foi chrétienne que ne le sont les Manuscrits de la Mer morte. Cependant, dans mon interprétation radicale des enseignements gnostiques, le message du Nag Hammadi est clairement anti-chrétien : il s'agit d'un message qui va contre l'idéologie d'une rédemption divine, d'un pardon divin mais qui ne va pas à l'encontre de l'amour, de la bonté et des bonnes actions, bien entendu. (De fait, l'amour, la bonté et les bonnes actions ne constituent pas un monopole des Chrétiens, n'est-ce pas ?)

Karma One: Des anthropologues comme Michael Harner ou Carlos Castaneda ont donné une description similaire d'une même créature : Harner a vu dans ses visions les « Maninkaris », une créature noire, sorte de mélange entre une baleine et un reptile, une sorte de ptérodactyle. Ces créatures ont besoin de se dissimuler et sont considérées par les Indiens d'Amazonie comme étant la source de toute vie sur terre. Castaneda décrit les “flyers” ou “planeurs” comme d'horribles créatures noires et ayant l'apparence d'une sorte de poisson, des créatures qui se nourrissent de la conscience du genre humain. Peut-on comparer ces créatures ? Pensez-vous qu'elles sont de même nature ?

John Lash : Non, je ne crois pas que cette comparaison soit valide. La vision des Indiens d'Amazonie est probablement le résultat d'une mémoire ancestrale sur les origines de la vie. Les enseignements gnostiques à propos de ce sujet sont semblables à ceux prônés par les peuplades indigènes qui affirment que “le premier homme” venait des cieux. Cette conception a reçu le nom de panspermie en science moderne : l'insémination des espèces humaines sur terre à partir d'une source extraterrestre. Dans l'imagination des peuples natifs comme ceux qui ont initié Harner, les semences de la vie sont arrivées dans d'énormes canoës, des vers, des dragons et d'autres formes comparables. C'est une façon de visualiser la panspermie. L'ADN lui-même peut-être visualisé comme un serpent en train de se lover, de s'enrouler.

La description de Castaneda au sujet des Flyers fait référence à un phénomène totalement différent, un type d'être prédateur qui ressemble à une chauve-souris, à un dragon. Tout au long de l'histoire, le dragon a été perçu comme une figure angélique positive, même comme une forme de conscience supérieure mais l'espèce “reptilienne” des Archontes décrite par les Gnostiques est bien différente. Nous devons faire preuve d'imagination et distinguer “l'archétype” universel du dragon de la forme spécifique du prédateur extraterrestre, l'Archonte reptilien, désigné dans les Codex du Nag Hammadi sous le terme de “draconique” (ndtr : « Drakonic » dans le texte original).

Karma One: Pourquoi comparez-vous la connaissance gnostique au chamanisme ? Les Gnostiques se sont-ils aussi engagés dans des recherches à propos de la cognition, à propos d'autres façons de percevoir la réalité ? Ont-ils fait usage de substances hallucinogènes à l'instar des shamans qui emploient de l'Ayahuasca, du peyotl ou de la psilocybine ?

John Lash : Don Juan affirme que le sujet de la sorcellerie (le chamanisme) se concentre sur le changement, le glissement des paramètres de la perception. Je crois que les Gnostiques étaient des maîtres dans cette pratique. Ils étaient les héritiers d'une longue tradition de chamanisme qui provenait des peuplades indigènes d'Europe, d'Asie et que l'on peut faire remonter aux temps paléolithiques. Dans la Gnose, c'est à dire le chemin de la perception accrue (pour reprendre les termes de Castaneda), nous pouvons y voir une méthode sophistiquée de chamanisme, une sorte de chamanisme « high tech » si vous préférez. Les techniques de perception paranormale ont été enseignées et transmises dans le cadre des Ecoles des Mystères créées et dirigées par les “gnostokoi”, “ par ceux qui connaissent les sujets divins et surnaturels ”.

Selon la “thèse de Wasson”, les rituels utilisant des plantes psycho-actives étaient à la base de toutes les religions véritables sur terre. Gordon Wasson et Albert Hofmann , le chimiste suisse qui a découvert le LSD, proposaient l'idée selon laquelle la kykeon , la potion sacrée ingérée lors des Mystères Eleusiniens, était un mélange de l'ergot du seigle, le champignon parasite qui s'avère être la base organique du LSD. Ainsi, il s'agissait d'une potion psychédélique. Des recherches plus solides ont été entreprises pour consolider cette idée. De plus, l'emploi de champignons psycho-actifs dans les Mystères est également une idée qui a été soulevée et qui se fonde sur des recherches pertinentes. Il est aujourd'hui certain que les anciens cultes chamaniques comme ceux des Mystères utilisaient des plantes psycho-actives pour parvenir à une mort temporaire de l'égo ainsi que pour un changement des paramètres de perception. Je crois que les Gnostiques étaient véritablement compétents dans l'usage de plantes hallucinogènes, en ce compris des champignons. Toutefois, je n'ai pas trouvé de preuves directes de cela dans les matériaux du Nag Hammadi.

Karma One : Certaines religions et philosophies affirment que notre univers de matière est une illusion ainsi qu'un piège et que notre conscience est prise dans un système entropique de manipulations et de mensonges. Si nous devons croire Castaneda, l'être humain est dirigé par une conscience qui n'est pas la sienne mais celle d'un prédateur. Cette vision semble très sombre et pessimiste. Quelle est la porte de sortie de ce piège ?

John Lash : En réalité, il n'y a pas de piège mais plutôt une confrontation avec le Manipulateur, l'Escroc, la présence extraterrestre qui se trouve dans notre esprit. Les Gnostiques n'enseignaient pas que le monde, cette planète physique et ce Royaume des sens est une illusion et une manipulation, une tromperie. Ils enseignaient plutôt qu'il s'agit d'un profond et beau mystère. Seulement, nous sommes empêchés de pénétrer ce mystère “de façon profonde et lucide” par des facteurs qui résident dans nos propres esprits. Les Archontes peuvent insinuer leur intelligence étrangère dans nos esprits mais ils ne peuvent en prendre le contrôle et les diriger par la force brute. Toutefois, si nous nous laissons aller sous l'emprise de leur sortilège, ils peuvent complètement prendre la direction de nos esprits. Cela arrive cependant par l'abdication de notre propre conscience et non par la force de leur domination.

La façon de sortir de ce piège est de pouvoir discerner ce qui est authentiquement humain dans nos esprits et ce qui est inhumain, stupide, mécanique, aveugle et procédant par simple imitation. En clair, nous devons prendre conscience de notre potentiel humain de façon à voir comment il est déformé et subverti. Imaginez par exemple que vous n'avez jamais entendu la 5 ième Symphonie de Beethoven jouée comme elle doit l'être réellement mais que vous avez toujours écouté une version tronquée avec des notes complètement déformée. Vous pourriez seulement savoir que la musique était déformée si vous connaissiez la version originale et non tronquée. De la même manière, nous devons prendre conscience de nos esprits authentiques, de notre véritable potentiel humain de façon à voir comment nous sommes déviés. C'est le défi que nous offrent ces prédateurs. J'ai une petite phrase pour résumer cette situation. Je dis que le potentiel humain se présente comme s'il avait été mis en boite par un escroc.

Karma One : Les “lois” de la nature sont basées sur la prédation et la peur. C'est la même chose en ce qui concerne l'être humain même si cette prédation peut prendre des formes plus nuancées. Tout semble basé sur la dualité et le combat. Est-il possible que cet état de fait soit causé par l'influence et la manipulation de l'univers par les Archontes ou les Flyers ? Sans ces créatures, est-il possible de penser que notre monde puisse être différent, qu'il ne soit pas dualiste et prédateur ou bien, vous pensez que cette dualité constitue l'essence même de l'univers, que cela soit avec ou sans les Archontes ?

John Lash : Ce monde, je veux dire la vie sur terre, n'est en réalité pas comme vous le décrivez. Le mode de description que vous proposez est déjà le résultat d'une perception déviante. Il y a autant de preuves dans la nature, en fait bien plus, montrant l'existence de la symbiose et de la coopération qu'il n'y en a pour montrer l'existence de la prédation et de la peur. La manière dont la Terre fonctionne est un miracle de symbiose, c'est également un événement magique. Par conséquent, il n'est pas question que ce fonctionnement soit provoqué par “l'influence ou la manipulation de l'univers par les Archontes et les Flyers” . Les Archontes influencent la façon dont vous percevez le monde. Ils n'influencent pas le monde en lui-même. La Puissance première du monde dans lequel nous vivons s'avère être la Divinité qui réside dans notre planète, l'intelligence de Gaia, appelée Sophia (ndtr: sagesse) par les Gnostiques. Si vous vous alignez sur l'intelligence de Gaia, vous ne percevez plus le monde comme un endroit investi par la peur et la prédation mais comme un monde de beauté, de bonté et de magie.

Karma One : Dans la tradition gnostique, “Sophia” est l'entité divine qui aurait fait une “erreur” et créé l'univers et les Archontes. Comment pourrions nous retrouver notre chemin, notre connexion avec le principe “créateur” originel, le contact avec “Sophia” tout en évitant le contact avec les Archontes?

John Lash: Une façon de joindre Sophia est de se “rendre”, de se laisser aller à la beauté et à la majesté de la Nature pour se laisser pénétrer par la présence mystique de la Terre. Dans la nature, les aspects mystiques et physiques de la réalité sont fusionnés. La Beauté est surnaturelle. Le but des pratiques gnostiques et qui ont un lien avec les méthodes chamaniques sont de quitter, de sortir (en anglais «depart», en français «sortir», de là les termes comme un « sort» ou «sorcellerie») du domaine social humain, de se dépouiller du filtre du conditionnement et de communier directement avec l'intelligence planétaire, à savoir Gaia-Sophia. Je crois que cela fut pratiqué grâce à la dissolution temporaire de l'ego avec l'aide et l'assistance d'alliés sacrés telles des plantes de sagesse, des plantes “enseignantes”. Il n'y a aucun moyen d'éviter les Archontes mais face à eux, nous pouvons nous construire une immunité en renforçant notre lien vital avec Gaia-Sophia, la planète vivante. Les Archontes sont des extraterrestres qui nous ont retranchés et aliénés de Gaia.

Un langage précis est une chose importante pour exprimer une cosmologie vivante. Des termes poétiques précis, si vous préférez. L'Aeon qu'est Sophia n'a pas fait une erreur et créé l'univers ainsi que les Archontes. Elle a agi unilatéralement sans sa contrepartie masculine, un autre Aeon et elle s'est projetée elle-même au-delà du cœur de la galaxie. Les Aeons sont des puissances informes siégeant dans le cœur de chacune des galaxies. Il y a de nombreuses galaxies dans l'univers. Sophia n'a pas créé l'univers, elle est la source de l'ordre du monde que nous expérimentons sous la forme d'un triple système : le soleil, la lune, la terre. Sophia n'a pas commis une erreur, elle a exagéré son implication dans son “Rêve”. De là, elle s'est immergée et incorporée elle-même dans son Rêve. C'est un événement rare, pas du tout typique dont la façon dont les Aeons opèrent habituellement. Comme effet secondaire de son implication excessive dans son rêve, Sophia a plongé du cœur de la Galaxie (Imaginez une impulsion, une poussée sous la forme d'une pointe lumineuse d'une écume scintillante de matière venant du cœur de la galaxie dans ses bras déployés). L'impact qu'elle a provoqué sur la matière élémentaire des bras de la galaxie a généré des espèces inorganiques, les Archontes. Les Archontes ont alors commencé à fabriquer un système planétaire non organique, un mécanisme d'horlogerie. La Terre, la planète vivante qui a servi d'enveloppe à Sophia a été capturée dans un système sans vie. C'est là que réside “l'erreur” ou en terme plus clair, l'anomalie.

Karma One : Dans la tradition gnostique telle que je la comprends, Sophia (sagesse) n'est pas la seule “divinité” ou source d'éternité ou de perfection. Peut-on comparer Sophia à un être très avancé, sophistiqué et élaboré, une sorte de super intelligence extraterrestre ? Où nous devons admettre que la source de toute chose n'est pas une entité unique mais repose plus sur une conception polythéiste  ?

John Lash : Dans la cosmologie gnostique, Sophia est un Eon, une divinité au niveau cosmique mais elle n'est pas seule. Elle fait partie d'une compagnie d'Eons, les Dieux du Plérôme de la Plénitude. Mais il y a de nombreux Plérômes, de nombreuses galaxies dans l'univers. Le mythe gnostique de la Déesse déchue concerne notre galaxie et notre planète, pas l'univers dans son intégralité. Si nous ne comprenons pas ce qui arrive ici, localement, comment pouvons-nous comprendre ce qui se passe n'importe où ailleurs dans l'univers ? Le défi, le test est d'appréhender notre histoire directement avant de pouvoir élargir le sujet à une plus vaste histoire.

A cause de l'intensité toute particulière de son Rêve, Sophia en est venue à s'incarner dans la planète terre et par conséquent, elle représente, pour nous qui habitons la planète terre, la véritable divinité au sein de laquelle nous vivons. Elle est la vraie Matrice vivante. Sophia est la divinité de la Nature pour parler en termes théologiques. A quoi ressemble-t-elle ? C'est une chose que nous devons arriver à comprendre par des pratiques, par le chemin d'un apprentissage sacré, la Gnose. Tous les Mystères ont été dédiés pour en arriver à comprendre Gaia et pour servir la haute intelligence de l'Eon Sophia. La “source de toute chose” est un Mystère. Pourquoi spéculer sur ce que nous ne pouvons pas savoir et comprendre alors que nous nous confrontons à l'aventurière exploration de ce que nous sommes “ capables ” de comprendre ! ?

Karma One: Malgré les sombres rumeurs et perceptions relatives aux théories de la conspiration, d'autres conceptions du parasitisme représentées par des gens comme Branton, David Icke ou le shaman zoulou Credo Mutwa croient profondément dans le fait que le parasite est en réalité une entité reptilienne et que cette entité a investi ou possédé les corps des dirigeants de ce monde, des gens comme Georges Bush par exemple?

John Lash : Je pense que nous devons entraîner notre imaginaire afin de détecter la présence de ces entités extraterrestres ainsi que de pouvoir discerner ce qui est réel de ce qui est fantasmatique. Les alchimistes ont une règle: “Agissez en harmonie avec la nature, observez les œuvres de la Nature et entamez le Grand Œuvre avec les puissances authentiques de l'imagination et non avec des pensées fantasmatiques” . C'est une question de discipline à laquelle nous devons faire face sur le chemin d'une perception accrue. Je crois que certaines sources d'informations indigènes comme celles représentées par le shaman Credo Mutwa ont des informations valides à révéler au sujet des Archontes. En même temps, je suspecte le fait que le scénario reptilien a explosé en dehors de toute proportion raisonnable à cause de fantasmes et de manipulations mentales. Pour ce que je sais, les prédateurs extraterrestres appelés Archontes par les Gnostiques peuvent prendre deux formes: l'une embryonnaire (les extraterrestres Gris) et draconienne, un type reptilien mais ils ne peuvent pas posséder et donc ne possèdent pas les corps d'êtres humains. Il faut pouvoir faire preuve de bon sens lorsque l'on examine les phénomènes paranormaux et surnaturels. Georges Bush n'a pas besoin d'être un reptilien pour être un monstre. Nous devons pouvoir reconnaître le fait que des êtres humains puissent agir de façons monstrueuses parce qu'ils sont déviés par des prédateurs reptiliens sans pour autant croire dans le fantasme selon lequel ils se transformeraient en réalité en reptiliens. A mon sens, le scénario proposé par Icke et les autres donnent trop de pouvoirs aux prédateurs. Comment alors, Icke et ses témoins peuvent-ils proposer des témoignages de première main sur le changement de forme, la métamorphose en reptiliens? Et bien, la perception des choses est une construction. Toute perception ! Gardez à l'esprit que les Archontes sont des maîtres en matière de réalité virtuelle. En langue copte (qui est la langue du Nag Hammadi), ce phénomène est désigné sous le terme de HAL, “simulation” (ndr de Karmapolis: l'ordinateur de « 2001 Odyssée de l'espace » s'appelle Hal). Les textes gnostiques affirment que les Archontes “enlèvent les âmes la nuit”. Ils le font par le biais de la réalité virtuelle (ou RV), des techniques de simulation de RV. Bien entendu, la “RV” des Archontes est aussi réelle pour eux que ne l'est la réalité de notre terre pour nous. La différence réside dans le fait que nous ne pouvons interagir en symbiose avec cette RV. L'autre différence est que les Archontes manipulent des champs quantiques inorganiques alors que nous manipulons les bandes de perception qui façonnent, donnent forme à ces champs. Les Gnostiques estimaient que nous étions supérieurs aux Archontes par la pensée, la perception et l'intention.

Je dirais que ces rapports et témoignages sont vrais : les témoins ont perçu le changement de forme, d'apparence mais cette perception est un effet des pouvoirs des reptiliens en matière de réalité virtuelle plutôt qu'un phénomène réel, concret et authentique, un événement naturel. Les serpents naissent à partir d'œufs et ils muent et changent de peau. C'est ce que la nature nous montre. Elle peut alors nous dire quelque chose à propos de la manière dont les reptiliens se comportent si nous approchons ce sujet avec une imagination authentique et non pas avec des fantasmes.

Karma One : Certains auteurs (comme Paul Von Ward) dénoncent YHVY ou Yahveh comme étant un Etre Avancé, une entité extraterrestre qui a voulu dominer notre monde armé d'intentions qui ne semblaient pas bonnes et pures. Croyez-vous que YHVH est un Archonte ou encore un représentant des Archontes ?

John Lash : Les textes gnostiques soulignent clairement le fait que Jéhovah est “le seigneur Archonte”, un extraterrestre prédateur de type reptilien qui domine les extraterrestres Gris à l'aspect embryonnaire et qui se comportent avec une mentalité de ruche, de fourmilière, pareille à un essaim. Jéhovah que les Gnostiques appelaient Yaldabaoth, est véritablement une entité extraterrestre dont le royaume est le système planétaire indépendant de la terre, du soleil et de la lune. Il n'est pas un “Etre Avancé” (c'est à dire plus évolué que les humains) mais un extraterrestre tombé en pleine démence et doté de certains pouvoirs « surhumains » ou proche d'une divinité. Les Gnostiques pensaient que Jéhovah infectent l'humanité avec la croyance selon laquelle il affirme être le dieu créateur alors qu'en fait, il ne peut rien créer du tout. Le Nag Hammadi est très clair sur le fait que Jéhovah-Yaldabaoth est le commandant de l'espèce archonte.

Karma One : Les Gnostiques dénoncent le rôle joué par les Archontes. Avez-vous trouvé le même genre d'avertissement sur leur rôle dans d'autres traditions religieuses ?

John Lash : Non, je ne peux pas dire que j'ai trouvé cette information si clairement et si exhaustivement mentionnée dans d'autres traditions religieuses. Gardez à l'esprit que la Gnose est un chemin de connaissance, non une religion ! Les Mystères sont des écoles de savoir paranormal, pas des institutions religieuses. Je suis convaincu que toutes les religions dévient le potentiel humain mais les trois religions d'Abraham, le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam sont potentiellement mortelles. Elles mènent à une déviation terminale et sans issue de nos espèces. Vous ne trouverez aucune religion qui nous avertit que cela est dangereux pour votre santé mentale ainsi que pour votre survie physique. Les Gnostiques voyaient dans la religion rédemptrice et salvatrice (ndtr : la croyance en un Messie venu nous sauver de “nos” péchés) à la fois la preuve et l'instrument d'une intrusion extraterrestre.

Karma One : Les enseignements gnostiques et les Ecoles des Mystères sont une chose identique. Des théoriciens de la conspiration comme Springmeier et Icke pensent que les rituels sataniques proviennent des Ecoles des Mystères et que les Ecoles des Mystères constituent les sources des abus rituels et sataniques ainsi que des Illuminati et des traditions maçonniques. Comment et pourquoi ces auteurs font ce lien entre Ecoles des Mystères, Illuminisme et Satanisme ? Pourquoi dénoncent-ils avec tant de virulence à la fois les Gnostiques et les Ecoles des Mystères ainsi que la religion catholique romaine quand on sait que les Gnostiques furent persécutés par les Catholiques?

John Lash : Icke et d'autres théoriciens de la conspiration qui proposent la thèse d'une intervention extraterrestre ne sont pas familiers avec le sujet des Mystères et je crois cela pour deux raisons : d'abord, ils n'ont pas éprouvé l'expérience directe de la mort de l'ego et vécu une instruction par la Lumière comparable aux expériences des Mystères. Ensuite, ils n'ont pas fait de distinction entre les méthodes et les mobiles des Illuminati avec l'enseignement authentique des Gnostiques. Les Illuminati étaient des initiés dérangés qui avaient une connaissance profonde des pratiques des Mystères mais qui ont été mal employées afin d'acquérir un pouvoir social et politique. Les Ecoles des Mystères n'étaient pas des camps d'entraînement pour Illuminati comme Icke le croit. C'est une lourde erreur de sa part. A cause d'un manque d'expériences directes, Icke et les autres sont incapables de réaliser que les adeptes du Pouvoir du Serpent (Kundalini) étaient directement opposés aux Illuminati qui avaient fait un pacte avec les puissances reptiliennes. Comme je l'explique dans mes articles, on nous a donné la Kundalini comme une force pour repousser cette intrusion extraterrestre. Le Serpent bénéfique et guérisseur n'est pas une entité reptilienne mais un composant inné de notre héritage biologique divin. Les spéculations et les recherches (même les recherches aussi intéressantes que celles de Icke) ne peuvent nous enseigner comment faire la distinction. Seule l'expérience directe le peut.

Il était strictement interdit aux Illuminati de participer aux Mystères une fois qu'ils avaient été repérés et identifiés. En d'autres termes, les Illuminati étaient des pratiquants en sciences occultes (principalement la programmation et le contrôle de l'esprit) qui devaient être évincés des Mystères … mais c'est une histoire (une histoire extrêmement importante, j'ajouterais) que Icke et d'autres semblent totalement ignorer.

Karma One: Quelles sont les conceptions du paradis et de l'enfer chez les Gnostiques?

John Lash: Il n'y a aucune conception d'enfer et de paradis dans les enseignements gnostiques.

Karma One: Clive Prince et Lynn Pycknett, dans un livre appelé “La Porte des Etoiles” (éditions du Rocher pour l'édition française) dénoncent le fait qu'avec le Nouvel Âge, une manipulation globale va mettre en place un syncrétisme religieux (un mélange de Bouddhisme, d'Hindouisme et des trois religions du Livre), une religion pour un nouvel ordre mondial basée sur d'anciens cultes égyptiens et la vénération “du Conseil des 9”. Dans cette nouvelle religion, nous trouvons un livre comme “les Clés d'Enoch” et des gens comme James Hurtak, Andra Puharich, l'ordre de Melchisedech (que l'on retrouve également dans le culte Mormon). Que pensez-vous de cela? Est-ce une autre manipulation des Archontes?

John Lash : Je pense qu'il s'agit d'un fantasme partagé par des gens désespérés et en recherche de pouvoir et d'un statut spirituel dont certains éléments peuvent être affectés par une déviation des Archontes. Le défi que représente la confrontation avec ces escrocs extraterrestres a pour objet de pouvoir discerner ce qui est réellement dangereux et déviant de simples sottises et autres folies. Il y a pas mal de bêtises dans les théories conspirationnistes sur le nouvel ordre mondial. Il y a de nombreuses impostures spirituelles et des simulateurs parmi les personnes qui affirment être des « channelers » du “Conseil des 9”. Cela fait des années que cela dure… Le problème dans ce cas précis est que le matériel fantasmatique est semblable à des sables mouvants : vous vous y immergez et vous ne pouvez pas vous en sortir. Avec les indications précises et claires données par les Gnostiques sur les Archontes, nous pouvons commencer à voir ce qui se passe dans nos esprits afin de corriger la folie bien que nous devons nous y prendre individuellement, les uns après les autres car nous ne pouvons pas corriger la folie qui réside dans l'esprit des autres.

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Catégorie : Le parasitisme extraterrestre

 Le parasitisme extraterrestre

7/4/2009

Les parasites

Le parasitisme extraterrestre

Alien, Planeurs, Clones, Reptiliens

 

 

Nous n'employons pas tout le potentiel de notre cerveau, nous affirme la science. Nous sommes des créatures imparfaites, tourmentées, aliénées, plongées dans un enfer terrestre, souligne la tradition gnostique. Et si notre aliénation ainsi que la face prédatrice de la nature, son côté fragmenté, divisé (en pôle négatif, positif etc.) étaient provoquées par une cause «extérieure», un parasitisme d'une force stupéfiante ?

Il s'agit d'une thématique fascinante et très mystérieuse qui pourrait incarner un enjeu pour le devenir de l'âme humaine. Il s'agit sans doute du sujet le plus difficile à dépeindre rationnellement. Pourtant, depuis qu'à Karmapolis, nous avons entamé nos enquêtes sur le phénomène extraterrestre, l'histoire des religions et civilisations et des recherches sur les "anomalies et théories de la conspiration", ce thème du parasitisme et de la manipulation de l'être humain par une entité “externe” (extraterrestre ou interdimensionnelle) nous est revenu à chaque fois en plein visage. Soyons directs : ce dossier réalisé en symbiose avec l'écrivain et chercheur américain John Lash et son site Metahistory.org se focalise sur l'idée que l'être humain n'est pas “lui-même”, que sa conscience pourrait être parasitée par une entité mystérieuse venue des tréfonds du cosmos.

L'idée d'une emprise “étrangère” ou extraterrestre sur la conscience n'est pas si saugrenue. Elle est presque aussi ancienne que notre civilisation puisque les premiers mystiques gnostiques en ont fait un thème central de leur cosmologie. On la retrouve de façon répétée dans la thématique des enlèvements extraterrestres, du « Mind Control » (contrôle du comportement et de la pensée) et du Milabs (Military Mind Control and Alien Abduction). Des civilisations très anciennes et des traditions chamaniques et ésotériques évoquent ce concept clairement dans leurs mythes, légendes et traditions souvent orales avec leur propre bagage terminologique.

Dieu aimant ou esprit malade ?

Selon la tradition gnostique, c'est finalement l'ensemble de notre monde qui serait infecté, déconnecté de sa source créatrice et manipulé par les Archontes ces “Dieux” maudits et sombres, surgis d'une erreur et créateurs de “mondes” perdus. Lisez par exemple l'Apostasie des Archontes ou encore l'Apocryphon de Jean, un texte du Nag Hammadi qui nous raconte une toute autre histoire sur la genèse de notre monde que celle narrée par la Bible.

Peut-être que c'est l'ensemble même de la création -hommes, animaux, plantes- qui est parasitée et “infectée” par une implantation étrangère. On nous a toujours appris que nous vivions dans un monde de merveilles, dans une nature d'une beauté harmonieuse créée par un Dieu aimant. Nous savons pourtant que le spectacle offert par l'homme est affligeant. Regardez objectivement la nature, observez ces “superbes lois” naturelles où toutes les créatures animales et végétales vivent aux dépens les unes des autres. On appelle cela “la chaîne alimentaire” à travers laquelle les animaux les plus faibles développent des stratégies multiples fondées sur la concurrence, la peur et la faim pour survivre au carnage des grands prédateurs. L'ensemble de la création s'articule autour de la prédation et du parasitisme. Les comportements et les consciences sont investis par la peur et l'instinct de survie. Croyez-vous sincèrement que ce “spectacle extraordinaire” de l'homme et de la nature est le fruit d'un Dieu infiniment aimant comme la tradition judéo-chrétienne veut nous le faire croire ou plutôt généré par un esprit malade, ce que les Gnostiques ont tenté de nous démontrer avec force ? Ce n'est ni l'homme, ni la terre «mère», ni la «matière» les composant qu'il faut remettre en cause, c'est une «implantation étrangère» qui aurait infecté notre esprit et qui manipulerait la réalité de façon à ce qu'elle devienne un enfer. Les religions «traditionnelles» comme la religion chrétienne voudraient nous faire porter le fardeau de la culpabilité de cette infection. C'est un renversement des rôles. Une stratégie habile pour nous asservir selon certains auteurs.

Un préalable nécessaire

Dans cet article, nous évoquerons régulièrement le travail de Carlos Castaneda, un anthropologue d'origine sud-américaine qui s'était établi en Californie pour faire sa thèse sur l'usage des plantes dans une communauté indienne (recherches ethno-botaniques) de la frontière américano-mexicaine. Au fil de ses recherches, il rencontre don Juan Matus, un étrange personnage, shaman, adepte de ce qu'il appelle la «nouvelle sorcellerie» qui va l'initier à une conception radicale et étrange de la réalité et du monde. Dans le même ordre d'idée, nous évoquerons les connaissances des Gnostiques, des mystiques (non chrétiens !) qui, aux premiers âges de l'ère chrétienne, nous ont légué des textes incroyables dont les « évangiles du Nag Hammadi ». Pour en savoir plus sur ces mystiques gnostiques, consultez le site en anglais de John Lash.

“Le sujet des sujets”

Un nombre croissant de chercheurs se posent les questions suivante : peut-être avons-nous tort de considérer ces soi-disant mythes de la création du cosmos avec dédain comme des “historiettes” un peu naïves contenant surtout un niveau symbolique ?! Peut-être devrions-nous réexaminer la mythologie ancienne et les récits oraux des traditions chamaniques comme étant des témoignages de faits historiques et matériels ?! Certains de ces récits parlent de cette « manipulation » étrangère.

Au fil de nos articles, cette possibilité d'un parasitisme nous a bousculés, taraudés mais nous hésitions à nous consacrer à ce sujet, qualifié de « sujet des sujets » par Carlos Castaneda et par John Lash. Nous étions partagés entre le rejet pur et simple de cette hypothèse et l'envie d'en savoir plus car ce sujet faisait écho à quelque chose de plus profond qui nous habitait et nous habite encore. Pour mieux résumer cette hésitation à aborder le “sujet des sujets" ou le “cœur du sujet”, reprenons ce que Castaneda affirmait dans son livre -“Le Voyage définitif”. Le sorcier don Juan lui apprend l'existence de ces parasites et le met en garde contre le genre de réactions que l'on peut attendre d'un être humain lorsqu'on lui parle de la possibilité que son âme est manipulée par une entité abominable: “ils réagiraient en riant et en se moquant de nous, et les plus agressifs s'énerveraient et nous tabasseraient. Ce n'est pas qu'ils nous croiraient pas ! Il y a au tréfonds de chaque être humain une connaissance ancestrale, viscérale de l'existence des prédateurs… Tout ce que me racontait don Juan me semblait grotesque, absurde, et en même temps me semblait raisonnable, très simple. Toutes les contradictions humaines s'expliquaient… ”.

Un sujet ignoré ?

La première fois que l'on entend parler de l'existence de ces prédateurs (en lisant Castaneda par exemple) s'opère un choc ontologique, une prise de conscience brutale qui mène à une angoisse insondable. On réagit ensuite par instinct de défense et c'est le rejet total, une sorte de mépris et notre partie cynique nous distille l'idée que l'on a été stupide de s'être fait une telle peur avec de telles “inepties” sorties de la tête d'un sorcier “ givré ” dont “ on ne nous a même pas prouvé l'existence". Ensuite, on s'aperçoit que ce thème est récurrent, qu'il est abordé ailleurs dans d'autres recherches, par d'autres auteurs. Il y a les textes gnostiques bien sûr. Il y a aussi certains témoignages. Il y a également les traditions des shamans de différentes régions du monde qui en parlent chacune à leur manière. Peut-être que les mystiques musulmans qui mettent en lumière les comportements des Djinns, de ces entités “démoniaques” inorganiques, ces succubes qui infiltrent et rôdent sur le côté gauche de notre corps sont de même nature que ces “planeurs” ou Flyers comme les nomme le sorcier don Juan de Castaneda. Il y a aussi cette interview que nous avait accordée Nigel Kerner dans laquelle il nous expliquait d'où pourrait provenir notre propre esprit violent, prédateur, mesquin, avide et calculateur : il s'agirait d'un héritage qui doit remonter à l'ère Cro Magnon au moment de ce qu'il appelle les “premières interceptions génétiques” dont nos ancêtres furent les victimes. Mais nous y reviendrons plus loin.

L'existence d'entités parasitaires est donc dénoncée tant dans des textes religieux très anciens que dans des recherches, livres et études contemporaines mais ces informations ne sont pas très « médiatisées », c'est le moins qu'on puisse dire. Ne sachant donc comment aborder le problème avec un minimum de sérieux et de légitimité, nous avons eu la chance de rencontrer John Lash, écrivain et chercheur, créateur du site métahistory.org, membre de la fondation « Marion Institute », homme d'érudition, infatigable explorateur des textes gnostiques qui a eu l'idée géniale de mettre en parallèle le savoir gnostique avec les traditions et les connaissances chamaniques. D'ailleurs, pour lui, les Gnostiques, ces authentiques mystiques qui seraient les plus proches de ce qu'aurait du être la mystique « chrétienne » originale (avant qu'elle ne soit prise en main par les disciples et l'église) sont en réalité des shamans, de vrais shamans du Moyen-Orient comme le seraient les ayahuasceros brésiliens, les adeptes bitwis africains de l'Iboga et les shamans sibériens d'aujourd'hui. John a éprouvé lui aussi avec force et depuis bien plus longtemps que nous cette intuition selon laquelle il convenait de mettre en relation les entités parasitaires décrites par exemple par Carlos Castaneda et son ami shaman don Juan et les Archontes, ces «démons» créateurs et “mangeurs” de mondes en perdition, nés d'une erreur, extirpés de l'ombre et du néant et dénoncés par les Evangiles Gnostiques. En poussant les recherches plus loin, nous pouvons donc mettre en parallèle ces “flyers” de Castaneda avec les Archontes et d'autres entités reptiliennes tantôt éthériques, tantôt de chair et de sang qui sont décrites dans l'abondante littérature relative aux abductions mais aussi aux abus rituels et sataniques et au désordre de personnalités multiples (MPD). John Lash et son site Metahistory. Org et nous-mêmes à Karmapolis avons décidé d'unir nos ressources pour donner corps à cette hypothèse selon laquelle l'âme humaine serait réellement parasitée et manipulée par une puissance mystérieuse qui se révèlerait à la fois notre malédiction mais peut-être aussi une force

Des Gris, des Drones et des Clones

John Lash, dans son étude, dresse un parallélisme entre les “planeurs” de Castaneda et les Archontes de la tradition gnostique. Selon Castaneda, ces entités parasites qui nous ont infiltrés ont conféré à notre esprit son côté routinier, répétitif, maniaque, peureux, avide, violent, calculateur : “les prédateurs ont remplacé notre esprit par le leur qui est bizarre, incohérent, grincheux et hanté par la peur d'être percé à jour” (Carlos Castaneda, Le Voyage définitif). Les Archontes qui ont aussi certaines de ces caractéristiques selon les textes gnostiques, ont cette obsession de rester caché et de ne pas être découvert. Nigel Kerner que nous avons longuement interviewé en 2004 évoque, tant dans l'entretien qu'il nous a accordé que dans son livre “The Song of the Greys”, l'héritage que nous ont légué les Short Greys, les extraterrestres Gris. D'abord, Kerner les compare à des coquilles vides, des robots mais aussi des clones, des drones explorateurs qui ne sont plus que le pâle reflet complètement déconnecté de leur « Etre Premier » (Prime Being), l'entité qui les a créés il y a bien longtemps. Par le biais de plusieurs interceptions génétiques (d'où les innombrables récits d'enlèvements extraterrestres contemporains ou plus anciens quand ils étaient perçus comme des démons et des succubes par exemple), les Gris auraient inséré dans notre patrimoine génétique des caractéristiques qui font de nous des êtres hybrides, mélange d'homme et de Gris. L'interception aurait concerné principalement l'espèce Cro-Magnon et sa descendance indo-européenne, c'est à dire l'homme blanc occidental. Ce dernier montre, selon Kerner, une plus grande propension que d'autres “familles” ethniques humaines (le concept de race est une hérésie en biologie) à des comportements agressifs, territoriaux, impérialistes, froids, calculateurs, vivant toujours dans la crainte d'une agression, d'une menace. Ce sont ces traits de caractère qui lui auraient donné sa force conquérante d'expansion territoriale ainsi que la doctrine de l'élimination du moins apte. Kerner y voit un programme mis au point par les Gris pour aboutir à la suprématie de l'homme blanc et à l'élimination des autres civilisations et autres traditions culturelles, sociales et mystiques plus axées sur la coopération, la compassion, l'équilibre. L'homme blanc a été créé entre autres choses pour procéder à l'élimination d'autres “expériences” menées par des Gris ou peut-être par d'autres « Etres Avancés » ou entités extraterrestres. Reprenons ce que nous avait déclaré Nigel Kerner dans un entretien exclusif à propos des conséquences de cette interception. A l'instar de la pensée gnostique qui désigne les Archontes comme les coupables de notre aliénation existentielle ou celle de Castaneda qui accuse les planeurs du même méfait, Kerner estime qu'à cause de l'intervention des Gris, nous ne sommes plus en contact direct avec notre vrai potentiel, notre véritable conscience et surtout notre lien avec l'Etre Premier qui nous a créés : “Nous sommes piégés dans une existence physique parce que nous avons certaines "restrictions", certains traits, certaines "caractéristiques" qui reflètent chez nous un manque de compréhension de la véritable nature de la réalité. Ces "caractéristiques" sont la haine, l'envie, l'avidité, l'agressivité etc... Ces caractéristiques sont des forces mentales d'impulsion qui séparent en parties, qui divisent au même titre que l'univers sépare, segmente en parties. Ces caractéristiques sont des sentiments équivalents à des impulsions qui segmentent toute chose, aux forces entropiques physiques de la séparation au sein de l'univers. Donc, elles amènent de fêlures, des "empreintes de saleté" sur les "lentilles" individuelles que nous sommes à travers lesquelles la lumière de Dieu s'exprime pour briller en nous. Ces défauts déforment, dénaturent cette "lumière" qui définit chacune de nos individualités comme des prolongements de la différence, de nos différences individuelles face à cette lumière. C'est comme cela que se définissent nos individualités au départ. L'interception extraterrestre ajoute d'autres "griffures", d'autres taches de saleté qui se révèlent être des extra à nos propres restrictions ou encore "péchés". Par conséquent, l'interception extraterrestre est un abus, une imposition supplémentaire qui nous est infligée” affirme Nigel Kerner . "Le but des Gris est de permettre à leurs “maîtres”, les clones, de retrouver une âme éternelle, soit un lien vers leur Etre Premier”.

Kerner ajoute au sujet de ces drones, sorte d'entité vide: “ Leur nature prédatrice est due au fait qu'ils nous perçoivent comme des sujets expérimentaux. S'ils étaient humains et qu'ils agissaient sous l'empire de la haine ou de la cruauté, alors ces émotions les conduiraient vers leur propre destruction en tant que peuple mais parce qu'il s'agit en réalité de machines capables de se générer elles-mêmes, elles peuvent continuer à poursuivre leur programme aussi longtemps que leurs proies sont des entités physiques pensantes ”.

Kerner a une pensée typiquement gnostique lorsqu'il évoque le fait que l'être humain vit dans un monde de servitudes et que le Christ, par exemple, n'est pas venu pour « racheter » nos péchés et nous sauver mais pour nous avertir d'un danger effroyable : l'existence de ces prédateurs, Archontes ou Gris. Il affirme encore dans l'entretien: “Je suggère que nous nous accordions sur ce que le mot “damné” signifie. Le sens commun indique qu'il s'agit d'un aller simple pour l'enfer. Le livre "the song of the Greys" suggère que notre monde physique se révèle être notre véritable enfer. Notre damnation se définit par le fait que nous sommes coincés ici bas. C'est notre propre esprit, ce sont nos propres actions qui nous lient mais on peut très raisonnablement penser que nous aurions été sans doute moins susceptibles d'avoir été piégés, coincés s'il n'y avait pas eu une influence extérieure comme les Gris. C'est peut-être pourquoi des êtres comme Jésus seraient venu ici pour nous montrer un chemin pour libérer de notre captivité....oui, nous sommes captifs comme des animaux le sont, nous sommes "élevés" par les Gris comme des animaux. Peut-être est-il venu restaurer l'équilibre... Dans les anciens textes du Nag Hammadi (ndtr: textes sacrés gnostiques découverts il y a une cinquantaine d'années dans la localité de Nag Hammadi), il est dit qu'il y aurait des Puissances extérieures qui auraient un intérêt dans l'humanité depuis son commencement ”.

Nous serions des êtres hybrides, envahis par une implantation étrangère. Dans l'Apocryphon de Jean, le Christ dit clairement: “Je suis celui qui existe éternellement, celui qui est sans souillure et sans mélange”. Ces parasites, cette hybridation n'ont pas d'emprise sur lui. C'est la vraie bonne nouvelle. La puissance du Christ des Gnostiques (ndr : qui n'aurait aucun rapport avec le Christ des chrétiens) ne parle pas de nos repentances et de nos péchés mais veut nous aider à sortir tout simplement de ce bourbier par l'illumination.

Que manque-t-il aux Archontes?

En comparant les Gris avec les Archontes, Nigel Kerner laisse sous-entendre que ces entités parasites sont comparables à des machines, des sortes de virus programmés à qui il manquerait quelque chose.

Peut-on alors comparer les Archontes et les planeurs à des sortes de machines psychiques, des virus ? Peut-être dans la mesure où il semble que les Archontes tout comme les Gris ont un problème de connexion avec le Créateur, avec l'Etre Premier, à savoir avec Sophia (selon la tradition gnostique) comme nous l'avons évoqué plus haut. Il leur manquerait quelque chose, sans doute une âme qui les relie à une éternité, à un retour à la source. Dans la tradition gnostique, les Archontes, imbus d'eux-mêmes, se croyant seuls en « leur » Royaume ont lancé un défi à la source créatrice, défi selon lequel ils pouvaient l'égaler. Ils ont été générés dans les ténèbres, l'ignorance et la folie. Apparemment, ces Archontes se nourrissent de nous, êtres humains. Ils veulent nous asservir. Ils nous créent et nous rejettent, nous consomment, bref, ils nous traitent comme du bétail, des sortes d'expériences, des animaux de laboratoire. Les Gris font exactement de même. Dans les ouvrages contemporains qui parlent des Gris et qui font le rapprochement avec les Reptiliens, ces extraterrestres évoluant entre notre dimension et une dimension non matérielle se nourrissent de nos émotions négatives, surtout de la peur et de la souffrance. Dans certains cas, les abus rituels et cérémonies “sataniques” -un phénomène totalement nié par les autorités policières- seraient pratiqués selon les victimes rescapées et les thérapeutes dans le seul but de “nourrir” des entités interdimensionnelles avec nos peurs et notre souffrance.

Virus spirituel et stratégies de camouflage

John Lash souligne aussi le fait que les religions judéo-chrétiennes dont la doctrine est essentiellement patriarcale, messianique et rédemptrice (la croyance en une Apocalypse expiatoire de nos fautes et un messie sauveur) est un virus spirituel que la tradition gnostique a isolé et mis en cause. C'est sans doute l'un des principaux combats des Gnostiques. L'auteur et chercheur Paul Von Ward, dans son livre “ God, Genes and Consciousness ” soutient cette vision des choses dans la mesure où il estime, à la lecture de nombreux textes anciens (comme les textes sumériens et le Nag Hammadi) que les religions du livres (Christianisme, Islam, religion juive) sont des sortes de séquelles de la présence et du règne sur l'humanité de ce qu'il appelle des E.A (Advanced Beings en Anglais ou AB's) ou Etres Avancés. Ces E.A, pour des raisons de pur opportunisme, nous ont légué une tradition hyper centralisée de culte entièrement patriarcal, fondé sur la conception que l'homme est coupable d'une faute originelle. Selon Von Ward, même nos modes de gouvernement ont été influencés par ce genre de conception qui, dans les pires exemples, aboutissent aux dictatures et aux cultes de la personnalité (ex : on vénérait Hitler, Staline ou Kim Il Sung comme des Dieux). Von Ward appelle cela le “supernaturalisme” ou « culte du surnaturel, une “réalité” dans laquelle tout ce qui est “magique” n'existe pas mais où paradoxalement, on vénère une divinité suprême déconnectée, non présente, qui ne se manifeste pas physiquement, par exemple par des “miracles”, des actions spectaculaires et des preuves “magiques” mais que l'on est bien contraint de vénérer et croire. Le surnaturel, la magie ne vivent que dans les récits, les évangiles, les textes sacrés. Ce « supernaturalisme » amène l'homme à une sorte de schyzophrénie où toute forme de “magie”, d'ésotérisme est bannie et en même temps avidement recherchée (magie cachée ou occultisme). Dans une telle doctrine, il est bien entendu impensable que Dieu ou “les Dieux” puissent être des entités extraterrestres dotées d'une technologie très sophistiquée capables de prouesses que nous prendrions pour des “miracles” d'ordre divin. La Divinité doit conserver son aspect impalpable, intouchable, inconcevable, distant et en même temps présent dans tous les aspects de la vie de l'homme. Le Dieu « immatériel » version anthropocentriste par excellence. Dans une telle conception d'un réel “supernaturaliste” ou surnaturel, l'idée du parasitisme exercé par des entités immatérielles ou plus “avancées” sur certains plans ne peut exister et est inconcevable. En poursuivant le raisonnement de Von Ward sur les religions et les E.A, nous pourrions alors nous dire que ce « supernaturalisme » (ou conception du surnaturel) serait une habile stratégie mise au point par les E.A, ces « Dieux » de l'Antiquité, pour nous pousser à nier l'existence de ce parasitisme. Von Ward désigne les lignées Annunaki, ces entités extraterrestres hyper dominatrice, qui auraient fondé la société sumérienne, comme étant les principaux “coupables” de ces conceptions religieuses autoritaires, hiérarchisées, fanatiques des rituels dont héritèrent les religions judéo-chrétiennes. Il désigne également YHVH, un E.A., comme responsable de ces dérives autoritaires et sanglantes. YHVH (Yahveh ou Yahvé) est également dénoncé par les Gnostiques.

Il est alors tentant d'affirmer que les Gnostiques, lorsqu'ils dénoncent les Archontes, accusent peut-être leurs représentants matériels, incarnés, à savoir les Annunaki. Peut-être pourrait-on même spéculer aussi que les Annunaki étaient “ombrés”, pleinement “possédés” par des «flyers», par des Archontes dans la mesure où ils pourraient être leur prolongement matériel plus abouti. Il n'est guère étonnant alors que tout au long de l'histoire du catholicisme, les Gnostiques en tant que « dénonciateurs » d'une formidable supercherie ont toujours été poursuivis pour hérésie et que les autorités religieuses aient tenté de les supprimer physiquement. C'est un miracle que des textes comme ceux du Nag Hammadi nous soient parvenus. Ils avaient été cachés par des adeptes victimes de vagues successives de persécutions.

Le problème de la crédibilité des sources contemporaines

Lorsqu'on évoque l'existence d'entités “reptiliennes” ou autres qui parasiteraient aujourd'hui notre esprit, un problème majeur de crédibilité des sources se profile. En effet, les textes anciens comme les écrits gnostiques et sumériens ont pour eux l'ancienneté, la pérennité, la cohérence, la validation par diverses autorités académiques. Ce sont des sources d'informations indiscutables et par conséquent, le contenu de ces textes peut être valablement débattu. Par contre, les sources contemporaines qui évoquent l'existence des reptiliens, des extraterrestres parasites, des Short Greys sont beaucoup plus sujettes à polémiques. Il s'agit soit de témoignages de victimes dont on ne peut que préjuger de la bonne foi, soit des informations émanant de “médiums”, à savoir des individus qui affirment être “contactés” ou “habités” par une entité extra-dimensionnelle ou extraterrestre qui lui fournit une série d'informations plus ou moins crédibles. Ce sont aussi des personnes adeptes du “remote viewing”, de la vision à distance que là encore, nous sommes contraints de croire sur parole. Autres sources : les auteurs et chercheurs qui se fient apparemment complètement à toutes ces sources citées plus haut (les victimes, les contactés, les remote viewers), qui compilent toutes les informations délivrées par ces abductés et autres channellers et en tirent une série de conclusions, à savoir des gens comme Robert Boulay , Karla Turner (elle-même abductée), Michael Mott, James Walden, Mark Amaru-Pinkham, Stan Deyo, David Icke, Branton alias Alan Walton, Maurice Doreal et j'en passe. La liste est très nombreuse. Ici encore, il n'y a aucun moyen de contrôle quant à la crédibilité de leurs assertions.

Les spécialistes des abductions qui bénéficient d'un background académique plus solide et d'une méthodologie plus sérieuse quant à la récolte des informations comme John Mack, David Jacobs, Budd Hopkins, etc., peuvent également apporter certains éclaircissements. Reste un dernier type de filiations: les sources “militaires” ou “scientifiques”, plus rares mais en constante augmentation ces dernières années qui évoquent également des contacts avec des reptiliens et des Gris. Le Colonel Corso ou Phil Schneider sont parmi les plus célèbres des représentants de ce groupe. Il y a aussi certains témoignages des militaires et scientifiques du « Disclosure Project » qui peuvent également nous fournir un éclairage sur le phénomène extraterrestre. Ce qui nous frappe est la similitude entre certaines informations que l'on peut trouver auprès de ces différentes sources, aussi dissemblables soient-elles. Il se dégage de nombre de ces témoignages et analyses un portrait très cohérent des agissements des extraterrestres Gris ou Reptiliens, ce qui veut dire que soit, ces informations reposent sur un fondement réel et tangible, soit que ces auteurs s'inspirent les uns les autres pour raconter une même histoire dans un but qui nous échappe encore. En tout état de cause, ce qui retiendra le plus notre attention est le fait que les caractéristiques des comportements et des buts de ces entités décrites par ces sources contemporaines cadrent généralement bien avec les informations contenues dans les textes anciens comme ceux de la tradition gnostique. Le lecteur tiendra simplement compte du fait qu'il n'y a aucune possibilité pour nous de garantir à 100% la véracité des éléments qui sont présentés. En définitive, c'est un problème récurrent à l'ensemble de l'ufologie, voir même de l'étude de certains textes et traditions anciens (qui peuvent être apocryphes, manipulés ou réécrits). Il n'existe aucune preuve en “béton armé” pour conforter l'existence de tel ou tel phénomène et nous ne disposons finalement que d'un faisceau d'indices, de présomptions comme l'on dit en science judiciaire. Comme nous le répétons dans Karmapolis, la crédibilité des sources et des preuves n'est pas un problème de foi et ne peut pas l'être ! Il ne s'agit pas d'y “croire ou de ne pas y croire” mais de se faire une idée plus ou moins subtile et nuancée sur un puzzle dont il nous manquera toujours plusieurs pièces déterminantes.

Victimes d'abductions et chercheurs : un portrait cohérent des «parasites»

Comme nous l'avons déjà évoqué, l'un des meilleurs “candidats” qui ressemblent le plus aux Archontes et aux Flyers est l'extraterrestre Gris que nombre d'auteurs qualifient de “reptiliens” ou de “liés aux reptiliens”. Nous avons rapporté dans le détail ce que nous affirme Nigel Kerner. Selon Castaneda, les planeurs ont un appétit tout particulier à l'égard des individus jeunes, «chargés» en énergie, c'est à dire des enfants. C'est un trait de comportement qui ressemble singulièrement aux comportements des Reptiliens et êtres humains «possédés» qui sont dénoncés par les victimes d'abus rituels et sataniques. Ce genre de méfaits représente un champ très particulier mais aussi très polémique des abductions : il ne s'agit ni complètement de scénarii typiques des ovnis et des enlèvements, ni des “faits” criminels caractéristiques des abus sexuels et pédophiles. Nous nous trouvons dans un monde mélangeant ces deux phénomènes et les seules “preuves” dont nous disposons sont les très nombreux témoignages de victimes (souvent des femmes) de ce genre d'abus. Parfois, ces victimes affirment avoir fait l'objet de séances rituelles impliquant des tortures, des viols, des mises à mort dans lesquelles se manifestent des entités étranges. Le plus déconcertant est que ces entités seraient d'abord des hommes qui se transformeraient parfois en entités reptiliennes au cours du rituel, bien souvent après avoir absorbé du sang ou mangé les organes des personnes (des enfants) sacrifiées. Au cours de certains rituels, les témoins notent la participation de personnalités politiques de premier plan que les victimes décrivent comme étant “possédées” ou “ombrées” par une entité extraterrestre. Ces récits semblent invraisemblables, incroyables, dignes d'être rangés au rang des inventions de mythomanes. Mais comme nous l'avons déjà souligné dans d'autres articles, ces témoignages existent et les psychiatres et thérapeutes qui les étudient les prennent au sérieux. Une victime d'abus rituels a plutôt intérêt à livrer un récit cohérent et croyable si elle veut susciter la compassion et être crue. Ce genre de témoignage va à l'encontre des intérêts des victimes. Ces abus rituels peuvent être considérés comme des manifestations bizarres du thème de la prédation et du parasitisme.

Enfin, en ce qui concerne les sources “militaires” à propos des comportements des Gris et des Reptiliens, même s'il peut s'agir d'opérations de désinformations, on retiendra certaines similitudes dans les descriptions opérées par cette catégorie de témoins que sont les militaires, techniciens et scientifiques ayant travaillé dans le cadre de projets gouvernementaux “top secret”. Le Colonel Corso évoque dans son livre “the Day After Roswell” le fait que les Gris sont des robots organiques d'exploration. D'où l'impression que l'on se trouve en face d'une entité sans émotions. Phil Schneider qui affirme avoir travaillé à la construction de certaines bases souterraines, parle de “l'esprit de ruche” de ces extraterrestres Gris qui vivent dans des “nids”. Il les compare à des prédateurs qui ravagent une planète, un peu comme des fourmis. Dans “Cosmic Voyage” (Onyx edition), le remote viewer, ex-collaborateur de la CIA qu'est Courtney Brown, décrit également les Gris, du moins certaines espèces, également sous la forme d'un collectif, “une mentalité de ruche”, des prédateurs qui, comme des sauterelles, infestent le cosmos et qui déménagent après avoir consommé toutes les ressources. Nous le voyons donc, cette notion de parasitisme et de prédation n'est pas un phénomène rare et saugrenu.

Dans un registre voisin aux abus rituels et sataniques, les victimes d'abductions impliquant des Gris et des Reptiliens évoquent également le sentiment d'être un objet, une proie, un animal entre les mains de ces entités extraterrestres. Les abus sexuels sont d'un autre registre dans la mesure où ces entités effectuent des prélèvements (de sperme et d'ovules) et des expériences médicales invasives qui se concentrent presque exclusivement sur la sexualité. Quant à l'aspect “physique” de ces entités, retenons un phénomène très intéressant et qui a été souligné par Karla Turner, aujourd'hui décédée : l'apparence de ces êtres est changeante et l'on ne peut s'y fier. Cette spécialiste reconnue en “enlèvements extraterrestres” en fut elle-même victime. Elle insiste sur le fait qu'au cours des séances d'hypnose, les victimes se souviennent de l'aspect extérieur mouvant, changeant de l'apparence de leur kidnappeur. L'entité apparaît d'abord sous les traits d'un militaire, puis en se concentrant, la victime voit un Gris et en se concentrant encore, il s'agit en réalité d'un reptilien. Turner a pu dénombrer jusqu'à 5 changements de forme. Ce changement d'aspect fait penser à des stratégies pour tromper la mémoire des victimes, des artifices que les Archontes ou les planeurs ne rejetteraient sans doute pas.

Deux thèmes reviennent enfin très régulièrement dans les histoires d'abductions et de Mind control : la manipulation génétique et les implants. La manipulation génétique par des extraterrestres aurait pour but, selon les victimes, de créer des hybrides «humain-extraterrestre», c'est à dire des entités disposant d'une vie «émotionnelle» car les Gris en seraient dénués. Bref la création d'une conscience hybride. Les implants, quant à eux, sont au mieux placés pour identifier et suivre une personne, au pire pour modifier son comportement. Nous verrons que nous pouvons lier ces deux thèmes.

L'ADN « prison » ou l'ADN porteur de vie ?

Nous sommes ici dans le domaine de la pure spéculation mais les points communs entre la thématique des implants, leur fonction de conditionnement de la conscience et le rôle potentiel de l'ADN sont tellement flagrants qu'il nous a semblé nécessaire d'en parler.

L'ADN, double hélice d'acides aminés extrêmement complexe contient un nombre d'informations infiniment plus élevé (des milliards de fois plus) que le plus sophistiqué des ordinateurs. Cet ADN s'avère être en quelque sorte le “programme”, le software qui va construire, structurer et faire fonctionner l'organisme vivant. Les scientifiques affirment que l'ADN est un cristal apériodique, notamment que sa structure (la façon dont cet ADN est édifié) se compare aux éléments de type cristallins. Par exemple, des minéraux comme le quartz, le silicium sont des cristaux. Ce sont d'extraordinaires conducteurs d'informations et d'énergie. Raison pour laquelle ils sont employés en électronique et en informatique. Il est alors intéressant de noter que certains implants et armes psychotroniques influençant le comportement d'êtres humains fonctionnent grâce aux propriétés des cristaux. Ne pourrait-on pas postuler alors que notre ADN, chargé de la mémoire du vivant, de celle de nos ancêtres et de toutes les espèces qui ont contribués au développement de l'homo sapiens sapiens, contient une série d'informations qui vont générer notre état de conscience et nos perceptions ? Un peu à la manière d'un implant infiniment sophistiqué ? Aujourd'hui, le fait de rattacher exclusivement et matériellement la conscience à l'activité neurochimique du cerveau est une impasse scientifique. Les chercheurs commencent à percevoir le cerveau comme une sorte de mélange entre un software et un hardware disposant de propriétés holographiques. La conscience n'est pas le monopole du cerveau, celui serait plutôt une sorte de canal, d'antenne.

 

Dans une certaine littérature conspirationniste, pour être plus précis les derniers livres de David Icke, l'ADN agit comme un genre de logiciel qui nous bloque à un certain niveau de perception. Cet ADN serait en quelque sorte les barreaux qui constituent notre prison mentale.

Le secret des mourants

Jeremy Narby , auteur du “serpent cosmique” (Goerg éditeur), relève d'abord les rapports existant entre l'ADN (une double hélice entrelacée) et la forme serpentine. Dans les visions des shamans sous emprise de l'Ayahuasca (voir l'article de Karmapolis en français sur ‘l'Ayahuasca et le pouvoir de la conscience'), l'ADN, brique de la vie, est perçu comme un esprit, une multitude d'esprits appelés «Maninkaris». Ceux-ci seraient venus sur terre sous la forme d'une pluie d'entités sombres, sorte de croisements entre des reptiles et des cétacés. Dans une vision sous Ayahuasca, l'anthropologue Michael Harner rapporte la chose suivante: aux premiers âges de la terre, “des grains noirs tombèrent du ciel par centaines et atterrirent sur la terre aride… Je pouvais voir que les grains étaient en réalité de grandes créatures noires et luisantes aux larges ailes de ptérodactyles et au corps de baleine (…) Elles m'expliquèrent dans une sorte de langage mental qu'elles fuyaient quelque chose dans le cosmos… Les créatures me montrèrent ensuite comment elles avaient créé la vie sur terre afin de se cacher au sein de la multitude de ses formes et de dissimuler ainsi leur présence. Devant moi, la magnificence de la création des plantes et des animaux et de la différentiation des espèces –des centaines de millions d'années d'activités- se déroula à une échelle et une vigueur impossible à décrire. J'appris ainsi que des créatures ressemblant à des dragons résidaient ainsi à l'intérieur de tous les êtres vivants, y compris les hommes ” (Le Serpent Cosmique, p61).

L'histoire et les visions que rapportent Harner sont si extraordinaires en ce qui concerne les similitudes avec les informations issues d'autres savoirs et connaissances qu'il ne peut s'agir d'une simple coïncidence. Avant de voir ces grains noirs, Harner a la vision d'une multitude de navires surgir de la brume, en train de se balancer et qui finirent par se fondre en un seul bateau, une sorte de drakkar à tête de dragon. Le bruit cadencé de centaines de rames faisait avancer la galère géante. «  Sur le pont du navire, je pus discerner un grand nombre de personnages à tête de geai bleu et à corps humain semblables aux Dieux à têtes d'oiseau figurant sur les peintures anciennes des tombes égyptiennes… Moi qui me croyais athée, j'éprouvai à cet instant la certitude absolue que j'étais en train de mourir et que les personnages à têtes d'oiseaux étaient venus afin d'emporter mon âme sur leur navire … ». Alors qu'Harner se sent mourir et que le shaman qui l'accompagnait dans ce rituel va lui faire boire un antidote, Harner se souvient également de la chose suivante : « Je pris conscience de mon cerveau. Je sentais –physiquement- qu'il avait été divisé en quatre niveaux distincts. Sur le niveau élevé, le plus proche de la surface, se trouvait l'observateur commandant, conscient de la condition de mon corps et responsable de la tentative de continuer à faire battre mon cœur. Ce niveau percevait, en tant que spectateur uniquement, les visions émanant de ce qui semblait être les niveaux inférieurs de mon cerveau. Juste au-dessous du niveau le plus élevé, je sentais une couche engourdie qui paraissait avoir été mise hors service par la drogue ; elle était tout simplement absente. Mes visions, y compris mes visions du bateau aux âmes émanaient du niveau juste en dessous de celui-là… Alors que j'essayais de me faire à cette idée (que j'allais mourir), un niveau de mon cerveau encore plus profond commença à me transmettre d'autres visions, d'autres informations. J'entendis que l'on me «disait» que je pouvais recevoir ces révélations sans risque de les trahir puisque j'étais en train de mourir. J'entendis que l'on me disait que ces secrets étaient réservés aux mourants et aux morts. Je percevais très confusément que ces pensées m'étaient inspirées par des créatures reptiliennes géantes reposant mollement sur les couches les plus profondes de mon cerveau, là où ce dernier rejoint le sommet de la colonne vertébrale. Je discernais vaguement ces créatures au cœur de gouffres lugubres et ténébreux. Elles projetèrent alors une scène devant mes yeux. Elles commencèrent par me montrer la planète terre telle qu'elle était il y a des millions d'années ». C'est à partir de là que Harner voit les milliers de créatures sombres, lourdes et volantes, issues du fin fond du cosmos et venues sur terre pour se cacher.

Ce texte est d'autant plus incroyable qu'il nous révèle un fait très important : notre esprit est en fait bien plus complexe que nous le pensons. Il est séparé en parties dont une au moins est investie par une entité étrangère. Il semble que nous devons prendre au pied de la lettre l'importance de notre cerveau reptilien, ce noyau central que l'on peut finalement définir comme une sorte de parasite. Notre conscience pourrait trouver son point de manifestation le plus élevé dans les couches les plus externes du cerveau, le néo-cortex. Quant au grand secret qui ne doit être révélé qu'aux morts et aux mourants et que Harner a perçu dans sa vision, il s'agit somme toute de l'origine reptilienne et étrange de la vie sur terre ou à tout le moins que ces entités ont parasité toute forme de vie sur terre par le biais de l'ADN. Lors de sa transe, la plus grande crainte éprouvée par Harner était que son âme « fut capturée ou recapturée par les dragons qui habitent les profondeurs », ceux qui lui ont donné certaines de ces informations. Harner ne manifeste aucune crainte par contre face aux entités à tête d'oiseaux dont le rôle étaient d'emporter son âme décédée mais manifeste une terreur insondable à l'égard des dragons qui se cachent derrière ses visions et qui parasitent une zone centrale de son cerveau.

A son réveil, éprouvant un réel sentiment d'être en danger par ce dont il avait été témoin et terriblement perturbé par ce qu'il a vu, Harner partage ses visions avec un vieil indien aveugle. Il se rend compte également que ce dont il a le plus de mal à se souvenir concerne justement les visions relatives aux créatures en forme de dragons «  et leur rôle dans l'évolution de la vie sur cette planète et leur contrôle inné de toute matière vivante… J'éprouvais un sentiment étrange de crainte pour ma sécurité  », un peu comme s'il en savait trop. Harner raconte donc son voyage sous ayahuasca au vieux shaman aveugle et lui parle simplement du fait qu'il a rencontré des entités reptiliennes qui se présentaient comme étant les maître de la vie. Le vieil homme lui rétorque : « ‘Oh, ils disent toujours cela. Mais ils sont les maîtres des Ténèbres extérieures'. Désinvolte, il désigna le ciel de la main. Je sentis un frisson monter dans ma colonne vertébrale : je ne lui avais pas encore dit que j'avais vu dans ma transe les dragons venir de l'espace intersidéral ». Ces informations cadrent parfaitement avec ce que les Gnostiques affirment par exemple des Archontes : venus des tréfonds de l'espace, ils nous font croire qu'ils sont les maîtres de la vie, qu'ils sont nos maîtres. Tout comme les Flyers de Castaneda qui s'ingénient à nous piéger pour nous montrer qu'ils nous dominent. Les coïncidences sont trop nombreuses.

Il ne faut pas perdre de vue une chose à propos de cet épisode de la vie de l'anthropologue : Harner eut cette vision en 1961 et ce n'est que rétrospectivement qu'il a fait le lien entre ces “dragons” noirs et l'ADN qui n'avait pas encore été “observé” à cette époque. Que fuyait ces créatures qui se cachent derrière les formes du vivant, qui se camouflent en l'homme dans une sorte de parasitisme empreint de mutualisme ? Bien entendu, cette vision qui est typique du genre de vision et d'informations récoltés par les Indiens Ashaninkas sous l'emprise de la boisson hallucinogène doit comporter un niveau métaphorique mais il est évident que cette notion des “maninkaris” est fondamentale pour les Indiens dans leur compréhension de ce qu'est la vie . L'un des sorciers shamans que Jeremy Narby a rencontré, définit ces êtres de la sorte : “ce sont des êtres invisibles qui se trouvent dans les animaux, les plantes, les montagnes, les cours d'eau, les lacs et certaines pierres cristallines… ”. Dans leur tradition, les maninkaris sont des entités positives : “elles nous ont appris à tisser le fil du coton et à faire des habits. Auparavant, nos ancêtres vivaient en forêt. Qui d'autres auraient pu nous apprendre à tisser ? ” Selon l'anthropologue Gérald Weiss qui a étudié les Indiens Ashaninkas, les maninkaris signifient “ ceux qui sont cachés ” mais qui peuvent être vus en ingérant du tabac et de l'Ayahuasca. Si les Maninkaris sont des “entités” positives dans l'esprit des Indiens, elles ressemblent à certains égards aux planeurs dans le sens où comme les Flyers, les Maninkaris vivent cachés, sont des entités sombres et qui influencent le comportement de l'homme. Dans la nature, il existe des formes de parasitismes dans lesquelles le parasite et son hôte y trouvent tous les deux leur compte, les deux organismes vivant en symbiose dans une forme de coopération, ce que l'on appelle le mutualisme. Le tout est de savoir jusqu'à quel point ces Maninkaris que Narby relie à l'ADN sans pour autant les confondre jouent un rôle positif au cours de leur activité parasitaire. Au cours de son voyage sous Ayahuasca, Harner perçoit ces entités comme étant négatives. Ou bien, sa vision ne concerne pas les Maninkaris mais un phénomène plus spécifique, très proche des Archontes. Quant aux planeurs, selon Castaneda, ils se nourrissent des “couches brillantes” de la conscience de l'être humain, surtout lorsque ce dernier est jeune. Les flyers ne laissent plus qu'une très mince bande de conscience, à peine de quoi survivre à l'individu adulte, nous y reviendrons un peu plus loin.

Planeurs et implants: une métaphore technologique

L'implant en tant qu'objet parasite peut se comparer d'une certaine façon aux “planeurs”. Bien entendu, les métaphores technologiques ont toujours leurs limites car elles ne “marchent” que tant que la technologie qui sert d'image représentative est “à la mode”, comme nous l'avait fait remarquer Gerry Zeitlin dans un article où l'on comparait la mémoire à un hologramme. La métaphore technologique a des vertus didactiques dans le sens où elle permet simplement de mieux représenter le concept que l'on veut définir. Mais rien de plus. Les Flyers seraient des sortes d'implants ou de virus psychiques et les développements technologiques récents nous montrent que les militaires ont bien l'intention de faire passer l'implant à un stade supérieur : d'un outil d'identification et de repérage, l'implant peut devenir à terme une arme psychotronique dont le but est d'influencer le comportement ou de générer une réalité virtuelle (comme les implants de combats destinés aux pilotes de chasse qui pourraient générer les données radar, défensives et offensives de la zone de combat). Selon le chercheur spécialisé dans le thème du Milabs, (Milabs ou Military Mind Control and Alien Abduction) Helmut Lammer ; l'Institut de Technologie de Californie, a par exemple à la fin des années 90, travaillé sur une puce capable de “ mimer le processus analogique de la pensée humaine ”. On fabriquerait des implants ayant des capacités de générer “des hologrammes, des systèmes de camouflages multi-spectre, d'invisibilité thermique”. Ceci n'est que la partie visible de la recherche. Les victimes d'enlèvements extraterrestres et de Mind Control évoquent le fait qu'ils ont été victimes d'implants très sophistiqués qui modifieraient les états de conscience. L'activité des “flyers” en tant qu'agents modifiant notre psyché et notre état de conscience nous est d'autant moins étrangère que nous nous livrons nous-mêmes à des activités similaires par le biais d'implants et d'armes psychotroniques. Ce qui doit d'autant plus nous aider à mieux comprendre le champ d'activité de ces flyers, Archontes et autres entités.

L'ADN: implant réducteur de conscience?

Mais revenons aux liens pouvant exister entre l'ADN et la conscience. Des scientifiques tentent depuis plusieurs années d'établir ce rapport, cette relation selon laquelle l'ADN pourrait être influencé par nos états émotionnels et par notre conscience et à l'inverse, cette double chaîne d'acides aminés pourrait être le canal par lequel transitent des phénomènes liés à la conscience. Eric Kandel, un scientifique qui a remporté un prix Nobel en 2000 avait conclu que de nombreuses différences génétiques entre des individus sont également influencées par la société et le conditionnement mental et pas seulement par l'héritage des parents. Un autre scientifique japonais, Masaru Emoto, a effectué des expériences sur l'eau et sur les cristaux. Il a démontré que la structure des cristaux de glace était affectée et façonnée par la qualité des sons. Il a effectué une incroyable expérience dans laquelle on observait les processus de cristallisation, c'est-à-dire les différentes figures ou structures qui se dessinaient dans ces cristaux de glace lorsque des mots à connotations positives (comme les mots amour, appréciation ) ou négative (maladie, mort) étaient prononcés à proximité du processus. Le résultat est proprement incroyable puisque des structures totalement régulières, harmonieuses et esthétiques apparaissaient dans le cas d'émissions de mots “positifs”. Et les cristaux prenaient des formes anarchiques dans le cas contraire. Pensez maintenant au fait que l'ADN est un cristal apériodique sensible aux ondes et phénomènes électromagnétiques. Par conséquent, il existe une influence d'ordre ondulatoire entre l'ADN et son environnement extérieur. Les récents travaux du biologiste russe Pjotr Garjajev ainsi que des linguistes également russes tendent à démontrer ce lien et à faire de l'ADN, plus particulièrement du « junk DNA » ou ADN “poubelle”, une sorte de formidable “ordinateur holographique employant les radiations de type laser de l'ADN endogène”. Bref, l'ADN est à la fois une mémoire et un extraordinaire générateur de perceptions et de réalités “virtuelles”.

 

David Icke établit une fascinante spéculation sur ce lien entre émotions, conscience et ADN. En fait, la “conscience” humaine se manifeste, certes de manière variée mais s'extériorise principalement par le biais d'émotions. Des émotions qui correspondent grossièrement à des archétypes: amour, haine, colère, peur, envie, etc. Avec des nuances. Mais ces émotions emprisonnent notre conscience, la canalisent dans des moyens limités d'expression (activité émotionnelle ou mentale). Icke estime que l'ADN est vraisemblablement responsable de ce rétrécissement de la conscience. Car notre activité émotionnelle n'a rien à voir avec notre vraie conscience. Une bonne partie des disciplines d'éveil spirituel (comme le Bouddhisme) se focalise sur cette question. La conscience n'a aucun rapport avec notre activité émotionnelle, au contraire, nos émotions nous emprisonnent. En établissant ce lien entre activités émotionnelles et mentales et ADN, on peut alors imaginer de percevoir l'ADN certes comme un programme très complexe, porteur de vie (réglant notre métabolisme) mais emprisonnant ou empêchant notre conscience de pleinement se manifester. Nigel Kerner a mis en exergue un rapport similaire en faisant de notre ADN et de l'ensemble du corps humain (cerveau et squelette), une sorte d'antenne et de réceptacle. C'est par l'intermédiaire de cette « antenne » que se manifeste et s'exprime de façon déformée et diminuée, notre conscience. Notre conscience est elle-même inspirée par notre Etre Premier, l'entité parfaite dont nous sommes issus. Mais comme «l'antenne» (l'ADN, le cerveau et le squelette) est « parasitée », «infectée» et en mauvais état, notre conscience est altérée, souffrante et manipulée.

Le cercle vicieux

On peut alors imaginer qu'il s'agit d'un cercle vicieux : plus notre activité émotionnelle est chaotique et en souffrance, plus elle influence négativement notre ADN qui canalisera et conditionnera notre perception du réel de façon négative. Notre niveau d'éveil dépend par conséquent de notre ADN qui transmet et “interprète la réalité” (via et avec le cerveau) plutôt que de nous la restituer telle qu'elle est vraiment. Reprenons ce que Icke conclut sur le chapitre de l'ADN dans son tout dernier ouvrage “Infinite Love is the Only True …”: “Qu'est-ce que la Matrice (ndtr: à savoir le monde extérieur dans lequel nous vivons): c'est avant tout de l'information, un univers prêt à l'emploi ainsi qu'un système de croyances émis sous la forme de fréquences par le biais de l'ADN et décodé comme une réalité collective sous la forme d'un holograme en 3D. C'est comme une voix qui parle dans vos têtes, vous disant que ce que vous voyez est réel ”. Cette “ voix dans la tête ” fait fort penser à ce qu'affirme Castaneda à propos des “planeurs”. Pour don Juan, ces flyers pensent à notre place, nous font réagir et donc conditionnent notre façon de ressentir le « réel ». Certes, ce lien entre ADN et conscience est avant tout une pure spéculation qui commence à être à peine effleurée par les recherches de certains scientifiques mais il s'agit d'une piste fascinante.

L'ADN qui est perçu comme un “esprit”, une entité ophidienne par les Indiens selon Narby, peut aussi être considéré comme un parasite positif (porteur de vie) et négatif (conditionneur de conscience), ce que l'on appelle du mutualisme dans la nature. Ce genre de caractéristiques (manipulation de la conscience) nous rapproche de l'activité et des caractéristiques des Archontes mais aussi des “planeurs” sans toutefois se confondre entièrement.

L'importance de Castaneda

Il ne s'agit pas ici de déresponsabiliser l'humain en mettant simplement sur le dos de ce parasite toutes nos exactions, imperfections, tendances à la violence et à la froideur émotionnelle en nous disant: “comme ce n'est pas de notre faute, que nous ne pouvons rien y faire, laissons les choses se poursuivre”. Il s'agit d'expliquer et de comprendre cette possible cohabitation, de vérifier s'il s'agit d'une hypothèse défendable, documentée et rationnelle et de tenter de trouver des solutions à ce qui pourrait être notre véritable malédiction, ce qui nous maintient cloués dans le plérôme gnostique, à savoir notre enfer quotidien. Par enfer, les Gnostiques désignent notre monde, un monde certes empli de beautés mais illusoire et imparfait. D'une part, la solution pourrait d'abord résider dans le “simple” fait de prendre conscience de l'existence de ce parasitisme, de vivre « avec » et de méditer et de raisonner sur le sens de nos actions lorsque celles-ci sont guidées par la peur, le besoin, le manque et la violence. Castaneda parle de mettre fin autant que possible à notre petit dialogue intérieur centré sur l'ego qui nous investit toute la journée. Ce n'est pas simple, loin de là. D'autre part, il existe tout le corpus de l'enseignement de don Juan, les nombreux exercices de « contemplations » et les exercices physiques qu'il appelle “passes magiques” et une discipline nommée la “tenségrité”. Il s'agit d'une discipline complexe à mettre en œuvre. Il est un fait évident que pour la pratiquer avec succès, on se doit d'adhérer “corps et âme” à l'enseignement de Castaneda, ce qui n'est pas évident pour le commun des mortels. Monsieur “tout le monde” estimera peut être que le savoir et la discipline de don Juan et de Castaneda sont quelque peu exotiques, hermétiques, étranges comme l'est son enseignement. De plus, l'œuvre de Castaneda fait l'objet de nombreuses polémiques dans lequelles on a mis en doute jusqu'à l'existence du vieux sorcier mais aussi, où l'on s'aperçoit que ses proches, sorciers de sa lignée et le noyau de son « fan club » font également l'objet d'un feu croisé de critiques que nous évoquerons plus loin dans un article rédigé par Karmatoo. En dépit des critiques même virulentes qui ont été portées à l'encontre de ce mystérieux et charismatique anthropologue, on ne m'ôtera pas de l'idée que son savoir, que la connaissance de son mentor est d'une extraordinaire force et cohérence. L'œuvre de Castaneda doit être analysée en tenant compte des connaissances contenues dans d'autres traditions “magiques” ou chamaniques comme les textes des Gnostiques. Ce qu'a fait John Lash.

John a rédigé un excellent texte résumant le fruit de ses 8 longues années recherches et observations et nous l'avons traduit en français afin que vous puissiez en prendre connaissance dans son intégralité dans la seconde partie de ce dossier. Dans la troisième partie, nous avons posé à John une série de questions afin de rendre ce sujet plus clair et plus vivant encore.

En guise de conclusion

Les planeurs, les Archontes et les Gris pourraient avoir une influence décisive, aliénante et « invasive» sur le fonctionnement de notre conscience. Ils se dissimulent et prennent diverses formes comme nous le montre le chapitre relatif aux Gris, aux reptiliens et au syndrome Milabs-MPD. Au terme de cet article, nous sommes bien entendu incapable de dire s'il s'agit vraiment d'entités similaires ou distinctes et ce qui les relie à un niveau plus profond.

Ce registre du shape shifting , du changement de forme, est un phénomène qui a retenu toute l'attention de Marie-Thérèse de Brosses, la journaliste française spécialiste reconnue en matière d'abductions (lire à ce sujet: “Enquête sur les enlèvements extraterrestres” dont une version augmentée est en cours de réimpression), écrivain, chercheuse tenace sur le terrain des “anomalies”. Elle raconte par exemple l'existence d'un cas “australien” où la victime de l'enlèvement s'entretient avec son ravisseur extraterrestre –un Gris- qui lui fait comprendre: “ nous apparaissons sous la forme que vous vous attendez de voir ”. La journaliste nous a cité le cas de femmes qui retrouvaient dans la soucoupe leur mari, leur petit ami ou même une vedette de cinéma et à la fin de l'enlèvement (après la relation sexuelle ou le prélèvement de tissus ou d'ovules), le mari, l'ami ou l'acteur s'avéraient en réalité être un extraterrestre. Marie Thérèse de Brosses estime que la frontière entre ces manifestations d'entités extraterrestres “tangibles” et les apparitions d'entités “spirituelles”, “diaboliques”, “angéliques” etc (elfes, fées, trolls, djinns, succubes etc…) telles qu'on les percevait à des époques éloignées est ténue. Nous nous retrouvons peut-être devant un phénomène “métamorphique”. Pour Marie-Thérèse de Brosses, “ le parallélisme que l'on peut tracer entre les apparitions extraterrestres, les Archontes des Gnostiques et les Flyers de Castaneda est tout à fait pertinent ”. La journaliste et auteur “d'enquêtes sur les enlèvements extraterrestres” met en évidence dans son ouvrage l'hypothèse d'écrivains comme Jacques Vallée, John Keel et Jean Sider selon laquelle le phénomène extraterrestre serait “ comme la manifestation actuelle d'une mise en scène savamment orchestrée par une forme d'intelligence protéiforme toujours présente autour de la terre et cherchant à nous abuser ”. Ce n'est sans doute pas un hasard que les dernières pages du livre de Marie-Thérèse soient consacrées aux points communs existant entre les abductions extraterrestres et les rituels et connaissances des traditions chamaniques à travers le monde. Ce n'est donc pas non plus un hasard que John Lash s'attarde également sur le chamanisme de Castaneda et sur les connaissances des Gnostiques qu'il considère également comme des shamans pour tenter d'identifier et définir l'existence de ces entités parasitaires. Bien entendu, rien n'indique que toutes les manifestations extraterrestres soient d'ordre parasitaire et soient négatives.

Il serait téméraire mais tentant d'affirmer que les Short Greys, les Annunakis et les reptiliens sont des prolongements “physiques” ou les incarnations, les envoyés des Flyers et des Archontes. Mais ce qui a retenu toute notre attention est que ce parasitisme et cette prédation d'ordre psychique et spirituelle ressemblent à une sorte de guerre psychologique dont les buts nous échappent. Il est probable que les Flyers, Archontes, Gris, fées, djinns et autres démons fassent partie d'une même taxinomie, d'une même espèce qui a, tout le moins, joue avec nous et transcende nos dimensions.

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Catégorie : Le parasitisme extraterrestre

 L'évangile selon le spiritisme (act V)

2/11/2008

CHAPITRE XXIV
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NE METTEZ PAS LA LAMPE SOUS LE BOISSEAU

Lampe sous le boisseau. Pourquoi Jésus parle en paraboles. - N'allez point vers les Gentils. - Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin. - Le courage de la foi. - Porter sa croix. Qui voudra sauver sa vie la perdra

 

Lampe sous le boisseau. Pourquoi Jésus parle en paraboles

1. On n'allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau ; mais on la met sur un chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. (Saint Matthieu, ch. V, v. 15.)

2. Il n'y a personne qui, après avoir allumé une lampe, la couvre d'un vase ou la mette sous un lit ; mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière ; - car il n'y a rien de secret qui ne doive être découvert, ni rien de caché qui ne doive être connu et paraître publiquement. (Saint Luc, ch. VIII, v. 16, 17.)

3. Ses disciples, s'approchant, lui dirent : Pourquoi leur parlez-vous en paraboles ? - Et leur répondant, il leur dit : C'est parce que, pour vous autres, il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux ; mais, pour eux, il ne leur a pas été donné. - Je leur parle en paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en écoutant ils n'entendent ni ne comprennent point. - Et la prophétie d'Isaïe s'accomplira en eux lorsqu'il dit : Vous écouterez de vos oreilles, et vous n'entendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. - Car le coeur de ce peuple s'est appesanti, et leurs oreilles sont devenues sourdes, et ils ont fermé leurs yeux de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur coeur ne comprenne, et que, s'étant convertis, je ne les guérisse. (Saint Matthieu, ch. XIII, v. de 10 à 15.)

4. On s'étonne d'entendre Jésus dire qu'il ne faut pas mettre la lumière sous le boisseau, tandis que lui-même cache sans cesse le sens de ses paroles sous le voile de l'allégorie qui ne peut être comprise de tous. Il s'explique en disant à ses apôtres : Je leur parle en paraboles, parce qu'ils ne sont pas en état de comprendre certaines choses ; ils voient, regardent, entendent et ne comprennent pas ; leur tout dire serait donc inutile pour le moment ; mais à vous je vous le dis, parce qu'il vous est donné de comprendre ces mystères. Il agissait donc avec le peuple comme on le fait avec des enfants dont les idées ne sont pas encore développées. Par là il indique le véritable sens de la maxime : «Il ne faut pas mettre la lampe sous le boisseau, mais sur le chandelier, afin que tous ceux qui entrent puissent la voir.» Elle ne signifie point qu'il faut inconsidérément révéler toutes les choses ; tout enseignement doit être proportionné à l'intelligence de celui à qui l'on s'adresse, car il est des gens qu'une lumière trop vive éblouit sans les éclairer.

Il en est des hommes en général comme des individus ; les générations ont leur enfance, leur jeunesse et leur âge mûr ; chaque chose doit venir en son temps, et la graine semée hors de saison ne fructifie pas. Mais ce que la prudence commande de taire momentanément doit tôt ou tard être découvert, parce que, arrivés à un certain degré de développement, les hommes recherchent eux-mêmes la lumière vive ; l'obscurité leur pèse. Dieu leur ayant donné l'intelligence pour comprendre et pour se guider dans les choses de la terre et du ciel, ils veulent raisonner leur foi ; c'est alors qu'il ne faut pas mettre la lampe sous le boisseau, car sans la lumière de la raison, la foi s'affaiblit. (Chap. XIX, nº 7.)

5. Si donc, dans sa prévoyante sagesse, la Providence ne révèle les vérités que graduellement, elle les découvre toujours à mesure que l'humanité est mûre pour les recevoir ; elle les tient en réserve et non sous le boisseau ; mais les hommes qui en sont en possession ne les cachent la plupart du temps au vulgaire qu'en vue de le dominer ; ce sont eux qui mettent véritablement la lumière sous le boisseau. C'est ainsi que toutes les religions ont eu leurs mystères dont elles interdisaient l'examen ; mais tandis que ces religions restaient en arrière, la science et l'intelligence ont marché et ont déchiré le voile mystérieux ; le vulgaire devenu adulte a voulu pénétrer le fond des choses, et alors il a rejeté de sa foi ce qui était contraire à l'observation.

Il ne peut y avoir de mystères absolus, et Jésus est dans le vrai quand il dit qu'il n'y a rien de secret qui ne doive être connu. Tout ce qui est caché sera découvert un jour, et ce que l'homme ne peut encore comprendre sur la terre lui sera successivement dévoilé dans des mondes plus avancés, et lorsqu'il sera purifié ; ici-bas, il est encore dans le brouillard.

6. On se demande quel profit le peuple pouvait retirer de cette multitude de paraboles dont le sens restait caché pour lui ? Il est à remarquer que Jésus ne s'est exprimé en paraboles que sur les parties en quelque sorte abstraites de sa doctrine ; mais ayant fait de la charité envers le prochain, et de l'humilité, la condition expresse du salut, tout ce qu'il a dit à cet égard est parfaitement clair, explicite et sans ambiguïté. Il en devait être ainsi, parce que c'était la règle de conduite, règle que tout le monde devait comprendre pour pouvoir l'observer ; c'était l'essentiel pour la multitude ignorante à laquelle il se bornait à dire : Voilà ce qu'il faut faire pour gagner le royaume des cieux. Sur les autres parties il ne développait sa pensée qu'à ses disciples ; ceux-ci étant plus avancés moralement et intellectuellement, Jésus avait pu les initier à des vérités plus abstraites ; c'est pourquoi il dit : A ceux qui ont déjà, il sera donné encore davantage. (Chap. XVIII, nº 15.)

Cependant, même avec ses apôtres, il est resté dans le vague sur beaucoup de points dont la complète intelligence était réservée à des temps ultérieurs. Ce sont ces points qui ont donné lieu à des interprétations si diverses, jusqu'à ce que la science, d'un côté, et le spiritisme, de l'autre, soient venus révéler les nouvelles lois de nature qui en ont fait comprendre le véritable sens.

7. Le spiritisme vient aujourd'hui jeter la lumière sur une foule de points obscurs ; cependant il ne la jette pas inconsidérément. Les Esprits procèdent dans leurs instructions avec une admirable prudence ; ce n'est que successivement et graduellement qu'ils ont abordé les diverses parties connues de la doctrine, et c'est ainsi que les autres parties seront révélées au fur et à mesure que le moment sera venu de les faire sortir de l'ombre. S'ils l'eussent présentée complète dès le début, elle n'eût été accessible qu'à un petit nombre ; elle eût même effrayé ceux qui n'y étaient pas préparés, ce qui aurait nui à sa propagation. Si donc les Esprits ne disent pas encore tout ostensiblement, ce n'est point qu'il y ait dans la doctrine des mystères réservés à des privilégiés, ni qu'ils mettent la lampe sous le boisseau, mais parce que chaque chose doit venir en temps opportun ; ils laissent à une idée le temps de mûrir et de se propager avant d'en présenter une autre, et aux événements celui d'en préparer l'acceptation.

 

N'allez point vers les Gentils

8. Jésus envoya ses douze (les apôtres) après leur avoir donné les instructions suivantes : N'allez point vers les Gentils, et n'entrez point dans les villes des Samaritains ; - mais allez plutôt aux brebis perdues de la maison d'Israël ; - et dans les lieux où vous irez, prêchez en disant que le royaume des cieux est proche. (Saint Matth., ch. X, v. 5, 6, 7.)

9. Jésus prouve en maintes circonstances que ses vues ne sont point circonscrites au peuple juif, mais qu'elles embrassent toute l'humanité. Si donc il dit à ses apôtres de ne point aller chez les Païens, ce n'est pas par dédain pour la conversion de ceux-ci, ce qui eût été peu charitable, mais parce que les Juifs, qui croyaient en l'unité de Dieu et attendaient le Messie, étaient préparés, par la loi de Moïse et les prophètes, à recevoir sa parole. Chez les Païens, la base même manquant, tout était à faire, et les apôtres n'étaient point encore assez éclairés pour une aussi lourde tâche ; c'est pourquoi il leur dit : Allez aux brebis égarées d'Israël ; c'est-à-dire, allez semer dans un terrain déjà défriché, sachant bien que la conversion des Gentils viendrait en son temps ; plus tard, en effet, c'est au centre même du paganisme que les apôtres allèrent planter la croix.

10. Ces paroles peuvent s'appliquer aux adeptes et aux propagateurs du spiritisme. Les incrédules systématiques, les railleurs obstinés, les adversaires intéressés, sont pour eux ce qu'étaient les Gentils pour les apôtres. A l'exemple de ceux-ci, qu'ils cherchent d'abord des prosélytes parmi les gens de bonne volonté, ceux qui désirent la lumière, en qui on trouve un germe fécond, et le nombre en est grand, sans perdre leur temps avec ceux qui refusent de voir et d'entendre, et se raidissent d'autant plus, par orgueil, qu'on paraît attacher plus de prix à leur conversion. Mieux vaut ouvrir les yeux à cent aveugles qui désirent voir clair, qu'à un seul qui se complaît dans l'obscurité, parce que c'est augmenter le nombre des soutiens de la cause dans une plus grande proportion. Laisser les autres tranquilles n'est pas de l'indifférence, mais de la bonne politique ; leur tour viendra quand ils seront dominés par l'opinion générale, et qu'ils entendront la même chose sans cesse répétée autour d'eux ; alors ils croiront accepter l'idée volontairement et d'eux-mêmes et non sous la pression d'un individu. Puis il en est des idées comme des semences : elles ne peuvent germer avant la saison, et seulement dans un terrain préparé, c'est pourquoi il est mieux d'attendre le temps propice, et de cultiver d'abord celles qui germent, de crainte de faire avorter les autres en les poussant trop.

Au temps de Jésus, et par suite des idées restreintes et matérielles de l'époque, tout était circonscrit et localisé ; la maison d'Israël était un petit peuple ; les Gentils étaient de petits peuples environnants ; aujourd'hui les idées s'universalisent et se spiritualisent. La lumière nouvelle n'est le privilège d'aucune nation ; pour elle il n'existe plus de barrières ; elle a son foyer partout et tous les hommes sont frères. Mais aussi les Gentils ne sont plus un peuple, c'est une opinion que l'on rencontre partout, et dont la vérité triomphe peu à peu comme le christianisme a triomphé du paganisme. Ce n'est plus avec les armes de guerre qu'on les combat, mais avec la puissance de l'idée.

 

Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin

11. Jésus étant à table dans la maison de cet homme (Matthieu), il y vint beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie qui se mirent à table avec Jésus et ses disciples ; - ce que les Pharisiens ayant vu, ils dirent à ses disciples : Pourquoi votre Maître mange-t-il avec des publicains et des gens de mauvaise vie ? - Mais Jésus les ayant entendus, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades qui ont besoin de médecin. (Saint Matthieu, ch. IX, v. 10, 11, 12.)

12. Jésus s'adressait surtout aux pauvres et aux déshérités, parce que ce sont eux qui ont le plus besoin de consolations ; aux aveugles dociles et de bonne foi, parce qu'ils demandent à voir, et non aux orgueilleux qui croient posséder toute lumière et n'avoir besoin de rien (voy. Introd., art. Publicains, Péagers).

Cette parole, comme tant d'autres, trouve son application dans le spiritisme. On s'étonne parfois que la médiumnité soit accordée à des gens indignes et capables d'en faire un mauvais usage ; il semble, dit-on, qu'une faculté si précieuse devrait être l'attribut exclusif des plus méritants.

Disons d'abord que la médiumnité tient à une disposition organique dont tout homme peut être doué comme de celle de voir, d'entendre, de parler. Il n'en est pas une dont l'homme, en vertu de son libre arbitre, ne puisse abuser, et si Dieu n'avait accordé la parole, par exemple, qu'à ceux qui sont incapables de dire de mauvaises choses, il y aurait plus de muets que de parlants. Dieu a donné à l'homme des facultés ; il le laisse libre d'en user, mais il punit toujours celui qui en abuse.

Si le pouvoir de communiquer avec les Esprits n'était donné qu'aux plus dignes, quel est celui qui oserait y prétendre ? Où serait d'ailleurs la limite de la dignité et de l'indignité ? La médiumnité est donnée sans distinction, afin que les Esprits puissent porter la lumière dans tous les rangs, dans toutes les classes de la société, chez le pauvre comme chez le riche ; chez les sages pour les fortifier dans le bien, chez les vicieux pour les corriger. Ces derniers ne sont-ils pas les malades qui ont besoin du médecin ? Pourquoi Dieu, qui ne veut pas la mort du pécheur, le priverait-il du secours qui peut le tirer du bourbier ? Les bons Esprits lui viennent donc en aide, et leurs conseils qu'il reçoit directement sont de nature à l'impressionner plus vivement que s'il les recevait par des voies détournées. Dieu, dans sa bonté, pour lui épargner la peine d'aller chercher la lumière au loin, la lui met dans la main ; n'est-il pas bien plus coupable de ne pas la regarder ? Pourra-t-il s'excuser sur son ignorance, quand il aura écrit lui-même, vu de ses yeux, entendu de ses oreilles, et prononcé de sa bouche sa propre condamnation ? S'il ne profite pas, c'est alors qu'il est puni par la perte ou par la perversion de sa faculté dont les mauvais Esprits s'emparent pour l'obséder et le tromper, sans préjudice des afflictions réelles dont Dieu frappe ses serviteurs indignes, et les coeurs endurcis par l'orgueil et l'égoïsme.

La médiumnité n'implique pas nécessairement des rapports habituels avec les Esprits supérieurs ; c'est simplement une aptitude à servir d'instrument plus ou moins souple aux Esprits en général. Le bon médium n'est donc pas celui qui communique facilement, mais celui qui est sympathique aux bons Esprits et n'est assisté que par eux. C'est en ce sens seulement que l'excellence des qualités morales est toute-puissante sur la médiumnité.

 

Courage de la foi

13. Quiconque me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai et confesserai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux ; - et quiconque me renoncera devant les hommes, je le renoncerai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux. (Saint Matthieu, ch. X, v. 32, 33.)

14. Si quelqu'un rougit de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme rougira aussi de lui, lorsqu'il viendra dans sa gloire et dans celle de son Père et des saints anges. (Saint Luc, ch. IX, v. 26.)

15. Le courage de l'opinion a toujours été tenu en estime parmi les hommes, parce qu'il y a du mérite à braver les dangers, les persécutions, les contradictions, et même les simples sarcasmes, auxquels s'expose presque toujours celui qui ne craint pas d'avouer hautement des idées qui ne sont pas celles de tout le monde. Ici, comme en tout, le mérite est en raison des circonstances et de l'importance du résultat. Il y a toujours faiblesse à reculer devant les conséquences de son opinion et à la renier, mais il est des cas où c'est une lâcheté aussi grande que de fuir au moment du combat.

Jésus flétrit cette lâcheté, au point de vue spécial de sa doctrine, en disant que si quelqu'un rougit de ses paroles, il rougira aussi de lui ; qu'il reniera celui qui l'aura renié ; que celui qui le confessera devant les hommes, il le reconnaîtra devant son Père qui est dans les cieux ; en d'autres termes : ceux qui auront craint de s'avouer disciples de la vérité, ne sont pas dignes d'être admis dans le royaume de la vérité. Ils perdront le bénéfice de leur foi, parce que c'est une foi égoïste, qu'ils gardent pour eux-mêmes, mais qu'ils cachent de peur qu'elle ne leur porte préjudice en ce monde, tandis que ceux qui, mettant la vérité au-dessus de leurs intérêts matériels, la proclament ouvertement, travaillent en même temps pour leur avenir et celui des autres.

16. Ainsi en sera-t-il des adeptes du spiritisme ; puisque leur doctrine n'est autre que le développement et l'application de celle de l'Evangile, c'est à eux aussi que s'adressent les paroles du Christ. Ils sèment sur la terre ce qu'ils récolteront dans la vie spirituelle ; là ils recueilleront les fruits de leur courage ou de leur faiblesse.

 

Porter sa croix. Qui voudra sauver sa vie la perdra

17. Vous êtes bien heureux, lorsque les hommes vous haïront, qu'ils vous sépareront, qu'ils vous traiteront injurieusement, qu'ils rejetteront votre nom comme mauvais à cause du Fils de l'homme. - Réjouissez-vous en ce jour-là, et soyez ravis de joie, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans le ciel, car c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. (Saint Luc, ch. VI, v. 22, 23.)

18. En appelant à soi le peuple avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive ; - car celui qui voudra se sauver soi-même se perdra ; et celui qui se perdra pour l'amour de moi et de l'Evangile, se sauvera. - En effet, que servirait à un homme de gagner tout le monde, et de se perdre soi-même ? (Saint Marc, ch. VIII, v. de 34 à 36. - Saint Luc, ch. IX, v. 23, 24, 25. - Saint Matthieu, ch. X, v. 39. - Saint Jean, ch. XII, v. 24, 25.)

19. Réjouissez-vous, dit Jésus, quand les hommes vous haïront et vous persécuteront à cause de moi, parce que vous en serez récompensés dans le ciel. Ces paroles peuvent se traduire ainsi : Soyez heureux quand des hommes, par leur mauvais vouloir à votre égard, vous fournissent l'occasion de prouver la sincérité de votre foi, car le mal qu'ils vous font tourne à votre profit. Plaignez-les donc de leur aveuglement, et ne les maudissez pas.

Puis il ajoute : «Que celui qui veut me suivre porte sa croix,» c'est-à-dire qu'il supporte courageusement les tribulations que sa foi lui suscitera ; car celui qui voudra sauver sa vie et ses biens en me renonçant, perdra les avantages du royaume des cieux, tandis que ceux qui auront tout perdu ici-bas, même la vie, pour le triomphe de la vérité, recevront, dans la vie future, le prix de leur courage, de leur persévérance et de leur abnégation ; mais à ceux qui sacrifient les biens célestes aux jouissances terrestres, Dieu dit : Vous avez déjà reçu votre récompense.

CHAPITRE XXV
-
CHERCHEZ ET VOUS TROUVEREZ

Aide-toi, le ciel t'aidera. - Considérez les oiseaux du ciel. - Ne vous mettez point en peine d'avoir de l'or

 

Aide-toi, le ciel t'aidera

1. Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez à la porte et l'on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve, et l'on ouvrira à celui qui frappe à la porte.

Aussi qui est l'homme d'entre vous qui donne une pierre à son fils lorsqu'il lui demande du pain ? - ou s'il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? - Si donc, étant méchants comme vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il les vrais biens à ceux qui les lui demandent. (Saint Matthieu, ch. VIII, v. de 7 à 11.)

2. Au point de vue terrestre, la maxime : Cherchez et vous trouverez, est l'analogue de celle-ci : Aide-toi, le ciel t'aidera. C'est le principe de la loi du travail, et par suite de la loi du progrès, car le progrès est fils du travail, parce que le travail met en action les forces de l'intelligence.

Dans l'enfance de l'humanité, l'homme n'applique son intelligence qu'à la recherche de sa nourriture, des moyens de se préserver des intempéries, et de se défendre contre ses ennemis ; mais Dieu lui a donné de plus qu'à l'animal le désir incessant du mieux ; c'est ce désir du mieux qui le pousse à la recherche des moyens d'améliorer sa position, qui le conduit aux découvertes, aux inventions, au perfectionnement de la science, car c'est la science qui lui procure ce qui lui manque. Par ses recherches son intelligence grandit, son moral s'épure ; aux besoins du corps succèdent les besoins de l'esprit ; après la nourriture matérielle, il faut la nourriture spirituelle, c'est ainsi que l'homme passe de la sauvagerie à la civilisation.

Mais le progrès que chaque homme accomplit individuellement pendant la vie est bien peu de chose, imperceptible même chez un grand nombre ; comment alors l'humanité pourrait-elle progresser sans la préexistence et la réexistence de l'âme ? Les âmes s'en allant chaque jour pour ne plus revenir, l'humanité se renouvellerait sans cesse avec les éléments primitifs, ayant tout à faire, tout à apprendre ; il n'y aurait donc pas de raison pour que l'homme fût plus avancé aujourd'hui qu'aux premiers âges du monde, puisqu'à chaque naissance tout le travail intellectuel serait à recommencer. L'âme, au contraire, revenant avec son progrès accompli, et acquérant chaque fois quelque chose de plus, c'est ainsi qu'elle passe graduellement de la barbarie à la civilisation matérielle, et de celle-ci à la civilisation morale. (Voy. ch. IV, nº 17.)

3. Si Dieu eût affranchi l'homme du travail du corps, ses membres seraient atrophiés ; s'il l'eût affranchi du travail de l'intelligence, son esprit serait resté dans l'enfance, à l'état d'instinct animal ; c'est pourquoi il lui a fait une nécessité du travail ; il lui a dit : Cherche et tu trouveras ; travaille et tu produiras ; de cette manière tu seras le fils de tes oeuvres, tu en auras le mérite, et tu seras récompensé selon ce que tu auras fait.

4. C'est par application de ce principe que les Esprits ne viennent pas épargner à l'homme le travail des recherches, en lui apportant des découvertes et des inventions toutes faites et prêtes à produire, de manière à n'avoir qu'à prendre ce qu'on lui mettrait dans la main, sans avoir la peine de se baisser pour ramasser, ni même celle de penser. S'il en était ainsi, le plus paresseux pourrait s'enrichir, et le plus ignorant devenir savant à bon marché, et l'un et l'autre se donner le mérite de ce qu'ils n'auraient point fait. Non, les Esprits ne viennent point affranchir l'homme de la loi du travail, mais lui montrer le but qu'il doit atteindre et la route qui y conduit, en lui disant : Marche et tu arriveras. Tu trouveras des pierres sous tes pas ; regarde, et ôte-les toi-même ; nous te donnerons la force nécessaire si tu veux l'employer. (Livre des Médiums, ch. XXVI, n° 291 et suiv.)

5. Au point de vue moral, ces paroles de Jésus signifient : Demandez la lumière qui doit éclairer votre route, et elle vous sera donnée ; demandez la force de résister au mal, et vous l'aurez ; demandez l'assistance des bons Esprits, et ils viendront vous accompagner, et comme l'ange de Tobie, ils vous serviront de guides ; demandez de bons conseils, et ils ne vous seront jamais refusés ; frappez à notre porte, et elle vous sera ouverte ; mais demandez sincèrement, avec foi, ferveur et confiance ; présentez-vous avec humilité et non avec arrogance, sans cela vous serez abandonnés à vos propres forces, et les chutes mêmes que vous ferez seront la punition de votre orgueil.

Tel est le sens de ces paroles : Cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira.

 

Considérez les oiseaux du ciel

6. Ne vous faites point de trésors dans la terre, où la rouille et les vers les mangent, et où les voleurs les déterrent et les dérobent ; - mais faites-vous des trésors dans le ciel, où ni la rouille ni les vers ne les mangent point ; - car où est votre trésor, là aussi est votre coeur.

C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez point où vous trouverez de quoi manger pour le soutien de votre vie, ni d'où vous aurez des vêtements pour couvrir votre corps ; la vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

Considérez les oiseaux du ciel : ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, et ils n'amassent rien dans des greniers ; mais votre Père céleste les nourrit ; n'êtes-vous pas beaucoup plus qu'eux ? - Et qui est celui d'entre vous qui puisse, avec tous ses soins, ajouter à sa taille la hauteur d'une coudée ?

Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comme croissent les lis des champs ; ils ne travaillent point, ils ne filent point ; - et cependant je vous déclare que Salomon, même dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. - Si donc Dieu a soin de vêtir de cette sorte une herbe des champs, qui est aujourd'hui et qui demain sera jetée dans le four, combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir, ô hommes de peu de foi !

Ne vous inquiétez donc point, on disant : Que mangerons-nous, ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous ? - comme font les Païens qui recherchent toutes ces choses ; car votre Père sait que vous en avez besoin.

Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. - C'est pourquoi ne soyez point en inquiétude pour le lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit son mal. (Saint Matthieu, ch. VI, v. de 25 à 34.)

7. Ces paroles prises à la lettre seraient la négation de toute prévoyance, de tout travail, et par conséquent de tout progrès. Avec un tel principe, l'homme se réduirait à une passivité expectante ; ses forces physiques et intellectuelles seraient sans activité ; si telle eût été sa condition normale sur la terre, il ne serait jamais sorti de l'état primitif, et s'il en faisait sa loi actuelle, il n'aurait plus qu'à vivre sans rien faire. Telle ne peut avoir été la pensée de Jésus, car elle serait en contradiction avec ce qu'il a dit ailleurs, avec les lois mêmes de la nature. Dieu a créé l'homme sans vêtements et sans abri, mais il lui a donné l'intelligence pour s'en fabriquer. (Ch. XIV, nº 6 ; ch. XXV, nº 2.)

Il ne faut donc voir dans ces paroles qu'une poétique allégorie de la Providence, qui n'abandonne jamais ceux qui mettent en elle sa confiance, mais elle veut qu'ils travaillent de leur côté. Si elle ne vient pas toujours en aide par un secours matériel, elle inspire les idées avec lesquelles on trouve les moyens de se tirer soi-même d'embarras. (Ch. XXVII, nº 8.)

Dieu connaît nos besoins, et il y pourvoit selon ce qui est nécessaire ; mais l'homme, insatiable dans ses désirs, ne sait pas toujours se contenter de ce qu'il a ; le nécessaire ne lui suffit pas, il lui faut le superflu ; c'est alors que la Providence le laisse à lui-même ; souvent il est malheureux par sa faute et pour avoir méconnu la voix qui l'avertissait par sa conscience, et Dieu lui en laisse subir les conséquences, afin que cela lui serve de leçon à l'avenir. (Ch. V, nº 4.)

8. La terre produit assez pour nourrir tous ses habitants, quand les hommes sauront administrer les biens qu'elle donne, selon les lois de justice, de charité et d'amour du prochain ; quand la fraternité régnera entre les divers peuples, comme entre les provinces d'un même empire, le superflu momentané de l'un suppléera à l'insuffisance momentanée de l'autre, et chacun aura le nécessaire. Le riche alors se considérera comme un homme ayant une grande quantité de semences ; s'il les répand, elles produiront au centuple pour lui et pour les autres ; mais s'il mange ces semences à lui seul, et s'il gaspille et laisse perdre le surplus de ce qu'il mangera, elles ne produiront rien, et il n'y en aura pas pour tout le monde ; s'il les enferme dans son grenier, les vers les mangeront : c'est pourquoi Jésus dit : Ne vous faites point de trésors dans la terre, qui sont périssables, mais faites-vous des trésors dans le ciel, parce qu'ils sont éternels. En d'autres termes, n'attachez pas aux biens matériels plus d'importance qu'aux biens spirituels, et sachez sacrifier les premiers au profit des seconds. (Ch. XVI, nos 7 et suiv.)

Ce n'est pas avec des lois qu'on décrète la charité et la fraternité ; si elles ne sont pas dans le coeur, l'égoïsme les étouffera toujours ; les y faire pénétrer est l'oeuvre du spiritisme.

 

Ne vous mettez point en peine d'avoir de l'or

9. Ne vous mettez point en peine d'avoir de l'or ou de l'argent, ou d'autre monnaie dans votre bourse. - Ne préparez ni un sac pour le chemin, ni deux habits, ni souliers, ni bâtons, car celui qui travaille mérite qu'on le nourrisse.

10. En quelque ville ou en quelque village que vous entriez, informez-vous qui est digne de vous loger, et demeurez chez lui jusqu'à ce que vous vous en alliez. - En entrant dans la maison, saluez-la en disant : Que la paix soit dans cette maison. - Si cette maison en est digne, votre paix viendra sur elle ; et si elle n'en est pas digne, votre paix reviendra à vous.

Lorsque quelqu'un ne voudra point vous recevoir, ni écouter vos paroles, secouez en sortant de cette maison ou de cette ville la poussière de vos pieds. - Je vous dis en vérité, au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville. (Saint Matthieu, ch. X, v. de 9 à 15.)

11. Ces paroles, que Jésus adressait à ses apôtres, lorsqu'il les envoya pour la première fois annoncer la bonne nouvelle, n'avaient rien d'étrange à cette époque ; elles étaient selon les moeurs patriarcales de l'Orient, où le voyageur était toujours reçu sous la tente. Mais alors les voyageurs étaient rares ; chez les peuples modernes l'accroissement de la circulation a dû créer de nouvelles moeurs ; on ne retrouve celles des temps antiques que dans les contrées retirées où le grand mouvement n'a pas encore pénétré ; et si Jésus revenait aujourd'hui, il ne pourrait plus dire à ses apôtres : Mettez-vous en route sans provisions.

A côté du sens propre, ces paroles ont un sens moral très profond. Jésus apprenait ainsi à ses disciples à se confier à la Providence ; puis ceux-ci n'ayant rien, ils ne pouvaient tenter la cupidité de ceux qui les recevaient ; c'était le moyen de distinguer les charitables des égoïstes ; c'est pourquoi il leur dit : «Informez-vous qui est digne de vous loger ;» c'est-à-dire qui est assez humain pour héberger le voyageur qui n'a pas de quoi payer, car ceux-là sont dignes d'entendre vos paroles ; c'est à leur charité que vous les reconnaîtrez.

Quant à ceux qui ne voudront ni les recevoir, ni les écouter, dit-il à ses apôtres de les maudire, de s'imposer à eux, d'user de violence et de contrainte pour les convertir ? Non ; mais de s'en aller purement et simplement ailleurs, et de chercher les gens de bonne volonté.

Ainsi dit aujourd'hui le spiritisme à ses adeptes : Ne violé aucune conscience ; ne contraignez personne à quitter sa croyance pour adopter la vôtre ; ne jetez point l'anathème sur ceux qui ne pensent pas comme vous ; accueillez ceux qui viennent à vous et laissez en repos ceux qui vous repoussent. Souvenez-vous des paroles du Christ ; jadis le ciel se prenait par la violence, aujourd'hui, c'est par la douceur. (Ch. IV, n° 10, 11.)

 

CHAPITRE XXVI
-
DONNEZ GRATUITEMENT CE QUE VOUS AVEZ REÇU GRATUITEMENT

Don de guérir. - Prières payées. - Vendeurs chassés du temple. - Médiumnité gratuite

 

Don de guérir

1. Rendez la santé aux malades, ressuscitez les morts, guérissez les lépreux, chassez les démons. Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement. (Saint Matthieu, ch. X, v. 8.)

2. «Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement,» dit Jésus à ses disciples ; par ce précepte il prescrit de ne point faire payer ce que l'on n'a pas payé soi-même ; or, ce qu'ils avaient reçu gratuitement, c'était la faculté de guérir les malades et de chasser les démons, c'est-à-dire les mauvais Esprits ; ce don leur avait été donné gratuitement par Dieu pour le soulagement de ceux qui souffrent, et pour aider à la propagation de la foi, et il leur dit de ne point en faire un trafic, ni un objet de spéculation, ni un moyen de vivre.

 

Prières payées

3. Il dit ensuite à ses disciples en présence de tout le peuple qui l'écoutait : -Gardez-vous des scribes qui affectent de se promener en longues robes, qui aiment à être salués dans les places publiques, à occuper les premières chaires dans les synagogues et les premières places dans, les festins ; - qui, sous prétexte de longues prières, dévorent les maisons des veuves. Ces personnes en recevront une condamnation plus rigoureuse. (Saint Luc, ch. XX, v. 45, 46, 47. - Saint Marc, ch. XII, v. 38, 39, 40. - Saint Matthieu, ch. XXIII, v. 14.)

4. Jésus dit aussi : Ne faites point payer vos prières ; ne faites point comme les scribes qui, «sous prétexte de longues prières, dévorent les maisons des veuves ;» c'est-à-dire accaparent les fortunes. La prière est un acte de charité, un élan du coeur ; faire payer celle que l'on adresse à Dieu pour autrui, c'est se transformer en intermédiaire salarié ; la prière alors est une formule dont on proportionne la longueur à la somme qu'elle rapporte. Or, de deux choses l'une : Dieu mesure ou ne mesure pas ses grâces au nombre des paroles ; s'il en faut beaucoup, pourquoi en dire peu ou pas du tout à celui qui ne peut pas payer ? c'est un manque de charité ; si une seule suffit, le surplus est inutile ; pourquoi donc alors le faire payer ? c'est une prévarication.

Dieu ne vend pas les bienfaits qu'il accorde ; pourquoi donc celui qui n'en est pas même le distributeur, qui ne peut en garantir l'obtention, ferait-il payer une demande qui peut être sans résultat ? Dieu ne peut subordonner un acte de clémence, de bonté ou de justice que l'on sollicite de sa miséricorde, à une somme d'argent ; autrement il en résulterait que si la somme n'est pas payée, ou est insuffisante, la justice, la bonté et la clémence de Dieu seraient suspendues. La raison, le bon sens, la logique disent que Dieu, la perfection absolue, ne peut déléguer à des créatures imparfaites le droit de mettre à prix sa justice. La justice de Dieu est comme le soleil ; elle est pour tout le monde, pour le pauvre comme pour le riche. Si l'on considère comme immoral de trafiquer des grâces d'un souverain de la terre, est-il plus licite de vendre celles du souverain de l'univers ?

Les prières payées ont un autre inconvénient ; c'est que celui qui les achète se croit, le plus souvent, dispensé de prier lui-même, parce qu'il se regarde comme quitte quand il a donné son argent. On sait que les Esprits sont touchés par la ferveur de la pensée de celui qui s'intéresse à eux ; quelle peut être la ferveur de celui qui charge un tiers de prier pour lui en payant ? quelle est la ferveur de ce tiers quand il délègue son mandat à un autre, celui-ci à un autre, et ainsi de suite ? N'est-ce pas réduire l'efficacité de la prière à la valeur d'une monnaie courante ?

 

Vendeurs chassés du temple

5. Ils vinrent ensuite à Jérusalem, et Jésus étant entré dans le temple, commença par chasser ceux qui y vendaient et qui y achetaient ; il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des colombes ; - et il ne permettait pas que personne transportât aucun ustensile par le temple. - Il les instruisit aussi en leur disant : N'est-il pas écrit : Ma maison sera appelée la maison de prières pour toutes les nations ? Et cependant vous en avez fait une caverne de voleurs. - Ce que les princes des prêtres ayant entendu, ils cherchaient un moyen de le perdre ; car ils le craignaient, parce que tout le peuple était ravi en admiration de sa doctrine. (Saint Marc, ch. XI, v. de 15 à 18. - Saint Matthieu, ch. XXI, v. 12, 13.)

6. Jésus a chassé les vendeurs du temple ; par là il condamne le trafic des choses saintes sous quelque forme que ce soit. Dieu ne vend ni sa bénédiction, ni son pardon, ni l'entrée du royaume des cieux ; l'homme n'a donc pas le droit de les faire payer.

 

Médiumnité gratuite

7. Les médiums modernes, - car les apôtres aussi avaient la médiumnité, - ont également reçu de Dieu un don gratuit, celui d'être les interprètes des Esprits pour l'instruction des hommes, pour leur montrer la route du bien et les amener à la foi, et non pour leur vendre des paroles qui ne leur appartiennent pas, parce qu'elles ne sont pas le produit de leur conception, ni de leurs recherches, ni de leur travail personnel. Dieu veut que la lumière arrive à tout le monde ; il ne veut pas que le plus pauvre en soit déshérité et puisse dire : Je n'ai pas la foi, parce que je n'ai pas pu la payer ; je n'ai pas eu la consolation de recevoir les encouragements et les témoignages d'affection de ceux que je pleure, parce que je suis pauvre. Voilà pourquoi la médiumnité n'est point un privilège, et se trouve partout ; la faire payer, serait donc la détourner de son but providentiel.

8. Quiconque connaît les conditions dans lesquelles les bons Esprits se communiquent, leur répulsion pour tout ce qui est d'intérêt égoïste, et qui sait combien il faut peu de chose pour les éloigner, ne pourra jamais admettre que des Esprits supérieurs soient à la disposition du premier venu qui les appellerait à tant la séance ; le simple bon sens repousse une telle pensée. Ne serait-ce pas aussi une profanation d'évoquer à prix d'argent les êtres que nous respectons ou qui nous sont chers ? Sans doute on peut avoir ainsi des manifestations, mais qui pourrait en garantir la sincérité ? Les Esprits légers, menteurs, espiègles, et toute la cohue des Esprits inférieurs, fort peu scrupuleux, viennent toujours, et sont tout prêts à répondre à ce que l'on demande sans se soucier de la vérité. Celui donc qui veut des communications sérieuses doit d'abord les demander sérieusement, puis s'édifier sur la nature des sympathies du médium avec les êtres du monde spirituel ; or la première condition pour se concilier la bienveillance des bons Esprits, c'est l'humilité, le dévouement, l'abnégation, le désintéressement moral et matériel le plus absolu.

9. A côté de la question morale se présente une considération effective non moins importante qui tient à la nature même de la faculté. La médiumnité sérieuse ne peut être et ne sera jamais une profession, non seulement parce qu'elle serait discréditée moralement, et bientôt assimilée aux diseurs de bonne aventure, mais parce qu'un obstacle matériel s'y oppose ; c'est une faculté essentiellement mobile, fugitive et variable, sur la permanence de laquelle nul ne peut compter. Ce serait donc, pour l'exploiteur, une ressource tout à fait incertaine, qui peut lui manquer au moment où elle lui serait le plus nécessaire. Autre chose est un talent acquis par l'étude et le travail, et qui, par cela même, est une propriété dont il est naturellement permis de tirer parti. Mais la médiumnité n'est ni un art ni un talent, c'est pourquoi elle ne peut devenir une profession ; elle n'existe que par le concours des Esprits ; si ces Esprits font défaut, il n'y a plus de médiumnité ; l'aptitude peut subsister, mais l'exercice en est annulé ; aussi n'est-il pas un seul médium au monde qui puisse garantir l'obtention d'un phénomène spirite à un instant donné. Exploiter la médiumnité, c'est donc disposer d'une chose dont on n'est réellement pas maître ; affirmer le contraire, c'est tromper celui qui paye ; il y a plus, ce n'est pas de soi-même qu'on dispose, ce sont les Esprits, les âmes des morts dont le concours est mis à prix ; cette pensée répugne instinctivement. C'est ce trafic, dégénéré en abus, exploité par le charlatanisme, l'ignorance, la crédulité et la superstition, qui a motivé la défense de Moïse. Le spiritisme moderne, comprenant le côté sérieux de la chose, par le discrédit qu'il a jeté sur cette exploitation, a élevé la médiumnité au rang de mission. (Voy. Livre des Médiums, ch. XXVIII, - Ciel et Enfer, ch. XII)

10. La médiumnité est une chose sainte qui doit être pratiquée saintement, religieusement. S'il est un genre de médiumnité qui requière cette condition d'une manière encore plus absolue, c'est la médiumnité guérissante. Le médecin donne le fruit de ses études, qu'il a faites au prix de sacrifices souvent pénibles ; le magnétiseur donne son propre fluide, souvent même sa santé : ils peuvent y mettre un prix ; le médium guérisseur transmet le fluide salutaire des bons Esprits : il n'a pas le droit de le vendre. Jésus et les apôtres, quoique pauvres, ne faisaient point payer les guérisons qu'ils opéraient.

Que celui donc qui n'a pas de quoi vivre cherche des ressources ailleurs que dans la médiumnité ; qu'il n'y consacre, s'il le faut, que le temps dont il peut disposer matériellement. Les Esprits lui tiendront compte de son dévouement et de ses sacrifices, tandis qu'ils se retirent de ceux qui espèrent s'en faire un marchepied.

CHAPITRE XXVII
-
DEMANDEZ ET VOUS OBTIENDREZ

Qualités de la prière. - Efficacité de la prière. - Action de la prière. Transmission de la pensée. - Prières intelligibles. - De la prière pour les morts et les Esprits souffrants. - Instructions des Esprits : Manière de prier. - Bonheur de la prière.

 

Qualités de la prière

1. Lorsque vous priez, ne ressemblez pas aux hypocrites qui affectent de prier en se tenant debout dans les synagogues et aux coins des rues pour être vus des hommes. Je vous dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. - Mais lorsque vous voudrez prier, entrez dans votre chambre, et la porte étant fermée, priez votre Père dans le secret ; et votre Père, qui voit ce qui se passe dans le secret, vous en rendra la récompense.

N'affectez point de prier beaucoup dans vos prières, comme font les Païens, qui s'imaginent que c'est par la multitude des paroles qu'ils sont exaucés. - Ne vous rendez donc pas semblables à eux, parce que votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. (Saint Matthieu, ch. VI, v. de 5 à 8.)

2. Lorsque vous vous présentez pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui, afin que votre Père, qui est dans les cieux, vous pardonne aussi vos péchés. - Si vous ne pardonnez, votre Père, qui est dans les cieux, ne vous pardonnera point non plus vos péchés. (Saint Marc, ch. XI, v. 25, 26.)

3. Il dit aussi cette parabole à quelques-uns qui mettaient leur confiance en eux-mêmes, comme étant justes, et méprisaient les autres :

Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l'un était pharisien et l'autre publicain. - Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu, je vous rends grâce de ce que je ne suis point comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes et adultères, ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine ; je donne la dîme de tout ce que je possède.

Le publicain, au contraire, se tenant éloigné, n'osait pas même lever les yeux au ciel ; mais il frappait sa poitrine, en disant : Mon Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur.

Je vous déclare que celui-ci s'en retourna chez lui justifié, et non pas l'autre ; car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. (Saint Luc, chap. XVIII, v. de 9 à 14.)

4. Les qualités de la prière sont clairement définies par Jésus ; lorsque vous priez, dit-il, ne vous mettez point en évidence, mais priez dans le secret ; n'affectez point de prier beaucoup, car ce n'est pas par la multiplicité des paroles que vous serez exaucés, mais par leur sincérité ; avant de prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui, car la prière ne saurait être agréable à Dieu si elle ne part d'un coeur purifié de tout sentiment contraire à la charité ; priez enfin avec humilité, comme le publicain, et non avec orgueil, comme le pharisien ; examinez vos défauts et non vos qualités, et si vous vous comparez aux autres, cherchez ce qu'il y a de mal en vous. (Ch. X, n° 7 et 8.)

 

Efficacité de la prière

5. Quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière, croyez que vous l'obtiendrez, et il vous sera accordé. (Saint Marc, ch. XI, v. 24.)

6. Il y a des gens qui contestent l'efficacité de la prière, et ils se fondent sur ce principe que, Dieu connaissant nos besoins, il est superflu de les lui exposer. Ils ajoutent encore que, tout s'enchaînant dans l'univers par des lois éternelles, nos voeux ne peuvent changer les décrets de Dieu.

Sans aucun doute, il y a des lois naturelles et immuables que Dieu ne peut abroger selon le caprice de chacun ; mais de là à croire que toutes les circonstances de la vie sont soumises à la fatalité, la distance est grande. S'il en était ainsi, l'homme ne serait qu'un instrument passif, sans libre arbitre et sans initiative. Dans cette hypothèse, il n'aurait qu'à courber la tête sous le coup de tous les événements, sans chercher à les éviter ; il n'aurait pas dû chercher à détourner la foudre. Dieu ne lui a pas donné le jugement et l'intelligence pour ne pas s'en servir, la volonté pour ne pas vouloir, l'activité pour rester dans l'inaction. L'homme étant libre d'agir dans un sens ou dans un autre, ses actes ont pour lui-même et pour autrui des conséquences subordonnées à ce qu'il fait ou ne fait pas ; par son initiative, il y a donc des événements qui échappent forcément à la fatalité, et qui ne détruisent pas plus l'harmonie des lois universelles, que l'avance ou le retard de l'aiguille d'une pendule ne détruit la loi du mouvement sur laquelle est établi le mécanisme. Dieu peut donc accéder à certaines demandes sans déroger à l'immuabilité des lois qui régissent l'ensemble, son accession restant toujours subordonnée à sa volonté.

7. Il serait illogique de conclure de cette maxime : «Quoi que ce soit que vous demandiez par la prière, il vous sera accordé,» qu'il suffit de demander pour obtenir, et injuste d'accuser la Providence si elle n'accède pas à toute demande qui lui est faite, car elle sait mieux que nous ce qui est pour notre bien. Ainsi en est-il d'un père sage qui refuse à son enfant les choses contraires à l'intérêt de celui-ci. L'homme, généralement, ne voit que le présent ; or, si la souffrance est utile à son bonheur futur, Dieu le laissera souffrir, comme le chirurgien laisse le malade souffrir d'une opération qui doit amener la guérison.

Ce que Dieu lui accordera, s'il s'adresse à lui avec confiance, c'est le courage, la patience et la résignation. Ce qu'il lui accordera encore, ce sont les moyens de se tirer lui-même d'embarras, à l'aide des idées qu'il lui fait suggérer par les bons Esprits, lui en laissant ainsi le mérite ; il assiste ceux qui s'aident eux-mêmes, selon cette maxime : «Aide-toi, le ciel t'aidera,» et non ceux qui attendent tout d'un secours étranger sans faire usage de leurs propres facultés ; mais la plupart du temps on préférerait être secouru par un miracle sans avoir rien à faire. (Ch. XXV, nº 1 et suiv.)

8. Prenons un exemple. Un homme est perdu dans un désert ; il souffre horriblement de la soif ; il se sent défaillir, se laisse tomber à terre ; il prie Dieu de l'assister, et attend ; mais aucun ange ne vient lui apporter à boire. Cependant un bon Esprit lui suggère la pensée de se lever, de suivre un des sentiers qui se présentent devant lui ; alors par un mouvement machinal, rassemblant ses forces, il se lève et marche à l'aventure. Arrivé sur une hauteur, il découvre au loin un ruisseau ; à cette vue il reprend courage. S'il a la foi, il s'écriera : «Merci, mon Dieu, de la pensée que vous m'avez inspirée, et de la force que vous m'avez donnée.» S'il n'a pas la foi, il dira ; «Quelle bonne pensée j'ai eue là ! Quelle chance j'ai eue de prendre le sentier de droite plutôt que celui de gauche ; le hasard nous sert vraiment bien quelquefois ! Combien je me félicite de mon courage et de ne m'être pas laissé abattre !»

Mais, dira-t-on, pourquoi le bon Esprit ne lui a-t-il pas dit clairement : «Suis ce sentier, et au bout tu trouveras ce dont tu as besoin ?» Pourquoi ne s'est-il pas montré à lui pour le guider et le soutenir dans sa défaillance ? De cette manière il l'aurait convaincu de l'intervention de la Providence. C'était d'abord pour lui apprendre qu'il faut s'aider soi-même et faire usage de ses propres forces. Puis, par l'incertitude, Dieu met à l'épreuve la confiance en lui et la soumission à sa volonté. Cet homme était dans la situation d'un enfant qui tombe, et qui, s'il aperçoit quelqu'un, crie et attend qu'on vienne le relever ; s'il ne voit personne, il fait des efforts et se révèle tout seul.

Si l'ange qui accompagna Tobie lui eût dit : «Je suis envoyé par Dieu pour te guider dans ton voyage et te préserver de tout danger,» Tobie n'aurait eu aucun mérite ; se fiant sur son compagnon, il n'aurait même pas eu besoin de penser ; c'est pourquoi l'ange ne s'est fait connaître qu'au retour.

 

Action de la prière. Transmission de la pensée

9. La prière est une invocation ; par elle on se met en rapport de pensée avec l'être auquel on s'adresse. Elle peut avoir pour objet une demande, un remerciement ou une glorification. On peut prier pour soi-même ou pour autrui, pour les vivants ou pour les morts. Les prières adressées à Dieu sont entendues des Esprits chargés de l'exécution de ses volontés ; celles qui sont adressées aux bons Esprits sont reportées à Dieu. Lorsqu'on prie d'autres êtres que Dieu, ce n'est qu'à titre d'intermédiaires, d'intercesseurs, car rien ne peut se faire sans la volonté de Dieu.

10. Le Spiritisme fait comprendre l'action de la prière en expliquant le mode de transmission de la pensée, soit que l'être prié vienne à notre appel, soit que notre pensée lui parvienne. Pour se rendre compte de ce qui se passe en cette circonstance, il faut se représenter tous les êtres incarnés et désincarnés plongés dans le fluide universel qui occupe l'espace, comme ici-bas nous le sommes dans l'atmosphère. Ce fluide reçoit une impulsion de la volonté ; c'est le véhicule de la pensée, comme l'air est le véhicule du son, avec cette différence que les vibrations de l'air sont circonscrites, tandis que celles du fluide universel s'étendent à l'infini. Lors donc que la pensée est dirigée vers un être quelconque, sur la terre ou dans l'espace, d'incarné à désincarné, ou de désincarné à incarné, un courant fluidique s'établit de l'un à l'autre, transmettant la pensée, comme l'air transmet le son.

L'énergie du courant est en raison de celle de la pensée et de la volonté. C'est ainsi que la prière est entendue des Esprits à quelque endroit qu'ils se trouvent, que les Esprits communiquent entre eux, qu'ils nous transmettent leurs inspirations, que des rapports s'établissent à distance entre les incarnés.

Cette explication est surtout en vue de ceux qui ne comprennent pas l'utilité de la prière purement mystique ; elle n'a point pour but de matérialiser la prière, mais d'en rendre l'effet intelligible, en montrant qu'elle peut avoir une action directe et effective ; elle n'en reste pas moins subordonnée à la volonté de Dieu, juge suprême en toutes choses, et qui seul peut rendre son action efficace.

11. Par la prière, l'homme appelle à lui le concours des bons Esprits qui viennent le soutenir dans ses bonnes résolutions, et lui inspirer de bonnes pensées ; il acquiert ainsi la force morale nécessaire pour vaincre les difficultés et rentrer dans le droit chemin s'il en est écarté ; et par là aussi il peut détourner de lui les maux qu'il s'attirerait par sa propre faute. Un homme, par exemple, voit sa santé ruinée par les excès qu'il a commis, et traîne, jusqu'à la fin de ses jours, une vie de souffrance ; a-t-il droit de se plaindre s'il n'obtient pas sa guérison ? Non, car il aurait pu trouver dans la prière la force de résister aux tentations.

12. Si l'on fait deux parts des maux de la vie, l'une de ceux que l'homme ne peut éviter, l'autre des tribulations dont il est lui-même la première cause par son incurie et ses excès (chap. V, nº 4), on verra que celle-ci l'emporte de beaucoup en nombre sur la première. Il est donc bien évident que l'homme est l'auteur de la plus grande partie de ses afflictions, et qu'il se les épargnerait s'il agissait toujours avec sagesse et prudence.

Il n'est pas moins certain que ces misères sont le résultat de nos infractions aux lois de Dieu, et que si nous observions ponctuellement ces lois, nous serions parfaitement heureux. Si nous ne dépassions pas la limite du nécessaire dans la satisfaction de nos besoins, nous n'aurions pas les maladies qui sont la suite des excès, et les vicissitudes qu'entraînent ces maladies ; si nous mettions des bornes à notre ambition, nous ne craindrions pas la ruine ; si nous ne voulions pas monter plus haut que nous ne le pouvons, nous ne craindrions pas de tomber ; si nous étions humbles, nous ne subirions pas les déceptions de l'orgueil abaissé ; si nous pratiquions la loi de charité, nous ne serions ni médisants, ni envieux, ni jaloux, et nous éviterions les querelles et les dissensions ; si nous ne faisions de mal à personne, nous ne craindrions pas les vengeances, etc.

Admettons que l'homme ne puisse rien sur les autres maux ; que toute prière soit superflue pour s'en préserver, ne serait-ce pas déjà beaucoup d'être affranchi de tous ceux qui proviennent de son fait ? Or, ici l'action de la prière se conçoit aisément, parce qu'elle a pour effet d'appeler l'inspiration salutaire des bons Esprits, de leur demander la force de résister aux mauvaises pensées dont l'exécution peut nous être funeste. Dans ce cas, ce n'est pas le mal qu'ils détournent, c'est nous-mêmes qu'ils détournent de la pensée qui peut causer le mal ; ils n'entravent en rien les décrets de Dieu, ils ne suspendent point le cours des lois de la nature, c'est nous qu'ils empêchent d'enfreindre ces lois, en dirigeant notre libre arbitre ; mais ils le font à notre insu, d'une manière occulte, pour ne pas enchaîner notre volonté. L'homme se trouve alors dans la position de celui qui sollicite de bons conseils et les met en pratique, mais qui est toujours libre de les suivre ou non ; Dieu veut qu'il en soit ainsi pour qu'il ait la responsabilité de ses actes et lui laisser le mérite du choix entre le bien et le mal. C'est là ce que l'homme est toujours certain d'obtenir s'il le demande avec ferveur, et ce à quoi peuvent surtout s'appliquer ces paroles : «Demandez et vous obtiendrez.»

L'efficacité de la prière, même réduite à cette proportion, n'aurait-elle pas un résultat immense ? Il était réservé au Spiritisme de nous prouver son action par la révélation des rapports qui existent entre le monde corporel et le monde spirituel. Mais là ne se bornent pas seulement ses effets.

La prière est recommandée par tous les Esprits ; renoncer à la prière, c'est méconnaître la bonté de Dieu ; c'est renoncer pour soi-même à leur assistance, et pour les autres au bien qu'on peut leur faire.

13. En accédant à la demande qui lui est adressée, Dieu a souvent en vue de récompenser l'intention, le dévouement et la foi de celui qui prie ; voilà pourquoi la prière de l'homme de bien a plus de mérite aux yeux de Dieu, et toujours plus d'efficacité, car l'homme vicieux et mauvais ne peut prier avec la ferveur et la confiance que donne seul le sentiment de la vraie piété. Du coeur de l'égoïste, de celui qui prie des lèvres, ne sauraient sortir que des mots, mais non les élans de charité qui donnent à la prière toute sa puissance. On le comprend tellement que, par un mouvement instinctif, on se recommande de préférence aux prières de ceux dont on sent que la conduite doit être agréable à Dieu, parce qu'ils en sont mieux écoutés.

14. Si la prière exerce une sorte d'action magnétique, on pourrait en croire l'effet subordonné à la puissance fluidique ; or il n'en est point ainsi. Puisque les Esprits exercent cette action sur les hommes, ils suppléent, quand cela est nécessaire, à l'insuffisance de celui qui prie, soit en agissant directement en son nom, soit en lui donnant momentanément une force exceptionnelle, lorsqu'il est jugé digne de cette faveur, ou que la chose peut être utile.

L'homme qui ne se croit pas assez bon pour exercer une influence salutaire ne doit pas s'abstenir de prier pour autrui, par la pensée qu'il n'est pas digne d'être écouté. La conscience de son infériorité est une preuve d'humilité toujours agréable à Dieu, qui tient compte de l'intention charitable qui l'anime. Sa ferveur et sa confiance en Dieu sont un premier pas vers le retour au bien dans lequel les bons Esprits sont heureux de l'encourager. La prière qui est repoussée est celle de l'orgueilleux qui a foi en sa puissance et ses mérites, et croit pouvoir se substituer à la volonté de l'Eternel.

15. La puissance de la prière est dans la pensée ; elle ne tient ni aux paroles, ni au lieu, ni au moment où on la fait. On peut donc prier partout et à toute heure, seul ou en commun. L'influence du lieu ou du temps tient aux circonstances qui peuvent favoriser le recueillement. La prière en commun a une action plus puissante quand tous ceux qui prient s'associent de coeur à une même pensée et ont un même but, car c'est comme si beaucoup crient ensemble et à l'unisson ; mais qu'importe d'être réunis en grand nombre si chacun agit isolément et pour son compte personnel ! Cent personnes réunies peuvent prier comme des égoïstes, tandis que deux ou trois, unies dans une commune aspiration, prieront comme de véritables frères en Dieu, et leur prière aura plus de puissance que celle des cent autres. (Ch. XXVIII, nº 4, 5.)

 

Prières intelligibles

16. Si je n'entends pas ce que signifient les paroles, je serai barbare à celui à qui je parle, et celui qui me parle me sera barbare. - Si je prie en une langue que je n'entends pas, mon coeur prie, mais mon intelligence est sans fruit. - Si vous ne louez Dieu que du coeur, comment un homme du nombre de ceux qui n'entendent que leur propre langue répondra-t-il amen, à la fin de votre action de grâce, puisqu'il n'entend pus ce que vous dites ? - Ce n'est pas que votre action ne soit bonne, mais les autres n'en sont pas édifiés. (Saint Paul, 1° aux Corinth., ch. XIV, v. 11, 14, 16, 17.)

17. La prière n'a de valeur que par la pensée qu'on y attache ; or il est impossible d'attacher une pensée à ce que l'on ne comprend pas, car ce que l'on ne comprend pas ne peut toucher le coeur. Pour l'immense majorité, les prières en une langue incomprise ne sont que des assemblages de mots qui ne disent rien à l'esprit. Pour que la prière touche, il faut que chaque mot réveille une idée, et si on ne la comprend pas, elle ne peut en réveiller aucune. On la répète comme une simple formule qui a plus ou moins de vertu selon le nombre de fois qu'elle est répétée ; beaucoup prient par devoir, quelques-uns même pour se conformer à l'usage ; c'est pourquoi ils se croient quittes quand ils ont dit une prière un nombre de fois déterminé et dans tel ou tel ordre. Dieu lit au fond des coeurs ; il voit la pensée et la sincérité, et c'est le rabaisser de le croire plus sensible à la forme qu'au fond. (Ch. XXVIII, nº 2.)

 

De la prière pour les morts et les Esprits souffrants

18. La prière est réclamée par les Esprits souffrants ; elle leur est utile, parce qu'en voyant qu'on pense à eux, ils se sentent moins délaissés, ils sont moins malheureux. Mais la prière a sur eux une action plus directe : elle relève leur courage, excite en eux le désir de s'élever par le repentir et la réparation, et peut les détourner de la pensée du mal ; c'est en ce sens qu'elle peut non seulement alléger, mais abréger leurs souffrances. (Voyez : Ciel et Enfer, 2° partie : Exemples.)

19. Certaines personnes n'admettent pas la prière pour les morts, parce que, dans leur croyance, il n'y a pour l'âme que deux alternatives : être sauvée ou condamnée aux peines éternelles, et que, dans l'un et l'autre cas, la prière est inutile. Sans discuter la valeur de cette croyance, admettons pour un instant la réalité de peines éternelles et irrémissibles, et que nos prières soient impuissantes pour y mettre un terme. Nous demandons si, dans cette hypothèse, il est logique, il est charitable, il est chrétien de rejeter la prière pour les réprouvés ? Ces prières, tout impuissantes qu'elles seraient pour les délivrer, ne sont-elles pas pour eux une marque de pitié qui peut adoucir leur souffrance ? Sur la terre, lorsqu'un homme est condamné à perpétuité, alors même qu'il n'y aurait aucun espoir d'obtenir sa grâce, est-il défendu à une personne charitable d'aller soutenir ses fers pour lui en alléger le poids ? Lorsque quelqu'un est atteint d'un mal incurable faut-il, parce qu'il n'offre aucun espoir de guérison, l'abandonner sans aucun soulagement ? Songez que parmi les réprouvés peut se trouver une personne qui vous a été chère, un ami, peut-être un père, une mère ou un fils, et parce que, selon vous, il ne pourrait espérer sa grâce, vous lui refuseriez un verre d'eau pour étancher sa soif ? un baume pour sécher ses plaies ? Vous ne feriez pas pour lui ce que vous feriez pour un galérien ? Vous ne lui donneriez pas un témoignage d'amour, une consolation ? Non, cela ne serait pas chrétien. Une croyance qui dessèche le coeur ne peut s'allier avec celle d'un Dieu qui met au premier rang des devoirs l'amour du prochain.

La non-éternité des peines n'implique point la négation d'une pénalité temporaire, car Dieu, dans sa justice, ne peut confondre le bien et le mal ; or nier, dans ce cas, l'efficacité de la prière serait nier l'efficacité de la consolation, des encouragements et des bons conseils ; ce serait nier la force que l'on puise dans l'assistance morale de ceux qui nous veulent du bien.

20. D'autres se fondent sur une raison plus spécieuse : l'immuabilité des décrets divins. Dieu, disent-ils, ne peut changer ses décisions à la demande de ses créatures ; sans cela rien ne serait stable dans le monde. L'homme n'a donc rien à demander à Dieu, il n'a qu'à se soumettre et à l'adorer.

Il y a dans cette idée une fausse application de l'immuabilité de la loi divine, ou mieux, ignorance de la loi en ce qui concerne la pénalité future. Cette loi est révélée par les Esprits du Seigneur, aujourd'hui que l'homme est mûr pour comprendre ce qui, dans la foi, est conforme ou contraire aux attributs divins.

Selon le dogme de l'éternité absolue des peines, il n'est tenu au coupable aucun compte de ses regrets ni de son repentir ; pour lui, tout désir de s'améliorer est superflu : il est condamné à rester dans le mal à perpétuité. S'il est condamné pour un temps déterminé, la peine cessera quand le temps sera expiré ; mais qui dit qu'alors il sera revenu à de meilleurs sentiments ? qui dit qu'à l'exemple de beaucoup de condamnés de la terre, à leur sortie de prison, il ne sera pas aussi mauvais qu'auparavant ? Dans le premier cas, ce serait maintenir dans la douleur du châtiment un homme revenu au bien ; dans le second, gracier celui qui est resté coupable. La loi de Dieu est plus prévoyante que cela ; toujours juste, équitable et miséricordieuse, elle ne fixe aucune durée à la peine, quelle qu'elle soit ; elle se résume ainsi :

21. «L'homme subit toujours la conséquence de ses fautes ; il n'est pas une seule infraction à la loi de Dieu qui n'ait sa punition.

La sévérité du châtiment est proportionnée à la gravité de la faute.

La durée du châtiment pour toute faute quelconque est indéterminée ; elle est subordonnée au repentir du coupable et à son retour au bien ; la peine dure autant que l'obstination dans le mal ; elle serait perpétuelle si l'obstination était perpétuelle ; elle est de courte durée si le repentir est prompt.

Dès que le coupable crie miséricorde ! Dieu l'entend et lui envoie l'espérance. Mais le simple regret du mal ne suffit pas : il faut la réparation ; c'est pourquoi le coupable est soumis à de nouvelles épreuves dans lesquelles il peut, toujours par sa volonté, faire le bien en réparation du mal qu'il a fait.

L'homme est ainsi constamment l'arbitre de son propre sort ; il peut abréger son supplice ou le prolonger indéfiniment ; son bonheur ou son malheur dépend de sa volonté de faire le bien.»

Telle est la loi ; loi immuable et conforme à la bonté et à la justice de Dieu.

L'Esprit coupable et malheureux peut ainsi toujours se sauver lui-même : la loi de Dieu lui dit à quelle condition il peut le faire. Ce qui lui manque le plus souvent, c'est la volonté, la force, le courage ; si, par nos prières, nous lui inspirons cette volonté, si nous le soutenons et l'encourageons ; si, par nos conseils, nous lui donnons les lumières qui lui manquent, au lieu de solliciter Dieu de déroger à sa loi, nous devenons les instruments pour l'exécution de sa loi d'amour et de charité, à laquelle il nous permet ainsi de participer en donnant nous-mêmes une preuve de charité. (Voyez, Ciel et Enfer, 1° partie, ch. IV, VII, VIII.)

 

INSTRUCTIONS DES ESPRITS

Manière de prier

22. Le premier devoir de toute créature humaine, le premier acte qui doit signaler pour elle le retour à la vie active de chaque jour, c'est la prière. Vous priez presque tous, mais combien peu savent prier ! Qu'importe au Seigneur les phrases que vous reliez les unes aux autres machinalement, parce que vous en avez l'habitude, que c'est un devoir que vous remplissez, et que, comme tout devoir, il vous pèse.

La prière du chrétien, du Spirite de quelque culte que ce soit, doit être faite dès que l'Esprit a repris le joug de la chair ; elle doit s'élever aux pieds de la majesté divine avec humilité, avec profondeur, dans un élan de reconnaissance pour tous les bienfaits accordés jusqu'à ce jour : pour la nuit écoulée et pendant laquelle il vous a été permis, quoique à votre insu, de retourner près de vos amis, de vos guides, pour puiser dans leur contact plus de force et de persévérance. Elle doit s'élever humble aux pieds du Seigneur, pour lui recommander votre faiblesse, lui demander son appui, son indulgence, sa miséricorde. Elle doit être profonde, car c'est votre âme qui doit s'élever vers le Créateur, qui doit se transfigurer comme Jésus au Thabor, et parvenir blanche et rayonnante d'espoir et d'amour.

Votre prière doit renfermer la demande des grâces dont vous avez besoin, mais un besoin réel. Inutile donc de demander au Seigneur d'abréger vos épreuves, de vous donner les joies et la richesse ; demandez-lui de vous accorder les biens plus précieux de la patience, de la résignation et de la foi. Ne dites point, comme cela arrive à beaucoup d'entre vous : «Ce n'est pas la peine de prier, puisque Dieu ne m'exauce pas.» Que demandez-vous à Dieu, la plupart du temps ? Avez-vous souvent pensé à lui demander votre amélioration morale ? Oh ! non, très peu ; mais vous songez plutôt à lui demander la réussite dans vos entreprises terrestres, et vous vous êtes écriés : «Dieu ne s'occupe pas de nous ; s'il s'en occupait, il n'y aurait pas tant d'injustices.» Insensés ! ingrats ! si vous descendiez dans le fond de votre conscience, vous trouveriez presque toujours en vous-mêmes le point de départ des maux dont vous vous plaignez ; demandez donc, avant toutes choses, votre amélioration, et vous verrez quel torrent de grâces et de consolations se répandra sur vous. (Ch. V, nº 4.)

Vous devez prier sans cesse, sans pour cela vous retirer dans votre oratoire ou vous jeter à genoux dans les places publiques. La prière de la journée, c'est l'accomplissement de vos devoirs, de vos devoirs sans exception, de quelque nature qu'ils soient. N'est-ce pas un acte d'amour envers le Seigneur que d'assister vos frères dans un besoin quelconque, moral ou physique ? N'est-ce pas faire un acte de reconnaissance que d'élever votre pensée vers lui quand un bonheur vous arrive, qu'un accident est évité, qu'une contrariété même vous effleure seulement, si vous dites par la pensée : Soyez béni, mon Père ! N'est-ce pas un acte de contrition que de vous humilier devant le juge suprême quand vous sentez que vous avez failli, ne fût-ce que par une pensée fugitive, et de lui dire : Pardonnez-moi, mon Dieu, car j'ai péché (par orgueil, par égoïsme ou par manque de charité) ; donnez-moi la force de ne plus faillir et le courage de réparer ?

Ceci est indépendant des prières régulières du matin et du soir, et des jours consacrés ; mais, comme vous le voyez, la prière peut être de tous les instants, sans apporter aucune interruption à vos travaux ; ainsi dite, elle les sanctifie, au contraire. Et croyez bien qu'une seule de ces pensées partant du coeur est plus écoutée de votre Père céleste que les longues prières dites par habitude, souvent sans cause déterminante, et auxquelles l'heure convenue vous rappelle machinalement. (V. MONOD. Bordeaux, 1862.)

 

Bonheur de la prière

23. Venez, vous qui voulez croire : les Esprits célestes accourent et viennent vous annoncer de grandes choses ; Dieu, mes enfants, ouvre ses trésors pour vous donner tous ses bienfaits. Hommes incrédules ! si vous saviez combien la foi fait de bien au coeur et porte l'âme au repentir et à la prière ! La prière ! ah ! combien sont touchantes les paroles qui sortent de la bouche à l'heure où l'on prie ! La prière, c'est la rosée divine qui détruit la trop grande chaleur des passions ; fille aînée de la foi, elle nous mène dans le sentier qui conduit à Dieu. Dans le recueillement et la solitude, vous êtes avec Dieu ; pour vous, plus de mystère : il se dévoile à vous. Apôtres de la pensée, pour vous c'est la vie ; votre âme se détache de la matière et roule dans ces mondes infinis et éthérés que les pauvres humains méconnaissent.

Marchez, marchez dans les sentiers de la prière, et vous entendrez les voix des anges. Quelle harmonie ! Ce n'est plus le bruit confus et les accents criards de la terre ; ce sont les lyres des archanges ; ce sont les voix douces et suaves des séraphins, plus légères que les brises du matin quand elles se jouent dans la feuillée de vos grands bois. Dans quelles délices ne marcherez-vous pas ! vos langues ne pourront définir ce bonheur, tant il entrera par tous les pores, tant la source à laquelle on boit en priant est vive et rafraîchissante ! Douces voix, enivrants parfums que l'âme entend et savoure quand elle s'élance dans ces sphères inconnues et habitées par la prière ! Sans mélange de désirs charnels, toutes les aspirations sont divines. Et vous aussi, priez comme Christ portant sa croix du Golgotha au Calvaire ; portez votre croix, et vous sentirez les douces émotions qui passaient dans son âme, quoique chargé d'un bois infamant ; il allait mourir, mais pour vivre de la vie céleste dans le séjour de son Père. (SAINT AUGUSTIN. Paris, 1861.)

CHAPITRE XXVIII
-
RECUEIL DE PRIERES SPIRITES

Préambule

1. Les Esprits ont toujours dit : «La forme n'est rien, la pensée est tout. Priez chacun selon vos convictions et le mode qui vous touche le plus ; une bonne pensée vaut mieux que de nombreuses paroles où le coeur n'est pour rien.»

Les Esprits ne prescrivent aucune formule absolue de prières ; lorsqu'ils en donnent, c'est afin de fixer les idées, et surtout pour appeler l'attention sur certains principes de la doctrine spirite. C'est aussi dans le but de venir en aide aux personnes qui sont embarrassées pour rendre leurs idées, car il en est qui ne croiraient pas avoir réellement prié si leurs pensées n'étaient pas formulées.

Le recueil de prières contenues dans ce chapitre est un choix fait parmi celles qui ont été dictées par les Esprits en différentes circonstances ; ils ont pu en dicter d'autres, et en d'autres termes, appropriées à certaines idées ou à des cas spéciaux, mais peu importe la forme, si la pensée fondamentale est la même. Le but de la prière est d'élever notre âme à Dieu ; la diversité des formules ne doit établir aucune différence entre ceux qui croient en lui, et encore moins entre les adeptes du Spiritisme, car Dieu les accepte toutes lorsqu'elles sont sincères.

Il ne faut donc point considérer ce recueil comme un formulaire absolu, mais comme une variété parmi les instructions que donnent les Esprits. C'est une application des principes de la morale évangélique développés dans ce livre, un complément à leurs dictées sur les devoirs envers Dieu et le prochain, où sont rappelés tous les principes de la doctrine.

Le Spiritisme reconnaît comme bonnes les prières de tous les cultes quand elles sont dites par le coeur et non par les lèvres ; il n'en impose aucune et n'en blâme aucune ; Dieu est trop grand, selon lui, pour repousser la voix qui l'implore ou qui chante ses louanges, parce qu'elle le fait d'une manière plutôt que d'une autre. Quiconque lancerait l'anathème contre les prières qui ne sont pas dans son formulaire prouverait qu'il méconnaît la grandeur de Dieu. Croire que Dieu tient à une formule, c'est lui prêter la petitesse et les passions de l'humanité.

Une condition essentielle de la prière, selon saint Paul (ch. XXVII, n° 16), est d'être intelligible, afin qu'elle puisse parler à notre esprit ; pour cela il ne suffit pas qu'elle soit dite en une langue comprise de celui qui prie ; il est des prières en langue vulgaire qui ne disent pas beaucoup plus à la pensée que si elles étaient en langue étrangère, et qui, par cela même, ne vont pas au coeur ; les rares idées qu'elles renferment sont souvent étouffées sous la surabondance des mots et le mysticisme du langage.

La principale qualité de la prière est d'être claire, simple et concise, sans phraséologie inutile, ni luxe d'épithètes qui ne sont que des parures de clinquant ; chaque mot doit avoir sa portée, réveiller une idée, remuer une fibre : en un mot, elle doit faire réfléchir ; à cette seule condition la prière peut atteindre son but, autrement ce n'est que du bruit. Aussi voyez avec quel air de distraction et quelle volubilité elles sont dites la plupart du temps ; on voit les lèvres qui remuent ; mais, à l'expression de la physionomie, au son même de la voix, on reconnaît un acte machinal, purement extérieur, auquel l'âme reste indifférente.

Les prières réunies dans ce recueil sont divisées en cinq catégories : 1° Prières générales ; 2° Prières pour soi-même ; 3° Prières pour les vivants ; 4° Prières pour les morts ; 5° Prières spéciales pour les malades et les obsédés.

Dans le but d'appeler plus particulièrement l'attention sur l'objet de chaque prière, et d'en mieux faire comprendre la portée, elles sont toutes précédées d'une instruction préliminaire, sorte d'exposé des motifs, sous le titre de préface.

 

I. PRIERES GENERALES

Oraison dominicale

2. PREFACE. Les Esprits ont recommandé de placer l'Oraison dominicale en tête de ce recueil, non seulement comme prière, mais comme symbole. De toutes les prières, c'est celle qu'ils mettent au premier rang, soit parce qu'elle vient de Jésus lui-même (saint Matthieu, ch. VI , v. de 9 à 13), soit parce qu'elle peut les suppléer toutes selon la pensée qu'on y attache ; c'est le plus parfait modèle de concision, véritable chef-d'oeuvre de sublimité dans sa simplicité. En effet, sous la forme la plus restreinte, elle résume tous les devoirs de l'homme envers Dieu, envers lui-même et envers le prochain ; elle renferme une profession de foi, un acte d'adoration et de soumission, la demande des choses nécessaires à la vie, et le principe de la charité. La dire à l'intention de quelqu'un, c'est demander pour lui ce qu'on demanderait pour soi.

Cependant, en raison même de sa brièveté, le sens profond renfermé dans les quelques mots dont elle se compose échappe à la plupart ; c'est pourquoi on la dit généralement sans diriger sa pensée sur les applications de chacune de ses parties ; on la dit comme une formule dont l'efficacité est proportionnée au nombre de fois qu'elle est répétée ; or c'est presque toujours un des nombres cabalistiques trois, sept ou neuf, tirés de l'antique croyance superstitieuse à la vertu des nombres, et en usage dans les opérations de la magie.

Pour suppléer au vague que la concision de cette prière laisse dans la pensée, d'après le conseil et avec l'assistance des bons Esprits, il a été ajouté à chaque proposition un commentaire qui en développe le sens et en montre les applications. Selon les circonstances et le temps disponible, on peut donc dire l'Oraison dominicale simple ou développée.

3. PRIERE. - I. Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié !

Nous croyons en vous, Seigneur, parce que tout révèle votre puissance et votre bonté. L'harmonie de l'univers témoigne d'une sagesse, d'une prudence et d'une prévoyance qui surpassent toutes les facultés humaines ; le nom d'un être souverainement grand et sage est inscrit dans toutes les oeuvres de la création, depuis le brin d'herbe et le plus petit insecte jusqu'aux astres qui se meuvent dans l'espace ; partout nous voyons la preuve d'une sollicitude paternelle ; c'est pourquoi aveugle est celui qui ne vous reconnaît pas dans vos oeuvres, orgueilleux celui qui ne vous glorifie pas, et ingrat celui qui ne vous rend pas des actions de grâce.

II. Que votre règne arrive !

Seigneur, vous avez donné aux hommes des lois pleines de sagesse et qui feraient leur bonheur s'ils les observaient. Avec ces lois, ils feraient régner entre eux la paix et la justice ; ils s'entraideraient mutuellement, au lieu de se nuire comme ils le font ; le fort soutiendrait le faible au lieu de l'écraser ; ils éviteraient les maux qu'engendrent les abus et les excès de tous genres. Toutes les misères d'ici-bas viennent de la violation de vos lois, car il n'est pas une seule infraction qui n'ait ses conséquences fatales.

Vous avez donné à la brute l'instinct qui lui trace la limite du nécessaire, et elle s'y conforme machinalement ; mais à l'homme, outre cet instinct, vous avez donné l'intelligence et la raison ; vous lui avez aussi donné la liberté d'observer ou d'enfreindre celles de vos lois qui le concernent personnellement, c'est-à-dire de choisir entre le bien et le mal, afin qu'il ait le mérite et la responsabilité de ses actions.

Nul ne peut prétexter ignorance de vos lois, car, dans votre prévoyance paternelle, vous avez voulu qu'elles fussent gravées dans la conscience de chacun, sans distinction de culte ni de nations ; ceux qui les violent, c'est qu'ils vous méconnaissent.

Un jour viendra où, selon votre promesse, tous les pratiqueront ; alors l'incrédulité aura disparu ; tous vous reconnaîtront pour le souverain Maître de toutes choses, et le règne de vos lois sera votre règne sur la terre.

Daignez, Seigneur, hâter son avènement, en donnant aux hommes la lumière nécessaire pour les conduire sur le chemin de la vérité.

III. Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel !

Si la soumission est un devoir du fils à l'égard du père, de l'inférieur envers son supérieur, combien ne doit pas être plus grande celle de la créature à l'égard de son Créateur ! Faire votre volonté, Seigneur, c'est observer vos lois et se soumettre sans murmure à vos décrets divins ; l'homme s'y soumettra quand il comprendra que vous êtes la source de toute sagesse, et que sans vous il ne peut rien ; alors il fera votre volonté sue la terre comme les élus dans le ciel.

IV. Donnez-nous notre pain de chaque jour.

Donnez-nous la nourriture pour l'entretien des forces du corps ; donnez-nous aussi la nourriture spirituelle pour le développement de notre Esprit.

La brute trouve sa pâture, mais l'homme la doit à sa propre activité et aux ressources de son intelligence, parce que vous l'avez créé libre.

Vous lui avez dit : «Tu tireras ta nourriture de la terre à la sueur de ton front ;» par là, vous lui avez fait une obligation du travail, afin qu'il exerçât son intelligence par la recherche des moyens de pourvoir à ses besoins et à son bien-être, les uns par le travail matériel, les autres par le travail intellectuel ; sans le travail, il resterait stationnaire et ne pourrait aspirer à la félicité des Esprits supérieurs.

Vous secondez l'homme de bonne volonté qui se confie à vous pour le nécessaire, mais non celui qui se complaît dans l'oisiveté et voudrait tout obtenir sans peine, ni celui qui cherche le superflu. (Ch. XXV.)

Combien en est-il qui succombent par leur propre faute, par leur incurie, leur imprévoyance ou leur ambition, et pour n'avoir pas voulu se contenter de ce que vous leur aviez donné ! Ceux-là sont les artisans de leur propre infortune et n'ont pas le droit de se plaindre, car ils sont punis par où ils ont péché. Mais ceux-là mêmes, vous ne les abandonnez pas, parce que vous êtes infiniment miséricordieux ; vous leur tendez une main secourable dès que, comme l'enfant prodigue, ils reviennent sincèrement à vous. (Ch. V, n° 4.)

Avant de nous plaindre de notre sort, demandons-nous s'il n'est pas notre ouvrage ; à chaque malheur qui nous arrive, demandons-nous s'il n'eût pas dépendu de nous de l'éviter ; mais disons aussi que Dieu nous a donné l'intelligence pour nous tirer du bourbier, et qu'il dépend de nous d'en faire usage.

Puisque la loi du travail est la condition de l'homme sur la terre, donnez-nous le courage et la force de l'accomplir ; donnez-nous aussi la prudence, la prévoyance et la modération, afin de n'en pas perdre le fruit.

Donnez-nous donc, Seigneur, notre pain de chaque jour, c'est-à-dire les moyens d'acquérir, par le travail, les choses nécessaires à la vie, car nul n'a droit de réclamer le superflu.

Si le travail nous est impossible, nous nous confions en votre divine providence.

S'il entre dans vos desseins de nous éprouver par les plus dures privations, malgré nos efforts, nous les acceptons comme une juste expiation des fautes que nous avons pu commettre dans cette vie ou dans une vie précédente, car vous êtes juste ; nous savons qu'il n'y a point de peines imméritées, et que vous ne châtiez jamais sans cause.

Préservez-nous, ô mon Dieu, de concevoir de l'envie contre ceux qui possèdent ce que nous n'avons pas, ni même contre ceux qui ont le superflu, alors que nous manquons du nécessaire. Pardonnez-leur s'ils oublient la loi de charité et d'amour du prochain que vous leur avez enseignée. (Ch. XVI, n° 8.) Ecartez aussi de notre esprit la pensée de nier votre justice, en voyant la prospérité du méchant et le malheur qui accable parfois l'homme de bien. Nous savons maintenant, grâce aux nouvelles lumières qu'il vous a plu de nous donner, que votre justice reçoit toujours son accomplissement et ne fait défaut à personne ; que la prospérité matérielle du méchant est éphémère comme son existence corporelle, et qu'elle aura de terribles retours, tandis que la joie réservée à celui qui souffre avec résignation sera éternelle. (Ch. V, n° 7, 9, 12, 18.)

V. Remettez-nous nos dettes comme nous les remettons à ceux qui nous doivent. - Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Chacune de nos infractions à vos lois, Seigneur, est une offense envers vous, et une dette contractée qu'il nous faudra tôt ou tard acquitter. Nous en sollicitons la remise de votre infinie miséricorde, sous la promesse de faire nos efforts pour n'en pas contracter de nouvelles.

Vous nous avez fait une loi expresse de la charité ; mais la charité ne consiste pas seulement à assister son semblable dans le besoin ; elle est aussi dans l'oubli et le pardon des offenses. De quel droit réclamerions-nous votre indulgence, si nous en manquons nous-mêmes à l'égard de ceux dont nous avons à nous plaindre ?

Donnez-nous, ô mon Dieu, la force d'étouffer dans notre âme tout ressentiment, toute haine et toute rancune ; faites que la mort ne nous surprenne pas avec un désir de vengeance dans le coeur. S'il vous plaît de nous retirer aujourd'hui même d'ici-bas, faites que nous puissions nous présenter à vous purs de toute animosité, à l'exemple du Christ, dont les dernières paroles furent pour ses bourreaux. (Ch. X.)

Les persécutions que nous font endurer les méchants font partie de nos épreuves terrestres ; nous devons les accepter sans murmure, comme toutes les autres épreuves, et ne pas maudire ceux qui, par leurs méchancetés, nous frayent le chemin du bonheur éternel, car vous nous avez dit, par la bouche de Jésus : «Bienheureux ceux qui souffrent pour la justice !» Bénissons donc la main qui nous frappe et nous humilie, car les meurtrissures du corps fortifient notre âme, et nous serons relevés de notre humilité. (Ch. XII, n° 4.)

Béni soit votre nom, Seigneur, de nous avoir appris que notre sort n'est point irrévocablement fixé après la mort ; que nous trouverons dans d'autres existences les moyens de racheter et de réparer nos fautes passées, d'accomplir dans une nouvelle vie ce que nous ne pouvons faire en celle-ci pour notre avancement. (Ch. IV ; ch. V, n° 5.)

Par là s'expliquent enfin toutes les anomalies apparentes de la vie ; c'est la lumière jetée sur notre passé et notre avenir, le signe éclatant de votre souveraine justice et de votre bonté infinie.

VI. Ne nous abandonnez point à la tentation, mais délivrez-nous du mal.

Donnez-nous, Seigneur, la force de résister aux suggestions des mauvais Esprits qui tenteraient de nous détourner de la voie du bien en nous inspirant de mauvaises pensées.

Mais nous sommes nous-mêmes des Esprits imparfaits, incarnés sur cette terre pour expier et nous améliorer. La cause première du mal est en nous, et les mauvais Esprits ne font que profiter de nos penchants vicieux, dans lesquels ils nous entretiennent, pour nous tenter.

Chaque imperfection est une porte ouverte à leur influence, tandis qu'ils sont impuissants et renoncent à toute tentative contre les êtres parfaits. Tout ce que nous pourrions faire pour les écarter est inutile, si nous ne leur opposons une volonté inébranlable dans le bien, et un renoncement absolu au mal. C'est donc contre nous-mêmes qu'il faut diriger nos efforts, et alors les mauvais Esprits s'éloigneront naturellement, car c'est le mal qui les attire, tandis que le bien les repousse. (V. ci-après, Prières pour les obsédés.)

Seigneur, soutenez-nous dans notre faiblesse ; inspirez-nous, par la voix de nos anges gardiens et des bons Esprits, la volonté de nous corriger de nos imperfections, afin de fermer aux Esprits impurs l'accès de notre âme. (V. ci-après, n° 11.)

Le mal n'est point votre ouvrage, Seigneur, car la source de tout bien ne peut rien engendrer de mauvais ; c'est nous-mêmes qui le créons en enfreignant vos lois, et par le mauvais usage que nous faisons de la liberté que vous nous avez donnée. Quand les hommes observeront vos lois, le mal disparaîtra de la terre, comme il a déjà disparu dans les mondes plus avancés.

Le mal n'est une nécessité fatale pour personne, et il ne paraît irrésistible qu'à ceux qui s'y abandonnent avec complaisance. Si nous avons la volonté de le faire, nous pouvons avoir aussi celle de faire le bien ; c'est pourquoi, ô mon Dieu, nous demandons votre assistance et celle des bons Esprits pour résister à la tentation.

VII. Ainsi soit-il.

Plaise à vous, Seigneur, que nos désirs s'accomplissent ! Mais nous nous inclinons devant votre sagesse infinie. Sur toutes les choses qu'il ne nous est pas donné de comprendre, qu'il soit fait selon votre sainte volonté, et non selon la nôtre, car vous ne voulez que notre bien, et vous savez mieux que nous ce qui nous est utile.

Nous vous adressons cette prière, ô mon Dieu ! pour nous-mêmes ; nous vous l'adressons aussi pour toutes les âmes souffrantes, incarnées ou désincarnées, pour nos amis et nos ennemis, pour tous ceux qui réclament notre assistance, et en particulier pour N....

Nous appelons sur tous votre miséricorde et votre bénédiction.

Nota. On peut formuler ici ce dont on remercie Dieu, et ce que l'on demande pour soi-même ou pour autrui. (Voir ci-après les prières n° 26, 27.)

 

Réunions spirites

4. En quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, je m'y trouve au milieu d'elles. (Saint Matthieu, ch. XVIII, v. 20.)

5. PREFACE. Etre assemblés au nom de Jésus ne veut pas dire qu'il suffit d'être réunis matériellement, mais de l'être spirituellement, par la communauté d'intention et de pensées pour le bien ; alors Jésus se trouve au milieu de l'assemblée, lui ou les purs Esprits qui le représentent. Le Spiritisme nous fait comprendre comment les Esprits peuvent être parmi nous. Ils y sont avec leur corps fluidique ou spirituel, et avec l'apparence qui nous les ferait connaître s'ils se rendaient visibles. Plus ils sont élevés dans la hiérarchie, plus est grande leur puissance de rayonnement ; c'est ainsi qu'ils possèdent le don d'ubiquité et qu'ils peuvent se trouver sur plusieurs points simultanément : il suffit pour cela d'un rayon de leur pensée.

Par ces paroles, Jésus a voulu montrer l'effet de l'union et de la fraternité ; ce n'est pas le plus ou moins grand nombre qui l'attire, puisque, au lieu de deux ou trois personnes, il aurait pu dire dix ou vingt, mais le sentiment de charité qui les anime à l'égard les unes des autres ; or, pour cela, il suffit qu'il y en ait deux. Mais si ces deux personnes prient chacune de leur côté, bien qu'elles s'adressent à Jésus, il n'y a point entre elles communion de pensées, si surtout elles ne sont pas mues par un sentiment de bienveillance mutuelle ; si même elles se voient d'un mauvais oeil, avec haine, envie ou jalousie, les courants fluidiques de leurs pensées se repoussent au lieu de s'unir par un commun élan de sympathie, et alors Elles ne sont point assemblées au nom de Jésus ; Jésus n'est que le prétexte de la réunion, et non le véritable mobile. (Ch. XXVII, n° 9.)

Ceci n'implique point qu'il soit sourd à la voix d'une seule personne ; s'il n'a point dit : «Je viendrai vers quiconque m'appellera,» c'est qu'il exige avant tout l'amour du prochain dont on peut donner plus de preuves quand on est plusieurs que dans l'isolement, et que tout sentiment personnel l'éloigne ; il s'ensuit que si, dans une assemblée nombreuse, deux ou trois personnes seulement s'unissent de coeur par le sentiment d'une véritable charité, tandis que les autres s'isolent et se concentrent dans des pensées égoïstes ou mondaines, il sera avec les premières et non avec les autres. Ce n'est donc pas la simultanéité des paroles, des chants ou des actes extérieurs qui constitue la réunion au nom de Jésus, mais la communion de pensées conformes à l'esprit de charité personnifié dans Jésus. (Ch. X, n° 7, 8 ; ch. XXVII, n° 2, 3, 4.)

Tel doit être le caractère des réunions spirites sérieuses, de celles où l'on veut sincèrement le concours des bons Esprits.

6. PRIERE. (Au commencement de la réunion). - Nous prions le Seigneur Dieu Tout-Puissant de nous envoyer de bons Esprits pour nous assister, d'éloigner ceux qui pourraient nous induire en erreur, et de nous donner la lumière nécessaire pour distinguer la vérité de l'imposture.

Ecartez aussi les Esprits malveillants, incarnés ou désincarnés, qui pourraient tenter de jeter la désunion parmi nous, et nous détourner de la charité et de l'amour du prochain. Si quelques-uns cherchaient à s'introduire ici, faites qu'ils ne trouvent accès dans le coeur d'aucun de nous.

Bons Esprits qui daignez venir nous instruire, rendez-nous dociles à vos conseils ; détournez-nous de toute pensée d'égoïsme, d'orgueil, d'envie et de jalousie ; inspirez-nous l'indulgence et la bienveillance pour nos semblables présents ou absents, amis ou ennemis ; faites enfin qu'aux sentiments dont nous serons animés, nous reconnaissions votre salutaire influence.

Donnez aux médiums que vous chargerez de nous transmettre vos enseignements la conscience de la sainteté du mandat qui leur est confié et de la gravité de l'acte qu'ils vont accomplir, afin qu'ils y apportent la ferveur et le recueillement nécessaires.

Si, dans l'assemblée, il se trouvait des personnes qui y fussent attirées par d'autres sentiments que celui du bien, ouvrez leurs yeux à la lumière, et pardonnez-leur, comme nous leur pardonnons si elles venaient avec des intentions malveillantes.

Nous prions notamment l'Esprit de N..., notre guide spirituel, de nous assister et de veiller sur nous.

7. (A la fin de la réunion). - Nous remercions les bons Esprits qui ont bien voulu venir se communiquer à nous ; nous les prions de nous aider à mettre en pratique les instructions qu'ils nous ont données, et de faire qu'en sortant d'ici chacun de nous se sente fortifié dans la pratique du bien et de l'amour du prochain.

Nous désirons également que ces instructions soient profitables aux Esprits souffrants, ignorants ou vicieux, qui ont pu assister à cette réunion, et sur lesquels nous appelons la miséricorde de Dieu.

 

Pour les médiums

8. Dans les derniers temps, dit le Seigneur, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront ; vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards des songes. - En ces jours-là je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront. (Actes, ch. II, v. 17, 18.)

9. PREFACE. Le Seigneur a voulu que la lumière se fît pour tous les hommes et pénétrât partout par la voix des Esprits, afin que chacun pût acquérir la preuve de l'immortalité ; c'est dans ce but que les Esprits se manifestent aujourd'hui sur tous les points de la terre, et la médiumnité qui se révèle chez des personnes de tous âges et de toutes conditions, chez les hommes et chez les femmes, chez les enfants et chez les vieillards, est un des signes de l'accomplissement des temps prédits.

Pour connaître les choses du monde visible et découvrir les secrets de la nature matérielle, Dieu a donné à l'homme la vue du corps, les sens et des instruments spéciaux ; avec le télescope il plonge ses regards dans les profondeurs de l'espace, et avec le microscope il a découvert le monde des infiniment petits. Pour pénétrer dans le monde invisible, il lui a donné la médiumnité.

Les médiums sont les interprètes chargés de transmettre aux hommes les enseignements des Esprits ; ou mieux, ce sont les organes matériels par lesquels s'expriment les Esprits pour se rendre intelligibles aux hommes. Leur mission est sainte, car elle a pour but d'ouvrir les horizons de la vie éternelle.

Les Esprits viennent instruire l'homme sur ses destinées futures, afin de le ramener dans la voie du bien, et non pour lui épargner le travail matériel qu'il doit accomplir ici-bas pour son avancement, ni pour favoriser son ambition et sa cupidité. Voilà ce dont les médiums doivent se bien pénétrer, pour ne pas mésuser de leur faculté. Celui qui comprend la gravité du mandat dont il est investi, l'accomplit religieusement ; sa conscience lui reprocherait, comme un acte sacrilège, de faire un amusement et une distraction, pour lui ou les autres, d'une faculté donnée dans un but aussi sérieux, et qui le met en rapport avec les êtres d'outre-tombe.

Comme interprètes de l'enseignement des Esprits, les médiums doivent jouer un rôle important dans la transformation morale qui s'opère ; les services qu'ils peuvent rendre sont en raison de la bonne direction qu'ils donnent à leur faculté, car ceux qui sont dans une mauvaise voie sont plus nuisibles qu'utiles à la cause du Spiritisme ; par les mauvaises impressions qu'ils produisent, ils retardent plus d'une conversion. C'est pourquoi il leur sera demandé compte de l'usage qu'ils auront fait d'une faculté qui leur avait été donnée pour le bien de leurs semblables.

Le médium qui veut conserver l'assistance des bons Esprits doit travailler à sa propre amélioration ; celui qui veut voir grandir et développer sa faculté doit lui-même grandir moralement, et s'abstenir de tout ce qui tendrait à la détourner de son but providentiel.

Si les bons Esprits se servent parfois d'instruments imparfaits, c'est pour donner de bons conseils et tâcher de les ramener au bien ; mais s'ils trouvent des coeurs endurcis, et si leurs avis ne sont pas écoutés, ils se retirent, et les mauvais ont alors le champ libre. (Ch. XXIV, n° 11 , 12).

L'expérience prouve que, chez ceux qui ne mettent pas à profit les conseils qu'ils reçoivent des bons Esprits, les communications, après avoir jeté quelque éclat pendant un certain temps, dégénèrent peu à peu, et finissent par tomber dans l'erreur, le verbiage ou le ridicule, signe incontestable de l'éloignement des bons Esprits.

Obtenir l'assistance des bons Esprits, écarter les Esprits légers et menteurs, tel doit être l'objet des efforts constants de tous les médiums sérieux ; sans cela la médiumnité est une faculté stérile, qui peut même tourner au préjudice de celui qui la possède, car elle peut dégénérer en obsession dangereuse.

Le médium qui comprend son devoir, au lieu de s'enorgueillir d'une faculté qui ne lui appartient pas, puisqu'elle peut lui être retirée, rapporte à Dieu les bonnes choses qu'il obtient. Si ses communications méritent des éloges, il n'en tire pas vanité, parce qu'il sait qu'elles sont indépendantes de son mérite personnel, et il remercie Dieu d'avoir permis que de bons Esprits vinssent se manifester à lui. Si elles donnent lieu à la critique, il ne s'en offense pas, parce qu'elles ne sont pas l'oeuvre de son propre Esprit ; il se dit qu'il n'a pas été un bon instrument, et qu'il ne possède pas toutes les qualités nécessaires pour s'opposer à l'immixtion des mauvais Esprits ; c'est pourquoi il cherche à acquérir ces qualités, et demande, par la prière, la force qui lui manque.

10. PRIERE - Dieu Tout-Puissant, permettez aux bons Esprits de m'assister dans la communication que je sollicite. Préservez-moi de la présomption de me croire à l'abri des mauvais Esprits ; de l'orgueil qui pourrait m'abuser sur la valeur de ce que j'obtiens ; de tout sentiment contraire à la charité à l'égard des autres médiums. Si je suis induit en erreur, inspirez à quelqu'un la pensée de m'en avertir, et à moi l'humilité qui me fera accepter la critique avec reconnaissance, et prendre pour moi-même, et non pour les autres, les conseils que voudront bien me dicter les bons Esprits.

Si j'étais tenté d'abuser en quoi que ce soit, ou de tirer vanité de la faculté qu'il vous a plu de m'accorder, je vous prie de me la retirer, plutôt que de permettre qu'elle soit détournée de son but providentiel, qui est le bien de tous, et mon propre avancement moral.

 

II. PRIERES POUR SOI-MEME

Aux Anges gardiens et aux Esprits protecteurs

11. PREFACE. Nous avons tous un bon Esprit qui s'est attaché à nous dès notre naissance et nous a pris sous sa protection. Il remplit auprès de nous la mission d'un père auprès de son enfant : celle de nous conduire dans la voie du bien et du progrès à travers les épreuves de la vie. Il est heureux quand nous répondons à sa sollicitude ; il gémit quand il nous voit succomber.

Son nom nous importe peu, car il peut n'avoir point de nom connu sur la terre ; nous l'invoquons alors comme notre ange gardien, notre bon génie ; nous pouvons même l'invoquer sous le nom d'un Esprit supérieur quelconque pour lequel nous nous sentons plus particulièrement de la sympathie.

Outre notre ange gardien, qui est toujours un Esprit supérieur, nous avons des Esprits protecteurs qui, pour être moins élevés, n'en sont pas moins bons et bienveillants ; ce sont, ou des parents, ou des amis, ou quelquefois des personnes que nous n'avons pas connues dans notre existence actuelle. Ils nous assistent par leurs conseils, et souvent par leur intervention dans les actes de notre vie.

Les Esprits sympathiques sont ceux qui s'attachent à nous par une certaine similitude de goûts et de penchants ; ils peuvent être bons ou mauvais, selon la nature des inclinations qui les attirent vers nous.

Les Esprits séducteurs s'efforcent de nous détourner de la voie du bien, en nous suggérant de mauvaises pensées. Ils profitent de toutes nos faiblesses comme d'autant de portes ouvertes qui leur donnent accès dans notre âme. Il en est qui s'acharnent après nous comme sur une proie, mais ils s'éloignent lorsqu'ils reconnaissent leur impuissance à lutter contre notre volonté.

Dieu nous a donné un guide principal et supérieur dans notre ange gardien, et des guides secondaires dans nos Esprits protecteurs et familiers ; mais c'est une erreur de croire que nous avons forcément un mauvais génie placé près de nous pour contrebalancer les bonnes influences. Les mauvais Esprits viennent volontairement, selon qu'ils trouvent prise sur nous par notre faiblesse ou notre négligence à suivre les inspirations des bons Esprits ; c'est donc nous qui les attirons. Il en résulte qu'on n'est jamais privé de l'assistance des bons Esprits, et qu'il dépend de nous d'écarter les mauvais. Par ses imperfections, l'homme étant la première cause des misères qu'il endure est le plus souvent son propre mauvais génie. (Ch. V, n° 4).

La prière aux anges gardiens et aux Esprits protecteurs doit avoir pour but de solliciter leur intervention auprès de Dieu, de leur demander la force de résister aux mauvaises suggestions, et leur assistance dans les besoins de la vie.

12. PRIERE.- Esprits sages et bienveillants, messagers de Dieu, dont la mission est d'assister les hommes et de les conduire dans la bonne voie, soutenez-moi dans les épreuves de cette vie ; donnez-moi la force de les subir sans murmure ; détournez de moi les mauvaises pensées, et faites que je ne donne accès à aucun des mauvais Esprits qui tenteraient de m'induire au mal. Eclairez ma conscience sur mes défauts, et levez de dessus mes yeux le voile de l'orgueil qui pourrait m'empêcher de les apercevoir et de me les avouer à moi-même.

Vous surtout, N..., mon ange gardien, qui veillez plus particulièrement sur moi, et vous tous, Esprits protecteurs qui vous intéressez à moi, faites que je me rende digne de votre bienveillance. Vous connaissez mes besoins, qu'il y soit satisfait selon la volonté de Dieu.

13. (Autre). - Mon Dieu, permettez aux bons Esprits qui m'entourent de venir à mon aide lorsque je suis dans la peine, et de me soutenir si je chancelle. Faites, Seigneur, qu'ils m'inspirent la foi, l'espérance et la charité ; qu'ils soient pour moi un appui, un espoir et une preuve de votre miséricorde ; faites enfin que je trouve près d'eux la force qui me manque dans les épreuves de la vie, et, pour résister aux suggestions du mal, la foi qui sauve et l'amour qui console.

14. (Autre). - Esprits bien-aimés, anges gardiens, vous à qui Dieu, dans son infinie miséricorde, permet de veiller sur les hommes, soyez nos protecteurs dans les épreuves de notre vie terrestre. Donnez-nous la force, le courage et la résignation ; inspirez-nous tout ce qui est bon, retenez-nous sur la pente du mal ; que votre douce influence pénètre notre âme ; faites que nous sentions qu'un ami dévoué est là, près de nous, qu'il voit nos souffrances et partage nos joies.

Et vous, mon bon ange, ne m'abandonnez pas ; j'ai besoin de toute votre protection pour supporter avec foi et amour les épreuves qu'il plaira à Dieu de m'envoyer.

 

Pour éloigner les mauvais Esprits

15. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et que vous êtes au-dedans pleins de rapines et d'impuretés. - Pharisiens aveugles, nettoyez premièrement le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors en soit net aussi. - Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites ! parce que vous êtes semblables à des sépulcres blanchis, qui au-dehors paraissent beaux aux yeux des hommes, mais qui, au-dedans, sont pleins de toutes sortes de pourriture. - Ainsi, au-dehors vous paraissez justes aux yeux des hommes, mais au-dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquités. (Saint Matthieu, ch. XIII, v. 25 à 28.)

16. PREFACE. Les mauvais Esprits ne vont que là où ils trouvent à satisfaire leur perversité ; pour les éloigner, il ne suffit pas de le demander, ni même de le leur commander : il faut ôter de soi ce qui les attire. Les mauvais Esprits flairent les plaies de l'âme, comme les mouches flairent les plaies du corps ; de même que vous nettoyez le corps pour éviter la vermine, nettoyez aussi l'âme de ses impuretés pour éviter les mauvais Esprits. Comme nous vivons dans un monde où pullulent les mauvais Esprits, les bonnes qualités du coeur ne mettent pas toujours à l'abri de leurs tentatives, mais elles donnent la force de leur résister.

17. PRIERE. - Au nom de Dieu Tout-Puissant, que les mauvais Esprits s'éloignent de moi, et que les bons me servent de rempart contre eux !

Esprits malfaisants qui inspirez aux hommes de mauvaises pensées ; Esprits fourbes et menteurs qui les trompez ; Esprits moqueurs qui vous jouez de leur crédulité, je vous repousse de toutes les forces de mon âme et ferme l'oreille à vos suggestions ; mais j'appelle sur vous la miséricorde de Dieu.

Bons Esprits qui daignez m'assister, donnez-moi la force de résister à l'influence des mauvais Esprits, et les lumières nécessaires pour n'être pas dupe de leurs fourberies. Préservez-moi de l'orgueil et de la présomption ; écartez de mon coeur la jalousie, la haine, la malveillance et tout sentiment contraire à la charité, qui sont autant de portes ouvertes à l'Esprit du mal.

 

Pour demander à se corriger d'un défaut

18. PREFACE. Nos mauvais instincts sont le résultat de l'imperfection de notre propre Esprit, et non de notre organisation, autrement l'homme échapperait à toute espèce de responsabilité. Notre amélioration dépend de nous, car tout homme qui a la jouissance de ses facultés a, pour toutes choses, la liberté de faire ou de ne pas faire ; il ne lui manque, pour faire le bien, que la volonté. (Ch. XV, n°10 ; ch. XIX, n°12.)

19. PRIERE. - Vous m'avez donné, ô mon Dieu, l'intelligence nécessaire pour distinguer ce qui est bien de ce qui est mal ; or, du moment que je reconnais qu'une chose est mal, je suis coupable de ne pas m'efforcer d'y résister.

Préservez-moi de l'orgueil qui pourrait m'empêcher de m'apercevoir de mes défauts, et des mauvais Esprits qui pourraient m'exciter à y persévérer.

Parmi mes imperfections, je reconnais que je suis particulièrement enclin à ..., et si je ne résiste pas à cet entraînement, c'est par l'habitude que j'ai contractée d'y céder.

Vous ne m'avez pas créé coupable, parce que vous êtes juste, mais avec une aptitude égale pour le bien et pour le mal ; si j'ai suivi la mauvaise voie, c'est par un effet de mon libre arbitre. Mais par la raison que j'ai eu la liberté de faire le mal, j'ai celle de faire le bien, par conséquent j'ai celle de changer de route.

Mes défauts actuels sont un reste des imperfections que j'ai gardées de mes précédentes existences ; c'est mon péché originel dont je puis me débarrasser par ma volonté et avec l'assistance des bons Esprits.

Bons Esprits qui me protégez, et vous surtout mon ange gardien, donnez-moi la force de résister aux mauvaises suggestions, et de sortir victorieux de la lutte.

Les défauts sont les barrières qui nous séparent de Dieu, et chaque défaut dompté est un pas fait dans la voie de l'avancement qui doit me rapprocher de lui.

Le Seigneur, dans son infinie miséricorde, a daigné m'accorder l'existence actuelle pour qu'elle servît à mon avancement ; bons Esprits, aidez-moi à la mettre à profit, afin qu'elle ne soit pas perdue pour moi, et que, lorsqu'il plaira à Dieu de m'en retirer, j'en sorte meilleur que je n'y suis entré. (Ch. V, n°5 ; ch. XVII, n°3.)

 

Pour demander à résister à une tentation

20. PREFACE. Toute mauvaise pensée peut avoir deux sources : la propre imperfection de notre âme, ou une funeste influence qui agit sur elle ; dans ce dernier cas, c'est toujours l'indice d'une faiblesse qui nous rend propres à recevoir cette influence, et par conséquent d'une âme imparfaite ; de telle sorte que celui qui faillit ne saurait invoquer pour excuse l'influence d'un Esprit étranger, puisque cet Esprit ne l'aurait point sollicité au mal, s'il l'avait jugé inaccessible à la séduction.

Quand une mauvaise pensée surgit en nous, nous pouvons donc nous représenter un Esprit malveillant nous sollicitant au mal, et auquel nous sommes tout aussi libres de céder ou de résister que s'il s'agissait des sollicitations d'une personne vivante. Nous devons en même temps nous représenter notre ange gardien, ou Esprit protecteur qui, de son côté, combat en nous la mauvaise influence, et attend avec anxiété la décision que nous allons prendre. Notre hésitation à faire le mal est la voix du bon Esprit qui se fait entendre par la conscience.

On reconnaît qu'une pensée est mauvaise quand elle s'écarte de la charité, qui est la base de toute vraie morale ; quand elle a pour principe l'orgueil, la vanité ou l'égoïsme ; quand sa réalisation peut causer un préjudice quelconque à autrui ; quand, enfin, elle nous sollicite à faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît. (Ch. XXVIII, n°15 ; ch. XV, n°10.)

21. PRIERE. - Dieu Tout-Puissant, ne me laissez pas succomber à la tentation que j'ai de faillir. Esprits bienveillants qui me protégez, détournez de moi cette mauvaise pensée, et donnez-moi la force de résister à la suggestion du mal. Si je succombe, j'aurai mérité l'expiation de ma faute en cette vie et en l'autre, parce que je suis libre de choisir.

 

Action de grâces pour une victoire obtenue sur une tentation

22. PREFACE. Celui qui a résisté à une tentation le doit à l'assistance des bons Esprits dont il a écouté la voix. Il doit en remercier Dieu et son ange gardien.

23. PRIERE. - Mon Dieu, je vous remercie de m'avoir permis de sortir victorieux de la lutte que je viens de soutenir contre le mal ; faites que cette victoire me donne la force de résister à de nouvelles tentations.

Et vous, mon ange gardien, je vous remercie de l'assistance que vous m'avez donnée. Puisse ma soumission à vos conseils me mériter de nouveau votre protection !

 

Pour demander un conseil

24. PREFACE. Lorsque nous sommes indécis de faire ou de ne pas faire une chose, nous devons avant tout nous poser à nous-mêmes les questions suivantes :

1° La chose que j'hésite à faire peut-elle porter un préjudice quelconque à autrui ?

2° Peut-elle être utile à quelqu'un ?

3° Si quelqu'un faisait cette chose à mon égard, en serais-je satisfait ?

Si la chose n'intéresse que soi, il est permis de mettre en balance la somme des avantages et des inconvénients personnels qui peuvent en résulter.

Si elle intéresse autrui, et qu'en faisant du bien à l'un elle puisse faire du mal à un autre, il faut également peser la somme du bien et du mal pour s'abstenir ou agir.

Enfin, même pour les meilleures choses, il faut encore considérer l'opportunité et les circonstances accessoires, car une chose bonne en elle-même peut avoir de mauvais résultats entre des mains inhabiles, et si elle n'est pas conduite avec prudence et circonspection. Avant de l'entreprendre, il convient de consulter ses forces et ses moyens d'exécution.

Dans tous les cas, on peut toujours réclamer l'assistance de ses Esprits protecteurs en se souvenant de cette sage maxime : Dans le doute, abstiens-toi. (Ch. XXVIII, n°38.)

25. PRIERE. - Au nom de Dieu Tout-Puissant, bons Esprits qui me protégez, inspirez-moi la meilleure résolution à prendre dans l'incertitude où je suis. Dirigez ma pensée vers le bien, et détournez l'influence de ceux qui tenteraient de m'égarer.

 

Dans les afflictions de la vie

26. PREFACE. Nous pouvons demander à Dieu des faveurs terrestres, et il peut nous les accorder lorsqu'elles ont un but utile et sérieux ; mais comme nous jugeons l'utilité des choses à notre point de vue, et que notre vue est bornée au présent, nous ne voyons pas toujours le mauvais côté de ce que nous souhaitons. Dieu, qui voit mieux que nous, et ne veut que notre bien, peut donc nous refuser, comme un père refuse à son enfant ce qui pourrait lui nuire. Si ce que nous demandons ne nous est pas accordé, nous ne devons en concevoir aucun découragement ; il faut penser, au contraire, que la privation de ce que nous désirons nous est imposée comme épreuve ou comme expiation, et que notre récompense sera proportionnée à la résignation avec laquelle nous l'aurons supportée. (Ch. XXVII, n°6 ; ch. 2, n°5, 6, 7.)

27. PRIERE. - Dieu Tout-Puissant qui voyez nos misères, daignez écouter favorablement les voeux que je vous adresse en ce moment. Si ma demande est inconsidérée, pardonnez-la-moi ; si elle est juste et utile à vos yeux, que les bons Esprits qui exécutent vos volontés me viennent en aide pour son accomplissement.

Quoi qu'il en advienne, mon Dieu, que votre volonté soit faite. Si mes désirs ne sont pas exaucés, c'est qu'il entre dans vos desseins de m'éprouver, et je me soumets sans murmure. Faites que je n'en conçoive aucun découragement, et que ni ma foi ni ma résignation n'en soient ébranlées.

(Formuler sa demande.)

 

Action de grâces pour une faveur obtenue

28. PREFACE. Il ne faut point considérer seulement comme des événements heureux les choses de grande importance ; les plus petites en apparence sont souvent celles qui influent le plus sur notre destinée. L'homme oublie aisément le bien, et se souvient plutôt de ce qui l'afflige. Si nous enregistrions jour par jour les bienfaits dont nous sommes l'objet, sans les avoir demandés, nous serions souvent étonnés d'en avoir tant reçu qui se sont effacés de notre mémoire, et humiliés de notre ingratitude.

Chaque soir, en élevant notre âme à Dieu, nous devons rappeler en nous-mêmes les faveurs qu'il nous a accordées pendant la journée, et l'en remercier. C'est surtout au moment même où nous éprouvons l'effet de sa bonté et de sa protection que, par un mouvement spontané, nous devons lui en témoigner notre gratitude ; il suffit pour cela d'une pensée lui reportant le bienfait, sans qu'il soit besoin de se détourner de son travail.

Les bienfaits de Dieu ne consistent pas seulement dans les choses matérielles ; il faut également le remercier des bonnes idées, des inspirations heureuses qui nous sont suggérées. Tandis que l'orgueilleux s'en fait un mérite, que l'incrédule les attribue au hasard, celui qui a la foi en rend grâce à Dieu et aux bons Esprits. Pour cela, de longues phrases sont inutiles : «Merci, mon Dieu, de la bonne pensée qui m'est inspirée,» en dit plus que beaucoup de paroles. L'élan spontané qui nous fait reporter à Dieu ce qui nous arrive de bien témoigne d'une habitude de reconnaissance et d'humilité qui nous concilie la sympathie des bons Esprits. (Ch. XXVII, n°7, 8.)

29. PRIERE. - Dieu infiniment bon, que votre nom soit béni pour les bienfaits que vous m'avez accordés ; j'en serais indigne si je les attribuais au hasard des événements ou à mon propre mérite.

Bons Esprits qui avez été les exécuteurs des volontés de Dieu, et vous surtout, mon ange gardien, je vous remercie. Détournez de moi la pensée d'en concevoir de l'orgueil, et d'en faire un usage qui ne serait pas pour le bien.

Je vous remercie notamment de ....

 

Acte de soumission et de résignation

30. PREFACE. Quand un sujet d'affliction nous arrive, si nous en cherchons la cause, nous trouverons souvent qu'il est la suite de notre imprudence, de notre imprévoyance ou d'une action antérieure ; dans ce cas, nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes. Si la cause d'un malheur est indépendante de toute participation qui soit notre fait, c'est ou une épreuve pour cette vie, ou l'expiation d'une existence passée, et, dans ce dernier cas, la nature de l'expiation peut nous faire connaître la nature de la faute, car nous sommes toujours punis par où nous avons péché. (Ch. V, n°4, 6 et suivants.)

Dans ce qui nous afflige, nous ne voyons en général que le mal présent, et non les conséquences ultérieures favorables que cela peut avoir. Le bien est souvent la suite d'un mal passager, comme la guérison d'un malade est le résultat des moyens douloureux que l'on emploie pour l'obtenir. Dans tous les cas, nous devons nous soumettre à la volonté de Dieu, supporter avec courage les tribulations de la vie, si nous voulons qu'il nous en soit tenu compte, et que cette parole du Christ nous soit appliquée : Bienheureux ceux qui souffrent. (Ch. V, n°18.)

31. PRIERE. - Mon Dieu, vous êtes souverainement juste ; toute souffrance ici-bas doit donc avoir sa cause et son utilité. J'accepte le sujet d'affliction que je viens d'éprouver comme une expiation de mes fautes passées et une épreuve pour l'avenir.

Bons Esprits qui me protégez, donnez-moi la force de le supporter sans murmure ; faites qu'il soit pour moi un avertissement salutaire ; qu'il accroisse mon expérience ; qu'il combatte en moi l'orgueil, l'ambition, la sotte vanité et l'égoïsme, et qu'il contribue ainsi à mon avancement.

32. (Autre.) - Je sens, ô mon Dieu, le besoin de vous prier pour me donner la force de supporter les épreuves qu'il vous a plu de m'envoyer. Permettez que la lumière se fasse assez vive en mon esprit pour que j'apprécie toute l'étendue d'un amour qui m'afflige pour vouloir me sauver. Je me soumets avec résignation, ô mon Dieu ; mais, hélas ! la créature est si faible que, si vous ne me soutenez, je crains de succomber. Ne m'abandonnez pas, Seigneur, car sans vous je ne puis rien.

33. (Autre.) - J'ai levé mes regards vers toi, ô Eternel, et je me suis senti fortifié. Tu es ma force, ne m'abandonne pas ; ô Dieu ! je suis écrasé sous le poids de mes iniquités ! aide-moi ; tu connais la faiblesse de ma chair, et tu ne détournes pas tes regards de dessus moi !

Je suis dévoré d'une soif ardente ; fais jaillir la source d'eau vive, et je serai désaltéré. Que ma bouche ne s'ouvre que pour chanter tes louanges et non pour murmurer dans les afflictions de ma vie. Je suis faible, Seigneur, mais ton amour me soutiendra.

O Eternel ! toi seul es grand, toi seul es la fin et le but de ma vie. Ton nom soit béni, si tu me frappes, car tu es le maître et moi le serviteur infidèle ; je courberai mon front sans me plaindre, car toi seul es grand, toi seul es le but.

 

Dans un péril imminent

34. PREFACE. Par les dangers que nous courons, Dieu nous rappelle notre faiblesse et la fragilité de notre existence. Il nous montre que notre vie est entre ses mains, et qu'elle tient à un fil qui peut se briser au moment où nous nous y attendons le moins. Sous ce rapport, il n'y a de privilège pour personne, car le grand et le petit sont soumis aux mêmes alternatives.

Si l'on examine la nature et les conséquences du péril, on verra que le plus souvent ces conséquences, si elles se fussent accomplies, auraient été la punition d'une faute commise ou d'un devoir négligé.

35. PRIERE. - Dieu Tout-Puissant, et vous, mon ange gardien, secourez-moi ! Si je dois succomber, que la volonté de Dieu soit faite. Si je suis sauvé, que le reste de ma vie répare le mal que j'ai pu faire et dont je me repens.

 

Action de grâces après avoir échappé à un danger

36. PREFACE. Par le danger que nous avons couru, Dieu nous montre que nous pouvons d'un moment à l'autre être appelés à rendre compte de l'emploi que nous avons fait de la vie ; il nous avertit ainsi de rentrer en nous-mêmes et de nous amender.

37. PRIERE. - Mon Dieu, et vous, mon ange gardien, je vous remercie du secours que vous m'avez envoyé dans le péril qui m'a menacé. Que ce danger soit pour moi un avertissement, et qu'il m'éclaire sur les fautes qui ont pu me l'attirer. Je comprends, Seigneur, que ma vie est entre vos mains, et que vous pouvez me la retirer quand il vous plaira. Inspirez-moi, par les bons Esprits qui m'assistent, la pensée d'employer utilement le temps que vous m'accordez encore ici-bas.

Mon ange gardien, soutenez-moi dans la résolution que je prends de réparer mes torts et de faire tout le bien qui sera en mon pouvoir, afin d'arriver chargé de moins d'imperfections dans le monde des Esprits quand il plaira à Dieu de m'y appeler.

 

Au moment de s'endormir

38. PREFACE. Le sommeil est le repos du corps, mais l'Esprit n'a pas besoin de repos. Pendant que les sens sont engourdis, l'âme se dégage en partie de la matière, et jouit de ses facultés d'Esprit. Le sommeil a été donné à l'homme pour la réparation des forces organiques et pour celle des forces morales. Pendant que le corps récupère les éléments qu'il a perdus par l'activité de la veille, l'Esprit va se retremper parmi les autres Esprits ; il puise dans ce qu'il voit, dans ce qu'il entend et dans les conseils qu'on lui donne, des idées qu'il retrouve au réveil à l'état d'intuition ; c'est le retour temporaire de l'exilé dans sa véritable patrie ; c'est le prisonnier momentanément rendu à la liberté.

Mais il arrive, comme pour le prisonnier pervers, que l'Esprit ne met pas toujours à profit ce moment de liberté pour son avancement ; s'il a de mauvais instincts, au lieu de chercher la compagnie des bons Esprits, il cherche celle de ses pareils, et va visiter les lieux où il peut donner un libre cours à ses penchants.

Que celui qui est pénétré de cette vérité élève sa pensée au moment où il sent les approches du sommeil ; qu'il fasse appel aux conseils des bons Esprits et de ceux dont la mémoire lui est chère, afin qu'ils viennent se réunir à lui dans le court intervalle qui lui est accordé, et au réveil il se sentira plus de force contre le mal, plus de courage contre l'adversité.

39. PRIERE. - Mon âme va se trouver un instant avec les autres Esprits. Que ceux qui sont bons viennent m'aider de leurs conseils. Mon ange gardien, faites qu'à mon réveil j'en conserve une impression durable et salutaire.

 

En prévision de sa mort prochaine

40. PREFACE. La foi en l'avenir, l'élévation de la pensée, pendant la vie, vers les destinées futures, aident au prompt dégagement de l'Esprit, en affaiblissant les liens qui le retiennent au corps, et souvent la vie corporelle n'est point encore éteinte que l'âme, impatiente, a déjà pris son essor vers l'immensité. Chez l'homme, au contraire, qui concentre toutes ses pensées sur les choses matérielles, ces liens sont plus tenaces, la séparation est pénible et douloureuse, et le réveil d'outre-tombe est plein de trouble et d'anxiété.

41. PRIERE. - Mon Dieu, je crois en vous et en votre bonté infinie ; c'est pourquoi je ne puis croire que vous avez donné à l'homme l'intelligence de vous connaître et l'aspiration vers l'avenir pour le plonger dans le néant.

Je crois que mon corps n'est que l'enveloppe périssable de mon âme, et que, lorsqu'il aura cessé de vivre, je me réveillerai dans le monde des Esprits.

Dieu Tout-Puissant, je sens se briser les liens qui unissent mon âme à mon corps, et bientôt je vais avoir à rendre compte de l'emploi de la vie que je quitte.

Je vais subir les conséquences du bien et du mal que j'ai fait ; là, il n'y a plus d'illusion, plus de subterfuge possible ; tout mon passé va se dérouler devant moi, et je serai jugé selon mes oeuvres.

Je n'emporterai rien des biens de la terre ; honneurs, richesses, satisfactions de la vanité et de l'orgueil, tout ce qui tient au corps enfin va rester ici-bas ; pas la moindre parcelle ne me suivra, et rien de tout cela ne me sera du moindre secours dans le monde des Esprits. Je n'emporterai avec moi que ce qui tient à l'âme, c'est-à-dire les bonnes et les mauvaises qualités qui seront pesées dans la balance d'une rigoureuse justice, et je serai jugé avec d'autant plus de sévérité que ma position sur la terre m'aura donné plus d'occasions de faire le bien que je n'ai pas fait. (Ch. XVI, n°9.)

Dieu de miséricorde, que mon repentir parvienne jusqu'à vous ! Daignez étendre sur moi votre indulgence.

S'il vous plaisait de prolonger mon existence, que le reste soit employé à réparer autant qu'il est en moi le mal que j'ai pu faire. Si mon heure est sonnée sans retour, j'emporte la pensée consolante qu'il me sera permis de me racheter par de nouvelles épreuves, afin de mériter un jour le bonheur des élus.

S'il ne m'est pas donné de jouir immédiatement de cette félicité sans mélange qui n'est le partage que du juste par excellence, je sais que l'espoir ne m'est pas interdit pour toujours, et qu'avec le travail j'arriverai au but, plus tôt ou plus tard, selon mes efforts.

Je sais que de bons Esprits et mon ange gardien sont là, près de moi, pour me recevoir ; dans peu je les verrai comme ils me voient. Je sais que je retrouverai ceux que j'ai aimés sur la terre, si je l'ai mérité, et que ceux que j'y laisse viendront me rejoindre pour être un jour tous à jamais réunis, et qu'en attendant je pourrai venir les visiter.

Je sais aussi que je vais retrouver ceux que j'ai offensés ; puissent-ils me pardonner ce qu'ils peuvent avoir à me rapprocher : mon orgueil, ma dureté, mes injustices, et ne pas m'accabler de honte par leur présence !

Je pardonne à ceux qui m'ont fait ou voulu du mal sur la terre ; je n'emporte aucune haine contre eux, et je prie Dieu de leur pardonner.

Seigneur, donnez-moi la force de quitter sans regrets les joies grossières de ce monde qui ne sont rien auprès des joies pures du monde où je vais entrer. Là, pour le juste, il n'est plus de tourments, plus de souffrances, plus de misères ; le coupable seul souffre, mais il lui reste l'espérance.

Bons Esprits, et vous, mon ange gardien, ne me laissez pas faillir en ce moment suprême ; faites luire à mes yeux la divine lumière, afin de ranimer ma foi si elle venait à s'ébranler.

Nota. - Voir ci-après paragraphe V : Prières pour les malades et les obsédés.

 

III. PRIERES POUR AUTRUI

Pour quelqu'un qui est dans l'affliction

42. S'il est dans l'intérêt de l'affligé que son épreuve suive son cours, elle ne sera pas abrégée à notre demande ; mais ce serait faire acte d'impiété si l'on se décourageait parce que la demande n'est pas exaucée ; d'ailleurs, à défaut de cessation de l'épreuve, on peut espérer obtenir quelque autre consolation qui en tempère l'amertume. Ce qui est véritablement utile pour celui qui est dans la peine, c'est le courage et la résignation, sans lesquels ce qu'il endure est sans profit pour lui, parce qu'il sera obligé de recommencer l'épreuve. C'est donc vers ce but qu'il faut surtout diriger ses efforts, soit en appelant les bons Esprits à son aide, soit en remontant soi-même le moral de l'affligé par des conseils et des encouragements, soit enfin en l'assistant matériellement, si cela se peut. La prière, dans ce cas, peut en outre avoir un effet direct, en dirigeant sur la personne un courant fluidique en vue de fortifier son moral. (Ch. V, n°5, 27 ; ch. XXVII, n°6, 10.)

43. PRIERE. - Mon Dieu, dont la bonté est infinie, daignez adoucir l'amertume de la position de N..., si telle peut être votre volonté.

Bons Esprits, au nom de Dieu Tout-Puissant, je vous supplie de l'assister dans ses afflictions. Si, dans son intérêt, elles ne peuvent lui être épargnées, faites-lui comprendre qu'elles sont nécessaires à son avancement. Donnez-lui la confiance en Dieu et en l'avenir qui les lui rendra moins amères. Donnez-lui aussi la force de ne pas succomber au désespoir qui lui en ferait perdre le fruit et rendrait sa position future encore plus pénible. Conduisez ma pensée vers lui, et qu'elle aide à soutenir son courage.

 

Action de grâces pour un bienfait accordé à autrui

44. PREFACE. Celui qui n'est pas dominé par l'égoïsme se réjouit du bien qui arrive à son prochain, alors même qu'il ne l'aurait pas sollicité par la prière.

45. PRIERE. - Mon Dieu, soyez béni pour le bonheur qui est arrivé à N...

Bons Esprits, faites qu'il y voie un effet de la bonté de Dieu. Si le bien qui lui arrive est une épreuve, inspirez-lui la pensée d'en faire un bon usage et de ne pas en tirer vanité, afin que ce bien ne tourne pas à son préjudice pour l'avenir.

Vous, mon bon génie qui me protégez et désirez mon bonheur, écartez de ma pensée tout sentiment d'envie et de jalousie.

 

Pour nos ennemis et ceux qui nous veulent du mal

46. PREFACE. Jésus a dit : Aimez même vos ennemis. Cette maxime est le sublime de la charité chrétienne ; mais par là Jésus n'entend point que nous devons avoir pour nos ennemis la tendresse que nous avons pour nos amis ; il nous dit par Ces paroles d'oublier leurs offenses, de leur pardonner le mal qu'ils nous font, de leur rendre le bien pour le mal. Outre le mérite qui en résulte aux yeux de Dieu, c'est montrer aux yeux des hommes la véritable supériorité. (Ch. XII, n°3, 4.)

47. PRIERE. - Mon Dieu, je pardonne à N... le mal qu'il m'a fait et celui qu'il a voulu me faire, comme je désire que vous me pardonniez et qu'il me pardonne lui-même les torts que je puis avoir. Si vous l'avez placé sur ma route comme une épreuve, que votre volonté soit faite.

Détournez de moi, ô mon Dieu, l'idée de le maudire et tout souhait malveillant contre lui. Faites que je n'éprouve aucune joie des malheurs qui pourraient lui arriver, ni aucune peine des biens qui pourront lui être accordés, afin de ne point souiller mon âme par des pensées indignes d'un chrétien.

Puisse votre bonté, Seigneur, en s'étendant sur lui, le ramener à de meilleurs sentiments envers moi !

Bons Esprits, inspirez-moi l'oubli du mal et le souvenir du bien. Que ni la haine, ni la rancune, ni le désir de lui rendre le mal pour le mal n'entrent dans mon coeur, car la haine et la vengeance n'appartiennent qu'aux mauvais Esprits incarnés et désincarnés ! Que je sois prêt, au contraire, à lui tendre une main fraternelle, à lui rendre le bien pour le mal, et à lui venir en aide si cela est en mon pouvoir !

Je désire, pour éprouver la sincérité de mes paroles, que l'occasion me soit offerte de lui être utile ; mais surtout, ô mon Dieu, préservez-moi de le faire par orgueil ou ostentation, en l'accablant par une générosité humiliante, ce qui me ferait perdre le fruit de mon action, car alors je mériterais que cette parole du Christ me fût appliquée : Vous avez déjà reçu votre récompense. (Ch. XIII, n°1 et suivants.)

 

Action de grâces pour le bien accordé à nos ennemis

48. PREFACE. Ne point souhaiter de mal à ses ennemis, c'est n'être charitable qu'à moitié ; la vraie charité veut que nous leur souhaitions du bien, et que nous soyons heureux de celui qui leur arrive. (Ch. XII, n°7, 8.)

49. PRIERE. - Mon Dieu, dans votre justice, vous avez cru devoir réjouir le coeur de N... Je vous en remercie pour lui, malgré le mal qu'il m'a fait ou qu'il a cherché à me faire. S'il en profitait pour m'humilier, je l'accepterais comme une épreuve pour ma charité.

Bons Esprits qui me protégez, ne permettez pas que j'en conçoive aucun regret ; détournez de moi l'envie et la jalousie qui abaissent ; inspirez-moi, au contraire, la générosité qui élève. L'humiliation est dans le mal et non dans le bien, et nous savons que, tôt ou tard, justice sera rendue à chacun selon ses oeuvres.

 

Pour les ennemis du Spiritisme

50. Bienheureux ceux qui sont affamés de justice, parce qu'ils seront rassasiés.

Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux.

Vous serez heureux lorsque les hommes vous chargeront de malédictions, et qu'ils vous persécuteront, et qu'ils diront faussement toutes sortes de mal contre vous à cause de moi. - Réjouissez-vous alors, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans les cieux, car c'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous. (Saint Matthieu, ch. V, v. 6, 10, 11, 12.)

Ne craignez point ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; mais craignez plutôt celui qui peut perdre l'âme et le corps dans l'enfer. (Saint Matthieu, ch. X, v. 28.)

51. PREFACE. De toutes les libertés, la plus inviolable est celle de penser, qui comprend aussi la liberté de conscience. Jeter l'anathème à ceux qui ne pensent pas comme nous, c'est réclamer cette liberté pour soi et la refuser aux autres, c'est violer le premier commandement de Jésus : la charité et l'amour du prochain. Les persécuter pour leur croyance, c'est attenter au droit le plus sacré qu'a tout homme de croire à ce qui lui convient, et d'adorer Dieu comme il l'entend. Les contraindre à des actes extérieurs semblables aux nôtres, c'est montrer qu'on tient plus à la forme qu'au fond, aux apparences qu'à la conviction. L'abjuration forcée n'a jamais donné la foi : elle ne peut faire que des hypocrites ; c'est un abus de la force matérielle qui ne prouve pas la vérité ; la vérité est sûre d'elle-même : elle convainc et ne persécute pas, parce qu'elle n'en a pas besoin.

Le Spiritisme est une opinion, une croyance ; fût-il même une religion, pourquoi n'aurait-on pas la liberté de se dire spirite comme on a celle de se dire catholique, juif ou protestant, partisan de telle ou telle doctrine philosophique, de tel ou tel système économique ? Cette croyance est fausse ou elle est vraie ; si elle est fausse, elle tombera d'elle-même, parce que l'erreur ne peut prévaloir contre la vérité quand la lumière se fait dans les intelligences ; si elle est vraie, la persécution ne la rendra pas fausse.

La persécution est le baptême de toute idée nouvelle grande et juste ; elle croît avec la grandeur et l'importance de l'idée. L'acharnement et la colère des ennemis de l'idée est en raison de la crainte qu'elle leur inspire. C'est pour cette raison que le Christianisme fut persécuté jadis et que le Spiritisme l'est aujourd'hui, avec cette différence, toutefois, que le Christianisme le fut par les Païens, tandis que le Spiritisme l'est par des Chrétiens. Le temps des persécutions sanglantes est passé, il est vrai, mais si on ne tue plus le corps, on torture l'âme ; on l'attaque jusque dans ses sentiments les plus intimes, dans ses affections les plus chères ; on divise les familles, on excite la mère contre la fille, la femme contre le mari ; on attaque même le corps dans ses besoins matériels en lui ôtant son gagne-pain pour le prendre par la famine. (Ch. XXIII, n°9 et suivants.)

Spirites, ne vous affligez point des coups qu'on vous porte, car ils prouvent que vous êtes dans la vérité, sans cela on vous laisserait tranquilles, et l'on ne vous frapperait pas. C'est une épreuve pour votre foi, car c'est à votre courage, à votre résignation, à votre persévérance que Dieu vous reconnaîtra parmi ses fidèles serviteurs, dont il fait aujourd'hui le dénombrement pour faire à chacun la part qui lui revient selon ses oeuvres.

A l'exemple des premiers Chrétiens, soyez donc fiers de porter votre croix. Croyez en la parole du Christ, qui a dit : «Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux. Ne craignez point ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme.» Il a dit aussi : «Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous font du mal, et priez pour ceux qui vous persécutent.» Montrez que vous êtes ses véritables disciples, et que votre doctrine est bonne en faisant ce qu'il dit et ce qu'il a fait lui-même.

La persécution n'aura qu'un temps ; attendez donc patiemment le lever de l'aurore, car déjà l'étoile du matin se montre à l'horizon. (Ch. XXIV, n°13 et suivants.)

52. PRIERE. - Seigneur, vous nous avez fait dire par la bouche de Jésus, votre Messie : «Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice ; pardonnez à vos ennemis ; priez pour ceux qui vous persécutent ;» et lui-même nous a montré le chemin en priant pour ses bourreaux.

A son exemple, mon Dieu, nous appelons votre miséricorde sur ceux qui méconnaissent vos divins préceptes, les seuls qui puissent assurer la paix en ce monde et en l'autre. Comme Christ, nous vous disons : «Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent ce qu'ils font.»

Donnez-nous la force de supporter avec patience et résignation, comme des épreuves pour notre foi et notre humilité, leurs railleries, leurs injures, leurs calomnies et leurs persécutions ; détournez-nous de toute pensée de représailles, car l'heure de votre justice sonnera pour tous, et nous l'attendons en nous soumettant à votre sainte volonté.

 

Prière pour un enfant qui vient de naître

53. PREFACE. Les Esprits n'arrivent à la perfection qu'après avoir passé par les épreuves de la vie corporelle ; ceux qui sont errants attendent que Dieu leur permette de reprendre une existence qui doit leur fournir un moyen d'avancement, soit par l'expiation de leurs fautes passées au moyen des vicissitudes auxquelles ils sont soumis, soit en remplissant une mission utile à l'humanité. Leur avancement et leur bonheur futur seront proportionnés à la manière dont ils auront employé le temps qu'ils doivent passer sur la terre. La charge de guider leurs premiers pas, et de les diriger vers le bien, est confiée à leurs parents, qui répondront devant Dieu de la manière dont ils auront accompli leur mandat. C'est pour en faciliter l'exécution que Dieu a fait de l'amour paternel et de l'amour filial une loi de la nature, loi qui n'est jamais violée impunément.

54. PRIERE. (Par les parents.) - Esprit qui s'est incarné dans le corps de notre enfant, sois le bienvenu parmi nous. Dieu Tout-Puissant qui l'avez envoyé, soyez béni.

C'est un dépôt qui nous est confié et dont nous devrons compte un jour. S'il appartient à la nouvelle génération des bons Esprits qui doivent peupler la terre, merci, ô mon Dieu, de cette faveur ! Si c'est une âme imparfaite, notre devoir est de l'aider à progresser dans la voie du bien par nos conseils et par nos bons exemples ; s'il tombe dans le mal par notre faute, nous en répondrons devant vous, car nous n'aurons pas accompli notre mission envers lui.

Seigneur, soutenez-nous dans notre tâche, et donnez-nous la force et la volonté de la remplir. Si cet enfant doit être un sujet d'épreuves pour nous, que votre volonté soit faite !

Bons Esprits qui êtes venus présider à sa naissance et qui devez l'accompagner pendant la vie, ne l'abandonnez pas. Ecartez de lui les mauvais Esprits qui tenteraient de l'induire au mal ; donnez-lui la force de résister à leurs suggestions, et le courage de subir avec patience et résignation les épreuves qui l'attendent sur la terre. (Ch. XIV, n° 9).

55. Autre. - Mon Dieu, vous m'avez confié le sort d'un de vos Esprits ; faites, Seigneur, que je sois digne de la tâche qui m'est imposée ; accordez-moi votre protection ; éclairez mon intelligence, afin que je puisse discerner de bonne heure les tendances de celui que je dois préparer à entrer dans votre paix.

56. Autre. - Dieu très bon, puisqu'il t'a plu de permettre à l'Esprit de cet enfant de venir de nouveau subir les épreuves terrestres destinées à le faire progresser, donne-lui la lumière, afin qu'il apprenne à te connaître, à t'aimer et à t'adorer. Fais, par ta toute-puissance, que cette âme se régénère à la source de tes divines instructions, que, sous l'égide de son ange gardien, son intelligence grandisse, se développe et le fasse aspirer à se rapprocher de plus en plus de toi ; que la science du Spiritisme soit la brillante lumière qui l'éclaire à travers les écueils de la vie ; qu'il sache enfin apprécier toute l'étendue de ton amour qui nous éprouve pour nous purifier.

Seigneur, jette un regard paternel sur la famille à laquelle tu as confié cette âme ; puisse-t-elle comprendre l'importance de sa mission, et faire germer en cet enfant les bonnes semences jusqu'au jour où il pourra, par ses propres aspirations, s'élever seul vers toi.

Daigne, ô mon Dieu, exaucer cette humble prière au nom et par les mérites de Celui qui a dit : «Laissez venir à moi les petits enfants, car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent.»

 

Pour un agonisant

57. PREFACE. L'agonie est le prélude de la séparation de l'âme et du corps ; on peut dire qu'à ce moment l'homme n'a plus qu'un pied en ce monde, et qu'il en a déjà un dans l'autre. Ce passage est quelquefois pénible pour ceux qui tiennent à la matière et ont plus vécu pour les biens de ce monde que pour ceux de l'autre, ou dont la conscience est agitée par les regrets et les remords ; pour ceux, au contraire, dont les pensées se sont élevées vers l'infini, et se sont détachées de la matière, les liens sont moins difficiles à rompre, et les derniers moments n'ont rien de douloureux ; l'âme alors ne tient au corps que par un fil, tandis que, dans l'autre position, elle y tient par de profondes racines ; dans tous les cas la prière exerce une action puissante sur le travail de la séparation. (V. ci-après, Prières pour les malades. - Ciel et Enfer, 2° part., ch. I, Le passage).

58. PRIERE. - Dieu puissant et miséricordieux, voilà une âme qui quitte son enveloppe terrestre pour retourner dans le monde des Esprits, sa véritable patrie ; puisse-t-elle y rentrer en paix et votre miséricorde s'étendre sur elle.

Bons Esprits qui l'avez accompagnée sur la terre, ne l'abandonnez pas à ce moment suprême ; donnez-lui la force de supporter les dernières souffrances qu'elle doit endurer ici-bas pour son avancement futur ; inspirez-la pour qu'elle consacre au repentir de ses fautes les dernières lueurs d'intelligence qui lui restent, ou qui pourraient momentanément lui revenir.

Dirigez ma pensée, afin que son action rende moins pénible le travail de la séparation, et qu'elle porte dans son âme, au moment de quitter la terre, les consolations de l'espérance.

 

IV. PRIERES POUR CEUX QUI NE SONT PLUS SUR LA TERRE

Pour quelqu'un qui vient de mourir

59. PREFACE. Les prières pour les Esprits qui viennent de quitter la terre n'ont pas seulement pour but de leur donner un témoignage de sympathie, mais elles ont encore pour effet d'aider à leur dégagement, et, par là, d'abréger le trouble qui suit toujours la séparation, et de rendre le réveil plus calme. Mais là encore, comme en toute autre circonstance, l'efficacité est dans la sincérité de la pensée, et non dans l'abondance de paroles dites avec plus ou moins de pompe, et auxquelles, le plus souvent, le coeur n'a aucune part.

Les prières qui partent du coeur résonnent autour de l'Esprit, dont les idées sont encore confuses comme les voix amies qui viennent nous tirer du sommeil. (Ch. XXVII, n° 10.)

60. PRIERE. - Dieu Tout-Puissant, que votre miséricorde s'étende sur l'âme de N..., que vous venez de rappeler à vous. Puissent les épreuves qu'il (ou elle) a subies sur la terre lui être comptées, et nos prières adoucir et abréger les peines qu'il peut encore endurer comme Esprit !

Bons Esprits qui êtes venus le recevoir, et vous surtout son ange gardien, assistez-le pour l'aider à se dépouiller de la matière ; donnez-lui la lumière et la conscience de lui-même, afin de le tirer du trouble qui accompagne le passage de la vie corporelle à la vie spirituelle. Inspirez-lui le repentir des fautes qu'il a pu commettre, et le désir qu'il lui soit permis de les réparer pour hâter son avancement vers la vie éternelle bienheureuse.

N..., vous venez de rentrer dans le monde des Esprits, et cependant vous êtes ici présent parmi nous ; vous nous voyez et nous entendez, car il n'y a de moins entre vous et nous que le corps périssable que vous venez de quitter et qui bientôt sera réduit en poussière.

Vous avez quitté la grossière enveloppe sujette aux vicissitudes et à la mort, et vous n'avez conservé que l'enveloppe éthérée, impérissable et inaccessible aux souffrances. Si vous ne vivez plus par le corps, vous vivez de la vie des Esprits, et cette vie est exempte des misères qui affligent l'humanité.

Vous n'avez plus le voile qui dérobe à nos veux les splendeurs de la vie future ; vous pourrez désormais contempler de nouvelles merveilles, tandis que nous sommes encore plongés dans les ténèbres.

Vous allez parcourir l'espace et visiter les mondes en toute liberté, tandis que nous rampons péniblement sur la terre, où nous retient notre corps matériel, semblable pour nous à un lourd fardeau.

L'horizon de l'infini va se dérouler devant vous, et en présence de tant de grandeur vous comprendrez la vanité de nos désirs terrestres, de nos ambitions mondaines et des joies futiles dont les hommes font leurs délices.

La mort n'est entre les hommes qu'une séparation matérielle de quelques instants. Du lieu d'exil où nous retient encore la volonté de Dieu, ainsi que les devoirs que nous avons à remplir ici-bas, nous vous suivrons par la pensée jusqu'au moment où il nous sera permis de vous rejoindre comme vous avez rejoint ceux qui vous ont précédés.

Si nous ne pouvons aller auprès de vous, vous pouvez venir auprès de nous. Venez donc parmi ceux qui vous aiment et que vous avez aimés ; soutenez-les dans les épreuves de la vie ; veillez sur ceux qui vous sont chers ; protégez-les selon votre pouvoir, et adoucissez leurs regrets par la pensée que vous êtes plus heureux maintenant, et la consolante certitude d'être un jour réunis à vous dans un monde meilleur.

Dans le monde où vous êtes, tous les ressentiments terrestres doivent s'éteindre. Puissiez-vous, pour votre bonheur futur, y être désormais inaccessible ! Pardonnez donc à ceux qui ont pu avoir des torts envers vous, comme ils vous pardonnent ceux que vous pouvez avoir eus envers eux.

 

Nota. On peut ajouter à cette prière, qui s'applique à tous, quelques paroles spéciales selon les circonstances particulières de famille ou de relation et la position du défunt.

S'il s'agit d'un enfant, le Spiritisme nous apprend que ce n'est point un Esprit de création récente, mais qu'il a déjà vécu et qu'il peut être déjà très avancé. Si sa dernière existence a été courte, c'est qu'elle n'était qu'un complément d'épreuve, ou devait être une épreuve pour les parents. (Ch. V, n° 21).

 

61. Autre. - Seigneur Tout-Puissant, que votre miséricorde s'étende sur nos frères qui viennent de quitter la terre ! que votre lumière luise à leurs yeux ! Sortez-les des ténèbres ; ouvrez leurs yeux et leurs oreilles ! que vos bons Esprits les entourent et leur fassent entendre des paroles de paix et d'espérance !

Seigneur, quelque indigne que nous soyons, nous osons implorer votre miséricordieuse indulgence en faveur de celui de nos frères qui vient d'être rappelé de l'exil ; faites que son retour soit celui de l'enfant prodigue. Oubliez, ô mon Dieu ! les fautes qu'il a pu commettre pour vous souvenir du bien qu'il a pu faire. Votre justice est immuable, nous le savons, mais votre amour est immense ; nous vous supplions d'apaiser votre justice par cette source de bonté qui découle de vous.

Que la lumière se fasse pour vous, mon frère, qui venez de quitter la terre ! que les bons Esprits du Seigneur descendent vers vous, vous entourent et vous aident à secouer vos chaînes terrestres ! Comprenez et voyez la grandeur de notre maître ; soumettez-vous sans murmure à sa justice, mais ne désespérez jamais de sa miséricorde. Frère ! qu'un sérieux retour sur votre passé vous ouvre les portes de l'avenir en vous faisant comprendre les fautes que vous laissez derrière vous, et le travail qui vous reste à faire pour les réparer ! Que Dieu vous pardonne, et que ses bons Esprits vous soutiennent et vous encouragent ! Vos frères de la terre prieront pour vous et vous demandent de prier pour eux.

 

Pour les personnes que l'on a affectionnées

62. PREFACE. Qu'elle est affreuse l'idée du néant ! Qu'ils sont à plaindre ceux qui croient que la voix de l'ami qui pleure son ami se perd dans le vide et ne trouve aucun écho pour lui répondre ! Ils n'ont jamais connu les pures et saintes affections, ceux qui pensent que tout meurt avec le corps ; que le génie qui a éclairé le monde de sa vaste intelligence est un jeu de la matière qui s'éteint à tout jamais comme un souffle ; que de l'être le plus cher, d'un père, d'une mère ou d'un enfant adoré il ne reste qu'un peu de poussière que le temps dissipe sans retour !

Comment un homme de coeur peut-il rester froid à cette pensée ? Comment l'idée d'un anéantissement absolu ne le glace-t-elle pas d'effroi et ne lui fait-elle pas au moins désirer qu'il n'en soit pas ainsi ? Si jusqu'à ce jour sa raison n'a pas suffi pour lever ses doutes, voilà que le Spiritisme vient dissiper toute incertitude sur l'avenir par les preuves matérielles qu'il donne de la survivance de l'âme et de l'existence des êtres d'outre-tombe. Aussi partout ces preuves sont-elles accueillies avec joie ; la confiance renaît, car l'homme sait désormais que la vie terrestre n'est qu'un court passage qui conduit à une vie meilleure ; que ses travaux d'ici-bas ne sont pas perdus pour lui, et que les plus saintes affections ne sont pas brisées sans espoir. (Ch. IV, n° 18 ; ch. V, n° 21).

63. PRIERE. - Daignez, ô mon Dieu, accueillir favorablement la prière que je vous adresse pour l'Esprit de N... ; faites-lui entrevoir vos divines clartés, et rendez-lui facile le chemin de la félicité éternelle. Permettez que les bons Esprits lui portent mes paroles et ma pensée.

Toi qui m'étais cher en ce monde, entends ma voix qui t'appelle pour te donner un nouveau gage de mon affection. Dieu a permis que tu fusses délivré le premier : je ne saurais m'en plaindre sans égoïsme, car ce serait regretter pour toi les peines et les souffrances de la vie. J'attends donc avec résignation le moment de notre réunion dans le monde plus heureux où tu m'as précédé.

Je sais que notre séparation n'est que momentanée, et que, si longue qu'elle puisse me paraître, sa durée s'efface devant l'éternité de bonheur que Dieu promet à ses élus. Que sa bonté me préserve de rien faire qui puisse retarder cet instant désiré, et qu'il m'épargne ainsi la douleur de ne pas te retrouve. au sortir de ma captivité terrestre.

Oh ! qu'elle est douce et consolante la certitude qu'il n'y a entre nous qu'un voile matériel qui te dérobe à ma vue ! que tu peux être là, à mes côtés, me voir et m'entendre comme autrefois, et mieux encore qu'autrefois ; que tu ne m'oublies pas plus que je ne t'oublie moi-même ; que nos pensées ne cessent pas de se confondre, et que la tienne me suit et me soutient toujours.

Que la paix du Seigneur soit avec toi.

 

Pour les âmes souffrantes qui demandent des prières

64. PREFACE. Pour comprendre le soulagement que la prière peut procurer aux Esprits souffrants, il faut se rapporter à son mode d'action qui est expliqué ci-dessus. (Ch. XXVII, n° 9, 18 et suivants). Celui qui est pénétré de cette vérité prie avec plus de ferveur par la certitude de ne pas prier en vain.

65. PRIERE. - Dieu clément et miséricordieux, que votre bonté s'étende sur tous les Esprits qui se recommandent à nos prières, et notamment sur l'âme de N...

Bons Esprits, dont le bien est l'unique occupation, intercédez avec moi pour leur soulagement. Faites luire à leurs yeux un rayon d'espérance, et que la divine lumière les éclaire sur les imperfections qui les éloignent du séjour des bienheureux. Ouvrez leur coeur au repentir et au désir de s'épurer pour hâter leur avancement. Faites-leur comprendre que, par leurs efforts, ils peuvent abréger le temps de leurs épreuves.

Que Dieu, dans sa bonté, leur donne la force de persévérer dans leurs bonnes résolutions !

Puissent ces paroles bienveillantes adoucir leurs peines, en leur montrant qu'il est sur la terre des êtres qui savent y compatir et qui désirent leur bonheur.

66. Autre. - Nous vous prions, Seigneur, de répandre sur tous ceux qui souffrent, soit dans l'espace comme Esprits errants, soit parmi nous comme Esprits incarnés, les grâces de votre amour et de votre miséricorde. Prenez en piété nos faiblesses. Vous nous avez faits faillibles, mais vous nous avez donné la force de résister au mal et de le vaincre. Que votre miséricorde s'étende sur tous ceux qui n'ont pu résister à leurs mauvais penchants, et sont encore entraînés dans une mauvaise voie. Que vos bons Esprits les entourent ; que votre lumière luise à leurs yeux, et qu'attirés par sa chaleur vivifiante, ils viennent se prosterner à vos pieds, humbles, repentants et soumis.

Nous vous prions également, Père de miséricorde, pour ceux de nos frères qui n'ont pas eu la force de supporter leurs épreuves terrestres. Vous nous donnez un fardeau à porter, Seigneur, et nous ne devons le déposer qu'à vos pieds ; mais notre faiblesse est grande, et le courage nous manque quelquefois en route. Ayez pitié de ces serviteurs indolents qui ont abandonné l'oeuvre avant l'heure ; que votre justice les épargne et permette à vos bons Esprits de leur apporter le soulagement, les consolations et l'espoir de l'avenir. La vue du pardon est fortifiante pour l'âme ; montrez-le, Seigneur, aux coupables qui désespèrent, et soutenus par cette espérance, ils puiseront des forces dans la grandeur même de leurs fautes et de leurs souffrances, pour racheter leur passé et se préparer à conquérir l'avenir.

 

Pour un ennemi mort

67. PREFACE. La charité envers nos ennemis doit les suivre au-delà de la tombe. Il faut songer que le mal qu'ils nous ont fait a été pour nous une épreuve qui a pu être utile à notre avancement, si nous avons su en profiter. Elle a pu nous être encore plus profitable que les afflictions purement matérielles, en ce que, au courage et à la résignation, elle nous a permis d'y joindre la charité et l'oubli des offenses. (Ch. X, n° 6 ; ch. XII, n° 5, 6).

68. PRIERE. - Seigneur, il vous a plu de rappeler avant moi l'âme de N... Je lui pardonne le mal qu'il m'a fait et ses mauvaises intentions à mon égard ; puisse-t-il en avoir du regret, maintenant qu'il n'a plus les illusions de ce monde.

Que votre miséricorde, mon Dieu, s'étende sur lui, et éloignez de moi la pensée de me réjouir de sa mort. Si j'ai eu des torts envers lui, qu'il me les pardonne, comme j'oublie ceux qu'il a eus envers moi.

 

Pour un criminel

69. PREFACE. Si l'efficacité des prières était proportionnée à leur longueur, les plus longues devraient être réservées pour les plus coupables, parce qu'ils en ont plus besoin que ceux qui ont saintement vécu. Les refuser aux criminels, c'est manquer de charité et méconnaître la miséricorde de Dieu ; les croire inutiles, parce qu'un homme aura commis telle ou telle faute, c'est préjuger la justice du Très-Haut. (Ch. XI, n° 14.)

70. PRIERE. - Seigneur, Dieu de miséricorde, ne repoussez pas ce criminel qui vient de quitter la terre ; la justice des hommes a pu le frapper, mais elle ne l'affranchit pas de votre justice, si son coeur n'a pas été touché par le remords.

Levez le bandeau qui lui cache la gravité de ses fautes ; puisse son repentir trouver grâce devant vous et alléger les souffrances de son âme ! Puissent aussi nos prières et l'intercession des bons Esprits lui porter l'espérance et la consolation ; lui inspirer le désir de réparer ses mauvaises actions dans une nouvelle existence, et lui donner la force de ne pas succomber dans les nouvelles luttes qu'il entreprendra !

Seigneur, ayez pitié de lui !

 

Pour un suicidé

74. PREFACE. L'homme n'a jamais le droit de disposer de sa propre vie, car à Dieu seul appartient de le tirer de la captivité terrestre quand il le juge à propos. Toutefois la justice divine peut adoucir ses rigueurs en faveur des circonstances, mais elle réserve toute sa sévérité pour celui qui a voulu se soustraire aux épreuves de la vie. Le suicidé est comme le prisonnier qui s'évade de sa prison avant l'expiration de sa peine, et qui, lorsqu'il est repris, est tenu plus sévèrement. Ainsi en est-il du suicidé, qui croit échapper aux misères présentes et se plonge dans des malheurs plus grands. (Ch. V, n° 14 et suiv.)

72. PRIERE. - Nous savons, ô mon Dieu, le sort réservé à ceux qui violent vos lois en abrégeant volontairement leurs jours ; mais nous savons aussi que votre miséricorde est infinie : daignez l'étendre sur l'âme de N... Puissent nos prières et votre commisération adoucir l'amertume des souffrances qu'il endure pour n'avoir pas eu le courage d'attendre la fin de ses épreuves !

Bons Esprits, dont la mission est d'assister les malheureux, prenez-le sous votre protection ; inspirez-lui le regret de sa faute, et que votre assistance lui donne la force de supporter avec plus de résignation les nouvelles épreuves qu'il aura à subir pour la réparer. Ecartez de lui les mauvais Esprits qui pourraient de nouveau le porter au mal, et prolonger ses souffrances en lui faisant perdre le fruit de ses futures épreuves.

Vous, dont le malheur fait l'objet de nos prières, puisse notre commisération en adoucir l'amertume, et faire naître en vous l'espérance d'un avenir meilleur ! Cet avenir est entre vos mains ; confiez-vous en la bonté de Dieu, dont le sein est ouvert à tous les repentirs, et ne reste fermé qu'aux coeurs endurcis.

 

Pour les Esprits repentants

73. PREFACE. Il serait injuste de ranger dans la catégorie des mauvais Esprits les Esprits souffrants et repentants qui demandent des prières ; ceux-là ont pu être mauvais, mais ils ne le sont plus du moment qu'ils reconnaissent leurs fautes et les regrettent : ils ne sont que malheureux ; quelques-uns même commencent à jouir d'un bonheur relatif.

74. PRIERE. - Dieu de miséricorde, qui acceptez le repentir sincère du pécheur, incarné ou désincarné, voici un Esprit qui s'était complu au mal, mais qui reconnaît ses torts et entre dans la bonne voie ; daignez, ô mon Dieu, le recevoir comme un entant prodigue et lui pardonner.

Bons Esprits dont il a méconnu la voix, il veut vous écouter désormais ; permettez-lui d'entrevoir la félicité des élus du Seigneur, afin qu'il persiste dans le désir de se purifier pour y atteindre ; soutenez-le dans ses bonnes résolutions, et donnez-lui la force de résister à ses mauvais instincts.

Esprit de N..., nous vous félicitons de votre changement et nous remercions les bons Esprits qui vous ont aidé !

Si vous vous complaisiez autrefois à faire le mal, c'est que vous ne compreniez pas combien est douce la jouissance de faire le bien ; vous vous sentiez aussi trop bas pour espérer y atteindre. Mais dès l'instant où vous avez mis le pied dans la bonne route, une lumière nouvelle s'est faite pour vous ; vous avez commencé à goûter d'un bonheur inconnu, et l'espérance est entrée dans votre coeur. C'est que Dieu écoute toujours la prière du pécheur repentant ; il ne repousse aucun de ceux qui viennent à lui.

Pour rentrer complètement en grâce auprès de lui, appliquez-vous désormais, non seulement à ne plus faire de mal, mais à faire le bien, et surtout à réparer le mal que vous avez fait ; alors vous aurez satisfait à la justice de Dieu ; chaque bonne action effacera une de vos fautes passées.

La premier pas est fait ; maintenant, plus vous avancerez plus le chemin vous semblera facile et agréable. Persévérez donc, et un jour vous aurez la gloire de compter parmi les bons Esprits et les Esprits bienheureux.

 

Pour les Esprits endurcis

75. PREFACE. Les mauvais Esprits sont ceux que le repentir n'a point encore touchés ; qui se plaisent au mal et n'en conçoivent aucun regret ; qui sont insensibles aux reproches, repoussent la prière et souvent blasphèment le nom de Dieu. Ce sont ces âmes endurcies qui, après la mort, se vengent sur les hommes des souffrances qu'elles endurent, et poursuivent de leur haine ceux à qui ils en ont voulu pendant leur vie, soit par l'obsession, soit par une funeste influence quelconque. (Ch. X, n° 6 ; ch. XII, n° 5, 6.)

Parmi les Esprits pervers, il y a deux catégories bien distinctes : ceux qui sont franchement mauvais et ceux qui sont hypocrites. Les premiers sont infiniment plus faciles à ramener au bien que les seconds ; ce sont le plus souvent des natures brutes et grossières, comme on en voit parmi les hommes, qui font le mal plus par instinct que par calcul, et ne cherchent pas à se faire passer pour meilleurs qu'ils ne sont ; mais il y a en eux un germe latent qu'il faut faire éclore, et l'on y parvient presque toujours avec la persévérance, la fermeté jointe à la bienveillance, par les conseils, les raisonnements et la prière. Dans la médiumnité, la difficulté qu'ils ont à écrire le nom de Dieu est l'indice d'une crainte instinctive, d'une voix intime de la conscience qui leur dit qu'ils en sont indignes ; celui qui en est là est sur le seuil de la conversion, et l'on peut tout espérer de lui : il suffit de trouver le point vulnérable du coeur.

Les Esprits hypocrites sont presque toujours très intelligents, mais ils n'ont au coeur aucune fibre sensible ; rien ne les touche ; ils simulent tous les bons sentiments pour capter la confiance, et sont heureux quand ils trouvent des dupes qui les acceptent comme de saints Esprits et qu'ils peuvent gouverner à leur gré. Le nom de Dieu, loin de leur inspirer la moindre crainte, leur sert de masque pour couvrir leurs turpitudes. Dans le monde invisible, comme dans le monde visible, les hypocrites sont les êtres les plus dangereux, parce qu'ils agissent dans l'ombre, et qu'on ne s'en méfie pas. Ils n'ont que les apparences de la foi, mais point de foi sincère.

76. PRIERE. - Seigneur, daignez jeter un regard de bonté sur les Esprits imparfaits qui sont encore dans les ténèbres de l'ignorance et vous méconnaissent, et notamment sur celui de N....

Bons Esprits, aidez-nous à lui faire comprendre qu'en induisant les hommes au mal, en les obsédant et en les tourmentant, il prolonge ses propres souffrances ; faites que l'exemple du bonheur dont vous jouissez soit un encouragement pour lui.

Esprit qui vous complaisez encore au mal, vous venez d'entendre la prière que nous faisons pour vous ; elle doit vous prouver que nous désirons vous faire du bien, quoique vous fassiez du mal.

Vous êtes malheureux, car il est impossible d'être heureux en faisant le mal ; pourquoi donc rester dans la peine quand il dépend de vous d'en sortir ? Regardez les bons Esprits qui vous entourent ; voyez combien ils sont heureux, et s'il ne serait pas plus agréable pour vous de jouir du même bonheur ?

Vous direz que cela vous est impossible ; mais rien n'est impossible à celui qui veut, car Dieu vous a donné, comme à toutes ses créatures, la liberté de choisir entre le bien et le mal, c'est-à-dire entre le bonheur et le malheur, et nul n'est condamné à faire le mal. Si vous avez la volonté de le faire, vous pouvez avoir celle de faire le bien et d'être heureux.

Tournez vos regards vers Dieu ; élevez-vous un seul instant vers lui par la pensée, et un rayon de sa divine lumière viendra vous éclairer. Dites avec nous ces simples paroles : Mon Dieu, je me repens, pardonnez-moi. Essayez du repentir et de faire le bien au lieu de faire le mal, et vous verrez qu'aussitôt sa miséricorde s'étendra sur vous, et qu'un bien-être inconnu viendra remplacer les angoisses que vous endurez.

Une fois que vous aurez fait un pas dans la bonne route, le reste du chemin vous semblera facile. Vous comprendrez alors combien de temps vous avez perdu par votre faute pour votre félicité ; mais un avenir radieux et plein d'espérance s'ouvrira devant vous et vous fera oublier votre misérable passé, plein de trouble et de tortures morales qui seraient pour vous l'enfer si elles devaient durer éternellement. Un jour viendra que ces tortures seront telles qu'à tout prix vous voudrez les faire cesser ; mais plus vous attendrez, plus cela vous sera difficile.

Ne croyez pas que vous resterez toujours dans l'état où vous êtes ; non, cela est impossible ; vous avez devant vous deux perspectives : l'une de souffrir beaucoup plus que vous ne le faites maintenant, l'autre d'être heureux comme les bons Esprits qui sont autour de vous : la première est inévitable si vous persistez dans votre obstination ; un simple effort de votre volonté suffit pour vous tirer du mauvais pas où vous êtes. Hâtez-vous donc, car chaque jour de retard est un jour perdu pour votre bonheur.

Bons Esprits, faites que ces paroles trouvent accès dans cette âme encore arriérée, afin qu'elles l'aident à se rapprocher de Dieu. Nous vous en prions au nom de Jésus-Christ, qui eut un si grand pouvoir sur les mauvais Esprits.

 

V. POUR LES MALADES ET LES OBSEDES

Pour les malades

77. PREFACE. Les maladies font partie des épreuves et des vicissitudes de la vie terrestre ; elles sont inhérentes à la grossièreté de notre nature matérielle et à l'infériorité du monde que nous habitons. Les passions et les excès de tous genres sèment en nous des germes malsains souvent héréditaires. Dans les mondes plus avancés physiquement ou moralement, l'organisme humain, plus épuré et moins matériel, n'est pas sujet aux mêmes infirmités, et le corps n'est pas miné sourdement par le ravage des passions (ch. III, n° 9). Il faut donc se résigner à subir les conséquences du milieu où nous place notre infériorité, jusqu'à ce nous ayons mérité d'en changer. Cela ne doit pas nous empêcher, en attendant, de faire ce qui dépend de nous pour améliorer notre position actuelle ; mais si, malgré nos efforts, nous n'y pouvons parvenir, le Spiritisme nous apprend à supporter avec résignation nos maux passagers.

Si Dieu n'avait pas voulu que les souffrances corporelles fussent dissipées ou adoucies dans certains cas, il n'aurait pas mis des moyens curatifs à notre disposition. Sa prévoyante sollicitude à cet égard, d'accord en cela avec l'instinct de conservation, indique qu'il est de notre devoir de les rechercher et de les appliquer.

A côté de la médication ordinaire, élaborée par la science, le magnétisme nous a fait connaître la puissance de l'action fluidique ; puis le Spiritisme est venu nous révéler une autre force dans la médiumnité guérissante et l'influence de la prière. (Voir ci-après la notice sur la médiumnité guérissante.)

78. PRIERE. (Par le malade.) - Seigneur, vous êtes toute justice ; la maladie qu'il vous a plu de m'envoyer, j'ai dû la mériter, parce que vous n'affligez jamais sans cause. Je m'en remets, pour ma guérison, à votre infinie miséricorde ; s'il vous plaît de me rendre la santé, que votre saint nom soit béni ; si, au contraire, je dois encore souffrir, qu'il soit béni de même ; je me soumets sans murmurer à vos divins décrets, car tout ce que vous faites ne peut avoir pour but que le bien de vos créatures.

Faites, ô mon Dieu, que cette maladie soit pour moi un avertissement salutaire, et me fasse faire un retour sur moi-même ; je l'accepte comme une expiation du passé, et comme une épreuve pour ma foi et ma soumission à votre sainte volonté. (V. la prière n° 40.)

79. PRIERE. (Pour le malade). - Mon Dieu, vos vues sont impénétrables, et dans votre sagesse vous avez cru devoir affliger N... par la maladie. Jetez, je vous en supplie, un regard de compassion sur ses souffrances, et daignez y mettre un terme.

Bons Esprits, ministres du Tout-Puissant, secondez, je vous prie, mon désir de le soulager ; dirigez ma pensée afin qu'elle aille verser un baume salutaire sur son corps et la consolation dans son âme.

Inspirez-lui la patience et la soumission à la volonté de Dieu ; donnez-lui la force de supporter ses douleurs avec une résignation chrétienne, afin qu'il ne perde pas le fruit de cette épreuve. (V. la prière n° 57.)

80. PRIERE. (Par le médium guérisseur.) - Mon Dieu, si vous daignez vous servir de moi, tout indigne que je suis, je puis guérir cette souffrance, si telle est votre volonté, parce que j'ai foi en vous ; mais sans vous je ne puis rien. Permettez à de bons Esprits de me pénétrer de leur fluide salutaire, afin que je le transmette à ce malade, et détournez de moi toute pensée d'orgueil et d'égoïsme qui pourrait en altérer la pureté.

 

Pour les obsédés

81. PREFACE. L'obsession est l'action persistante qu'un mauvais Esprit exerce sur un individu. Elle présente des caractères très différents, depuis la simple influence morale, sans signes extérieurs sensibles, jusqu'au trouble complet de l'organisme et des facultés mentales. Elle oblitère toutes les facultés médianimiques ; dans la médiumnité par l'écriture elle se traduit par l'obstination d'un Esprit à se manifester à l'exclusion de tous autres.

Les mauvais Esprits pullulent autour de la terre, par suite de l'infériorité morale de ses habitants. Leur action malfaisante fait partie des fléaux auxquels l'humanité est en butte ici-bas. L'obsession, comme les maladies, et toutes les tribulations de la vie, doit donc être considérée comme une épreuve ou une expiation, et acceptée comme telle.

De même que les maladies sont le résultat des imperfections physiques qui rendent le corps accessible aux influences pernicieuses extérieures, l'obsession est toujours celui d'une imperfection morale qui donne prise à un mauvais Esprit. A une cause physique on oppose une force physique ; à une cause morale il faut opposer une force morale. Pour préserver des maladies, on fortifie le corps ; pour garantir de l'obsession, il faut fortifier l'âme ; de là, pour l'obsédé, la nécessité de travailler à sa propre amélioration, ce qui suffit le plus souvent pour le débarrasser de l'obsesseur, sans le secours de personnes étrangères. Ce secours devient nécessaire quand l'obsession dégénère en subjugation et en possession, car alors le patient perd parfois sa volonté et son libre arbitre.

L'obsession est presque toujours le fait d'une vengeance exercée par un Esprit, et qui le plus souvent a sa source dans les rapports que l'obsédé a eus avec lui dans une précédente existence. (Voy. chap. X, n° 6 ; ch. XII, n° 5, 6).

Dans les cas d'obsession grave, l'obsédé est comme enveloppé et imprégné d'un fluide pernicieux qui neutralise l'action des fluides salutaires et les repousse. C'est de ce fluide dont il faut le débarrasser ; or un mauvais fluide ne peut être repoussé par un mauvais fluide. Par une action identique à celle du médium guérisseur dans les cas de maladie, il faut expulser le fluide mauvais à l'aide d'un fluide meilleur qui produit en quelque sorte l'effet d'un réactif. Ceci est l'action mécanique, mais qui ne suffit pas ; il faut aussi et surtout agir sur l'être intelligent auquel il faut avoir le droit de parler avec autorité, et cette autorité n'est donnée qu'à la supériorité morale. plus celle-ci est grande, plus l'autorité est grande.

Ce n'est pas tout encore ; pour assurer la délivrance, il faut amener l'Esprit pervers à renoncer à ses mauvais desseins ; il faut faire naître en lui l repentir et le désir du bien, à l'aide d'instructions habilement dirigées, dans des évocations particulières faites en vue de son éducation morale ; alors on peut avoir la double satisfaction de délivrer un incarné et de convertir un Esprit imparfait.

La tâche est rendue plus facile quand l'obsédé, comprenant sa situation, apporte son concours de volonté et de prière ; il n'en est pas ainsi quand celui-ci, séduit par l'Esprit trompeur, se fait illusion sur les qualités de celui qui le domine, et se complaît dans l'erreur où ce dernier le plonge ; car alors, loin de seconder, il repousse toute assistance. C'est le cas de la fascination toujours infiniment plus rebelle que la subjugation la plus violente. (Livre des médiums, ch. XXIII.)

Dans tous les cas d'obsession, la prière est le plus puissant auxiliaire pour agir contre l'Esprit obsesseur.

82. PRIERE. (Par l'obsédé.) - Mon Dieu, permettez aux bons Esprits de me délivrer de l'Esprit malfaisant qui s'est attaché à moi. Si c'est une vengeance qu'il exerce pour des torts que j'aurais eus jadis envers lui, vous le permettez, mon Dieu, pour ma punition, et je subis la conséquence de ma faute. Puisse mon repentir me mériter votre pardon et ma délivrance ! Mais, quel que soit son motif, j'appelle sur lui votre miséricorde ; daignez lui faciliter la route du progrès qui le détournera de la pensée de faire le mal. Puissé-je, de mon côté, en lui rendant le bien pour le mal, l'amener à de meilleurs sentiments.

Mais je sais aussi, ô mon Dieu, que ce sont mes imperfections qui me rendent accessible aux influences des Esprits imparfaits. Donnez-moi la lumière nécessaire pour les reconnaître ; combattez surtout en moi l'orgueil qui m'aveugle sur mes défauts.

Quelle ne doit pas être mon indignité, puisqu'un être malfaisant peut me maîtriser !

Faites, ô mon Dieu, que cet échec porté à ma vanité me serve de leçon à l'avenir ; qu'il me fortifie dans la résolution que je prends de m'épurer par la pratique du bien, de la charité et de l'humilité, afin d'opposer désormais une barrière aux mauvaises influences.

Seigneur, donnez-moi la force de supporter cette épreuve avec patience et résignation ; je comprends que, comme toutes les autres épreuves, elle doit aider à mon avancement si je n'en perds pas le fruit par mes murmures, puisqu'elle me fournit une occasion de montrer ma soumission, et d'exercer ma charité envers un frère malheureux, en lui pardonnant le mal qu'il me fait. (Ch. XII, n° 5, 6 ; ch. XXVIII, n°15 et suiv., 46, 47.)

83. PRIERE. (Pour l'obsédé.) - Dieu Tout-Puissant, daignez me donner le pouvoir de délivrer N... de l'Esprit qui l'obsède ; s'il entre dans vos desseins de mettre un terme à cette épreuve, accordez-moi la grâce de parler à cet Esprit avec autorité.

Bons Esprits qui m'assistez, et vous, son ange gardien, prêtez-moi votre concours ; aidez-moi à le débarrasser du fluide impur dont il est enveloppé.

Au nom de Dieu Tout-Puissant, j'adjure l'Esprit malfaisant qui le tourmente de se retirer.

84. PRIERE. (Pour l'Esprit obsesseur.) - Dieu infiniment bon, j'implore votre miséricorde pour l'Esprit qui obsède N..., faites-lui entrevoir les divines clartés, afin qu'il voie la fausse route où il s'est engagé. Bons Esprits, aidez-moi à lui faire comprendre qu'il a tout à perdre en faisant le mal, et tout à gagner en faisant le bien.

Esprit qui vous plaisez à tourmenter N..., écoutez-moi, car je vous parle au nom de Dieu.

Si vous voulez réfléchir, vous comprendrez que le mal ne peut l'emporter sur le bien, et que vous ne pouvez être plus fort que Dieu et les bons Esprits.

Ils auraient pu préserver N... de toute atteinte de votre part ; s'ils ne l'ont pas fait, c'est qu'il (ou elle) avait une épreuve à subir. Mais quand cette épreuve sera finie, ils vous enlèveront toute action sur lui ; le mal que vous lui avez fait, au lieu de lui nuire, aura servi à son avancement, et il n'en sera que plus heureux ; ainsi votre méchanceté aura été une pure perte pour