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 Le mystère de notre existence

28/3/2009

mystère

LE MYSTERE DE NOTRE EXISTENCE

de Félix Rémo

 

 

« Tu seras d'autant plus convaincu que ta raison sera mieux satisfaite.»
Pierre NAVRY

 

Vous êtes-vous jamais demandé à quel mystérieux dessein nous devons le secret de notre existence ; ce que nous sommes venus faire en ce monde ; si notre vie est simplement une fantaisie de la création, ou si elle a une raison et un but ?
Vous êtes-vous jamais demandé quel pouvait être le secret de toute cette agitation qui tourbillonne autour de nous ; dans quel but a été créé tout ce qui nous entoure et dont le courant nous entraîne, sans que nous ayons aucun contrôle sur cette grande vie du monde dans laquelle nous nous agitons ; et enfin, quel mystère se cache derrière le problème de la mort ?
Vous êtes-vous jamais inquiété de ce que sont devenus ceux que vous aimiez ? Avez-vous pu un instant croire qu'ils étaient perdus à jamais pour vous ; que le Créateur aurait mis en nous de si profondes affections pour les reprendre si vite ?
Peut-on admettre que dieu ait donné la vie à l'homme, cette machine merveilleuse, pour anéantir ensuite son œuvre ? Peut-on admettre un Créateur détruisant ce qu'il a créé, un père condamnant ses enfants ?
Notre vie si courte nous aurait-elle donné tant de promesses pour éteindre à jamais, par ce qu'on appelle la mort, tous nos rêves d'ici-bas ?
C'est à ces questions que je vais répondre. C'est le but de cette conférence de soulever à vos yeux le voile qui cache ces raisons.

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Faisons d'abord une rapide excursion à travers les vertigineuses profondeurs de l'Infini.
Si vous quittiez la terre, projeté dans l'espace comme un boulet de canon, avec la vitesse de la lumière et de l'électricité, qui est de 300.000 kilomètres par seconde, et que vous alliez ainsi tout droit, devant vous pendant cent ans, mille ans, cent mille ans, franchissant des centaines de milliards de lieues, arrivant aux étoiles les plus rapprochées, les dépassant et atteignant la voie lactée qui n'est qu'une immense agglomération d'étoiles, comme la plage n'est qu'une agglomération d'une multitude de grains de sable, puis que vous la dépassiez, vous aperceviez toujours au loin, jusqu'à perte de vue, d'autres étoiles et d'autres voie lactées. Franchissez-les encore et continuez toujours pendant des années, pendant des siècles, cet infini gigantesque reculera sans cesse devant nous ; tous ces mondes qui confondent l'imagination et qui défient les chiffres remplissent les profondeurs de l'espace de soleils qui entraînent après eux, ainsi que le fait le nôtre, des mondes comme nos planètes. Et n'oubliez pas que des centaines de millions de lieues séparent chacun de ces mondes les uns des autres.
L'astronomie en a déjà classé 40 millions ; si elle en avait classé 40 milliards, 400 milliards, elle en serait au même point. Nous ne pouvons nous former une idée de cet insondable Infini. On a beau créer des télescopes de plus en plus puissants, ils ne font que révéler le ciel comme une mer de feu, comme une immense nappe de lumière formée d'un nombre incalculable de soleils, de voies lactées, à la suite desquels d'autres dômes de feu, cachés les uns derrière les autres, forment cet insondable et mystérieux océan toujours fuyant. C'est l'infini !
De cet infiniment grand, descendons maintenant dans l'infiniment petit.
On est arrivé à construire des microscopes grossissant des milliers de fois, et là où l'on ne voyait rien, on découvre des mondes.
La minuscule goutte d'eau qui peut tenir sur la pointe d'une aiguille est un océan dans lequel on aperçoit des milliers d'êtres animés. Nous portons en nous dans chaque gouttelette de notre sang des milliards de ces êtres.
Chaque millimètre cube d'air renferme dix millions d'atomes animés s'agitant dans tous les sens.
Plus nous augmentons la puissance de nos instruments par des découvertes nouvelles, télescopes ou microscopes, plus nous reculons les bornes de l'Infiniment grand et de l'Infiniment petit. Et tout est habité, car on se demande pourquoi ces mondes auraient été créés s'ils ne l'étaient pas. On ne bâtit pas une maison pour la laisser vide. Dès que la vie est possible, on l'y voit surgir.
Prenez une pêche bien lisse, vous n'y découvrez aucune trace de vie. Abandonnez-la, à elle-même 8 jours, 15 jours ; elle se recouvrira d'un duvet comme une planète se couvre de végétation. Cette moisissure aboutit à toutes les manifestations de la vie. Examinez-la à la loupe ; vous y verrez des continents et des montagnes, des ravins, des lacs, des forêts et, bientôt, une pullulation d'êtres de toutes sortes. Cette pêche est, pour ses habitants, un monde complet comme le nôtre. Rien n'échappe à la loi de la vie ; nulle création matérielle, inorganique, n'a d'objet si ce n'est de servir à la création organique, au développement, à l'évolution animale et humaine. Le désert n'existe pas, la vie est partout, que nous la voyions ou que nous ne la voyions pas.
Ces manifestations de la vie se produisent universellement suivant des lois d'une sagesse immuable, faisant mouvoir tout cet infini dans un ordre parfait qui nous donne un spectacle d'une harmonie grandiose.
Devant cette œuvre admirable, colossale, faites appel à votre raison, à votre jugement, pouvez-vous un instant admettre que toutes ces merveilles soient le résultat du hasard ?
Non, rien n'est dû au hasard, rien ne s'est créé tout seul. A tout il faut un Créateur. A-t-on jamais une machine se fabriquer et marcher d'elle-même sans mécanicien ? Vit-on jamais un champ se cultiver tout seul sans le soc de la charrue, sans le travail du cultivateur, sans l'ensemencement ? Si une horloge prouve un horloger, si un palais exige un architecte, comment l'univers pourrait-il ne pas démonter une intelligence créatrice supérieure ?
Nous restons confondus, au contraire, par la grandeur de Celui qui a conçu cette gigantesque féerie, cette œuvre vertigineuse. C'est en contemplant l'immensité de la création que nous sommes frappés de l'immensité de son Créateur.
Cette puissante main, ce grand Invisible, ce grand Inconnu qui a créé et qui dirige les mondes, c'est ce que nous appelons Dieu. Nous ne savons pas ce qu'il est, nous ne pouvons pas le concevoir, mais nous savons qu'il est partout, comme la lumière. Et si tout cet univers, grand et petit, est son œuvre, quelle colossale puissance ne doit-il pas avoir ? Comment admettre alors que cette incommensurable grandeur puisse exister sans être à la fois l'infinie et immuable Justice ? Sans cela ce serait le chaos, il n'y a pas d'équilibre possible sans la Justice.
Et alors, à la vue de toutes les beautés, de toutes les merveilles de la création, peut-on supposer que l'artisan de cette grande œuvre ait si mal fait l'humanité qu'elle soit vouée aux hasards et aux injustices ?
Et cependant, que voyons-nous à chaque pas autour de nous ? Des inégalités et des injustices partout.
Pourquoi y a-t-il des mendiants et des millionnaires, pourquoi l'un naît-il sur les marches d'un trône et l'autre dans un bouge ?
Pourquoi l'un obtient-il par sa naissance les honneurs, la fortune, le bien-être, le luxe, les plus hautes dignités sociales, alors que cet autre, né dans la misère, n'apporte avec lui, comme héritage dans la vie, que larmes et douleurs ?
Pourquoi les uns passent-ils leur existence à travailler et d'autres à ne rien faire ?
Pourquoi des esclaves et des victimes, à côté de princes et de potentats ?
Pourquoi les diversités de races, des noirs et des blancs, des sauvages et des peuples civilisés ?
Pourquoi des hommes de génie et des pauvres d'esprit, des brutes, des fous ?
Pourquoi celui-ci voit-il la fortune lui sourire et tout réussir au gré de ses désirs, alors que d'autres sont poursuivis par une impitoyable malchance ?
Pourquoi des êtres pleins de vie et de santé, à côté d'êtres souffreteux, maladifs, disgraciés de la nature ?
Pourquoi par exemple, dans la même famille, une sœur est-elle jolie et l'autre laide ; un garçon bien tourné et son frère bossu ou boiteux ? Pourquoi des aveugles, des sourds-muets ?
Pourquoi les horreurs de la guerre ; pourquoi des potentats ont-ils le droit d'envoyer à la mort des millions d'hommes et de ruiner leur pays, alors qu'eux-mêmes vivent fêtés et glorieux et meurent tranquillement dans leur lit ?
Pourquoi des crimes impunis et des gens au contraire condamnés pour des fautes qu'ils n'ont pas commises ?
Pourquoi un homme qui a travaillé toute sa vie perd-il en un instant, par le vol, l'incendie ou autre chose, un pécule laborieusement acquis, alors que des malfaiteurs jouissent en paix de leurs déprédations ?
Mais, sans aller si loin, voyez le tort et les injustices dont vous mêmes avez été victimes ?
A quoi serviraient aussi les bonnes actions, les sacrifices, la charité, le dévouement ?
Si nous ne vivons qu'une fois et que la vie soit ainsi faite, ne devons-nous pas la considérer comme tissée d'injustices flagrantes ?
Peut-on admettre d'aussi cruelles disproportions, image d'une main frappant au hasard ?
Devons-nous, quand nous avons perdu un être cher, nous dire : c'est pour toujours !
Tout cela est-il compatible avec un dieu d'infinie bonté, d'infinie justice ; un dieu qui aurait inventé pareille torture, qui nous aurait donné des années de bonheur pour mieux nous faire sentir la cruauté de la séparation ?
Mais si l'on nous dit, au contraire, à côté de ce sombre tableau, que nous nous retrouverons tous ; qu'il y a, derrière tout cela, quelque chose que nous ne comprenons pas, le grand mystère d'une Justice réparatrice qui nous échappe…
Si l'on venait nous dire : Non, l'homme n'est pas créé pour ce court passage dans la vie. Cette vie n'est qu'une étape dans une suite d'existences nombreuses, passées et futures. Ces existences sont séparées par des périodes de repos et de recueillement dans l'autre monde, qui est la vraie patrie des âmes.
Pourquoi ne vivrions-nous qu'une fois ? Nous sommes composés d'un corps, simple machine humaine, et d'une âme qui l'anime et lui donne la vie ; corps mortel, temporaire, qu'on prend et qu'on quitte. L'âme, au contraire, est immortelle. La mort est simplement le départ de cette âme emportant avec elle, la pensée, la vie, le moi conscient, quand l'enveloppe est usée, enveloppe qui lui a servi de vêtement sur la terre et qu'elle rejette à la terre comme un vieil habit que l'on quitte.
Qu'est-ce qui empêche l'âme d'en reprendre une autre, dix autres, cent autres pour parcourir une succession d'existences ?
Ainsi que l'habitant de la vallée dont la vue est circonscrite par son entourage, nous croyons que la terre résume notre vie. Qu'il écoute la voix de la raison qui lui crie du sommet de la montagne : montez plus haut, venez où nous sommes, vos vues s'élargiront, vous apercevrez le magnifique panorama de la nature.
Et ainsi, de même que les télescopes ont élargi le sens de nos visions, élargissons notre pensée en l'élevant vers les sommets; laissons-la grandir avec les découvertes merveilleuses qui sont actuellement faites tous les jours dans ce domaine.
Si l'on venait encore vous dire ceci : Dieu a créé tous les êtres égaux au départ en les lançant dans la vie, avec mission d'apprendre, de s'épurer, d'élever leur niveau moral ; de gravir l'échelle du progrès de vie en vie, jusqu'à ce qu'il ait atteint le sommet des connaissances et de la perfection morale ! Quand nous en sommes arrivés là, nous pouvons alors jouir en paix d'un repos et d'une félicité sans fin où notre rôle est d'aider nos frères à travers leurs existences, ainsi que d'autres l'ont fait pour nous quand nous luttions de vie en vie.
De même, un honnête travailleur, le soir de sa vie, jouit des biens qu'il a amassés par le patient labeur de longues années, et aide ceux qui luttent, comme il a lutté, de ses conseils et de son expérience.
A l'issue de chaque existence, l'homme, quand il quitte la prison de la terre, car la période qu'il y passe, enfermé dans un corps, est pour lui un véritable emprisonnement temporaire, l'homme se trouve dans l'autre monde face à face avec sa conscience, assoupie dans cette vie mais qui se réveille à ce moment et se dresse devant lui comme un juge. Elle lui montre ses fautes en lui retraçant le tableau de sa vie. Il voit le mal qu'il a fait, tempéré par le bien qu'il a également fait. Il sera puni du mal dans une existence suivante ; c'est lui-même, jugé par sa propre conscience, qui s'inflige un verdict d'expiation et de réparation dans cette prochaine existence.
Le voilà l'enfer, le seul vrai, le seul juste. C'est cette expiation au prorata des fautes commises et non un enfer de flammes éternelles, punition en dehors de toute proportion avec n'importe quelle faute, en dehors de toute justice, et que l'Eglise a depuis longtemps expliqué comme une image symbolique et non comme une réalité.
En effet, que diriez-vous si pour une innocente peccadille, par exemple un enfant prenant une pomme dans un champ, il était condamné à mort ? Et si nous reculons avec horreur devant une pareille monstruosité, qu'est-ce qu'une condamnation à mort à côté de flammes éternelles ? Et pareille punition pourrait-elle être proportionnée à n'importe quelle faute ! Y aurait-il jamais eu sur la terre un crime assez grand pour la justifier ?
Pouvons-nous nous imaginer que Dieu soit moins bon que l'homme et n’ait jamais conçu un châtiment aussi diaboliquement cruel ? Ce serait la négation de sa justice, et comme il est la justice même, c'est donc que l'enfer n'existe pas et n'a été inventé que comme épouvantail.
Non, l'enfer est en nous, dans les remords que nous imposons notre conscience et le verdict d'expiation et de réparation qu'elle nous condamne à subir. C'est une dette que nous payons, mais une dette loyale, sans usure, et pas un sou n'est exigé de plus qu'il n'est dû.
Avant de se réincarner, c'est-à-dire d'entrer dans un nouveau corps pour commencer une nouvelle existence, il la prépare dans les milieux et les conditions les plus favorables, suivant les épreuves qu'il a choisies et le réparations qu'il s'est imposées.
Le criminel, le conquérant expieront par des souffrances proportionnelles dans le nombre d'existences qu'il faudra. Ceux, au contraire, qui ont eu une vie correcte, qui ont fait le bien et rempli leurs devoirs d'humanité envers leurs semblables, passeront par des existences plus douces, plus heureuses, où ils continueront à progresser moralement et à acquérir des connaissances de toutes sortes. Alors, vous vous direz : Cet homme à qui tout réussit, récolte le fruit de ses vertus.
Ce mendiant a été un mauvais riche, cet homme qui subit des cruautés a été un criminel. Ces malheureux, ces misérables, ces déshérités paient quelque terrible dette. Cette femme contrefaite expie par ses défauts physiques une vie d'orgueil. Cet homme assassiné a été lui-même un assassin dans une autre vie. Cette jeune mère trompée, abandonnée, en a fait autant elle-même. Tous ces êtres auxquels rien ne réussit paient leur rançon, une rançon qu'ils se sont imposés en réparation de préjudices infligés à d'autres. Ces gens persécutés ont été des persécuteurs, et les supplices que nous voyons ne sont que la juste rétribution imposée à des êtres qui, puissants dans une autre vie, les ont eux-mêmes fait subir aux autres.
Chacun doit se dire que sa vie actuelle est la conséquence du choix qu'il en a fait lui-même avant de s'incarner, avant de naître, et il doit prendre avec résignation comme punition, expiation ou réparation de ses erreurs et de ses écarts passés tous les malheurs et les souffrances qui lui surviennent, tout ce qui lui semble des injustices à son égard.
Si vous examinez ainsi tous les cas, un à un, vous verrez qu'il n'y a pas d'injustice et que tout est l'effet d'une cause passée.
Soyez sûr que tous ces meurtriers, ces traîtres, ces voleurs, ces tyrans que nous voyons sous nos yeux, tous paieront leur dette. Les pauvres victimes, au contraire, iront jouir d'une existence paisible où tout leur sourira, et qui sera la compensation des maux injustes qui leur auront été infligés.
Laissez-moi, pour me faire mieux comprendre, établir un point de comparaison.
Un malfaiteur nous attaque, nous vole. Nous ne pouvons ou ne voulons nous défendre et nous nous contentons de dire : Qu'il aille se faire pendre ailleurs !
Ce malfaiteur arrive dans un endroit où il est inconnu. Des mécomptes l'accueillent; on lui fait ce qu'il a précédemment fait aux autres. Son entourage qui, ignorant son passé, le prendre pour un parfait honnête homme et une pauvre victime, crie à l'injustice.
Il n'a cependant souffert que ce qu'il a fait souffrir. C'est la punition légitime que d'autres que ses victimes se sont chargées de lui infliger. Qu'il aille se faire pendre ailleurs, a-t-on dit ! Eh bien, il est venu se faire pendre ici et n'a fait que payer sa dette.
Il en est de cela comme de tout, on ne voit jamais que les effets sans connaître les causes; et l'on ne peut, en réalité, jamais juger sûrement une chose sans savoir ce qui l'a motivée.
N'est-ce pas que si les choses étaient vraiment comme cela, vous commenceriez à comprendre qu'il n'y a pas d'injustice ?
Et pourquoi ne seraient-elles pas comme cela ?
Pouvons admettre que nous ayons formulé une théorie plus belle que la réalité ? Peut-on admettre que nous ayons, nous, conçu ce que Dieu n'aurait pas conçu lui-même et que ce que nous aurions imaginé soit mieux que ce qu'il ait fait ? Non, n'est-ce pas ? Nous n'avons pas une sotte présomption pareille.
Si nous avons rêvé tout cela, tel que nous venons de vous l'exposer, c'est qu'il en est réellement ainsi. Les choses sont mieux arrangées que nous ne l'avions pensé, et il n'y a pas d'injustices.
Ne pouvant pas juger ce que nous ne voyons pas, nos vues ne portaient pas assez loin pour comprendre qu'une suprême sagesse a tout réglé, mais tout ce qui nous paraissait inexplicable s'éclaire peu à peu et je vais en donner les preuves.
Depuis les temps les plus reculés, ces preuves n'ont cessé de se manifester, mais c'est surtout depuis près d'un siècle que des savants d'un peu partout, frappés de la fréquence de certains phénomènes, se sont mis à les observer. Ils se sont réunis pour les étudier en commun et sont arrivés à en tirer la conséquence naturelle qui établissait la réalité de ces faits.
Je vous ai donc dit que l'âme est immortelle que l'autre monde est le monde réel et que celui-ci n'est qu'une terre d'épreuves et d'expiation. L'être progresse de vie en vie, s'élevant sans cesse jusqu'au moment où, ayant atteint la perfection, il n'est plus astreint aux réincarnations et reste dans la grande patrie, dont nous ne sommes ici-bas que des exilés temporaires.
Vous allez tout d'abord m'arrêter par cette objection : mais si j'ai déjà vécu, comment se fait-il que je ne me rappelle pas ?
Toutes nos existences nous sont connues quand nous sommes dans la vie normale et l'autre monde, mais en venant dans celui-ci, le souvenir en est voilé, étouffé par la chair. De même, à l'état de veille, nous nous rappelons tout ce que nous avons fait depuis notre enfance. Dans le sommeil, dans le rêve, nous ne voyons plus rien que les circonstances présentes du rêve et ne nous rappelons rien de notre vie éveillée.
Eh bien, notre vie sur la terre est absolument comme un rêve, par rapport à notre existence dans l'autre monde, qui est la vraie vie normale, sans toutes les vicissitudes de celle-ci. C'est pour cela qu'on entend dire : la vie est un songe, une vallée de larmes ; le bonheur n'existe pas sur la terre.
Dieu n'a pas voulu que nous nous souvenions, afin de nous laisser toute notre liberté. Il n'a pas voulu qu'ayant souffert dans une autre existence, le souvenir d'un passé souvent pénible et parfois douloureux vienne entraver notre existence présente ; passé, au souvenir duquel nous devons être heureux d'échapper, car toute vie est un progrès sur la précédente. Nos vies antérieures ont donc dû être inférieures, puisque nous nous sommes réincarnés, pour réparer, pour expier, pour progresser. Aussi est-il heureux que ce passé, qui ne nous laisserait peut-être que des regrets ou dont nous aurions souvent à rougir, ne pèse pas sur le libre arbitre de notre vie présente.
Voyez, par exemple, quelles révoltes nous éprouverions si, ayant joui des richesses et des honneurs, nous avions choisi une existence de misère pour racheter des fautes commises. Des victimes rechercheraient leurs bourreaux. La vengeance, des représailles, des revendications de toutes sortes troubleraient notre vie présente. Beaucoup feraient de cette vie la continuation de l'autre, perpétuant des erreurs au lieu des les corriger. Ils s'immisceraient dans les affaires de leurs descendants. D'autres seraient poursuivis par un remords perpétuel, et que de suicides parmi les faibles, effrayés de la dette à payer à un passé coupable !
Sans aller si loin, combien de mauvais souvenirs ne voudrions-nous pas déjà effacer de notre existence actuelle, qui sont autant d'obstacles à notre paix intérieure ?
Il y a bien d'autres raisons encore, mais cela nous entraînerait trop loin.

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Cependant, il y a des êtres en qui le passé a gravé une si forte impression qu'il leur a laissé un souvenir vivace. Il en a été recueilli des milliers de cas, mais nous nous contenterons d'en citer quelques-uns.
Le Journal Littéraire de 1864 rapporte que Métry, l'auteur bien connu, se rappelait parfaitement avoir fait la guerre des Gaules avec les Romains. Il a désigné et reconnu des sites où il avait campé jadis, des champs de bataille où il avait combattu. Il s'appelait alors Mincius. Se trouvant un jour au Vatican, il fut reçu dans la bibliothèque par des novices qui, ne connaissant pas le français, se mirent à lui parler latin, la langue du Vatican. Subitement, comme par un retour de mémoire inattendu, cette langue qui avait été la sienne autrefois, lui revint avec une telle aisance qu'il se mit à parler latin comme il parlait français.
On connaît, de même, beaucoup d'enfants s'exprimant dans une langue qu'ils n'ont pas apprise, comme nous le verrons plus loin.
Lamartine raconte, dans on Voyage en Orient, que se trouvant en Terre Sainte, où il n'avait jamais été, il reconnut la vallée de Térébinthe et le champ de bataille de Saül.
A Séphora, il désigna une colline surmontée d'un château ruiné comme le lieu de naissance de la Vierge, puis il reconnut le tombeau des Machabées et bien d'autres souvenirs, tous détails parfaitement exacts. D'ailleurs tous les faits que nous rapportons ont été vérifiés et contrôlés autant que possible et constituent des preuves irrécusables.
M. Horster ayant perdu une fille du nom de Maria, quitta Effirgham qu'il habitait et alla se fixer à Dakota, où il eut de nouveau une fille qu'il nomma Nellie mais qui persistait à vouloir qu'on l'appelât Maria, disant que c'était le nom qu'elle avait déjà porté.
Quelques années après, M. Horster ayant à se rendre à Effingham, emmena sa fille avec lui. Celle-ci, une fois là, demanda à visiter l'école que Maria fréquentait et se dirigeant sans hésiter vers le pupitre que Maria occupait, dit : "voilà le mien", ce qui était exact. Elle n'était donc que la réincarnation de sa sœur Maria.
L'enfant du prince, Emile de W., un bambin de 3 ans, était en train de jouer dans le cabinet de son père quand celui-ci, l'entendant parler de l'Angleterre, lui demanda s'il savait ce que c'était.
- Oh! Oui, dit l'enfant, c'est un pays que j'ai habité, il y a bien longtemps.
- Y étais-tu petit, comme maintenant ?
- Oh! Non, j'étais plus grand.
- Est-ce que maman et moi nous y étions aussi ?
- Non, j'avais un autre papa et une autre maman.
- Et qu'y faisais-tu ?
- Je jouais beaucoup avec le feu, et une fois que je me suis brûlé si fort que je suis mort.

Que dire d'un voyageur voyant en rêve une ville qui lui semblait tellement familière qu'il en reconnaissait les rues, les monuments et allait les yeux fermés à une vieille maison dans une rue retirée, qu'il lui semblait avoir habitée de longues années ?
Appelé un jour en Italie pour ses affaires, il arriva dans une ville qu'il reconnut tout d'un coup comme celle de son rêve ; il se souvenait de tout, les enseignes lui paraissaient familières et il les comprenait, bien qu'il ne connût pas l'italien. Il alla tout droit à la vieille maison. Elle était à louer. Il demanda à la visiter. Il se souvint alors qu'il s'y trouvait un cabinet assez obscur, avec une petite fenêtre élevée d'où l'on apercevait la rivière et les montagnes. Il y alla sans hésiter et le trouva conforme à ses souvenirs.
Détail curieux : il y avait, au-dessus de la porte, un nom effacé qui lui fit battre le cœur. Sans doute, ce nom avait-il été le sien dans une autre vie, quand il habitait cette maison.
Le Révérend Forbes, fort connu en Angleterre, visitant Rome pour la première fois, reconnut toutes les monuments et alla droit aux Catacombes. Tivoli lui sembla familier comme s'il ne l'avait jamais quitté.
Se trouvant en excursion près de Leatherhead où il n'avait jamais été, quelqu'un fit la remarque qu'il devait y avoir dans les alentours une ancienne route romaine. Sans hésiter, il répondit : "Je sais où elle est", et il y conduisit ses compagnons. "J'avais, dit-il, la sensation de m'être trouvé autrefois, sur cette même route, à cheval, couvert d'une armure".
A quelques pas de là se trouvait une forteresse romaine dans un état parfait de conservation. Un clergyman qui désirait la visiter demanda au Révérend Forbes de l'accompagner. Il se souvenait d'avoir vécu en cet endroit, investi d'une charge d'un caractère sacerdotal, aux jours de l'occupation romaine. Il insista surtout pour visiter une tour, au sommet de laquelle était un trou dans lequel on avait l'habitude de planter un mât, et l'on y trouva en effet le trou indiqué.
Dernièrement, des amis d'une fillette habitant Bordeaux étaient chargés de la conduire chez des parents à Valladolid. A peine avait-on dépassé Irun, la frontière, qu'elle dit : "Nous allons voir une grande croix". Et, en effet, le train passa devant une grande croix.
Un peu plus loin, elle dit : "Il y a eu ici des maisons brûlées". Elles n'y étaient plus, naturellement, mais avaient été remplacées par des maisons neuves, faisant contraste avec celles du village.
Plus loin encore, elle appela l'attention de ses compagnons sur un superbe aqueduc romain auquel on allait arriver et que, en effet, l'on aperçut bientôt. « Ah ! Nous approchons de Burgos, fit-elle. Vous allez voir quelle belle cathédrale ! » Et tout le long du chemin elle détailla les curiosités que l'on devait rencontrer.
En la remettant enfin aux mains de la tante qui l'attendait, ses compagnons dirent que la jeune fille les avait beaucoup intéressés, leur décrivant tous les détails curieux de la route.
- Comment ! fit la tante, elle ne les a jamais vus, elle n'a jamais quitté Bordeaux.
- Oh! Si, ma tante, se récria la fillette, j'ai vu tout cela bien des fois, mais il y a fort longtemps!

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Voici un cas de réincarnation avec souvenance, qui s'est produit à Rangoon.
En 1903 mourut, dans les environs, le maire de Weloch. En 1919, un enfant de 3 ans annonça à son père, avec une gravité au-dessus de son âge, qu'il était le maire de Weloch de nouveau incarné. Puis il se mit à décrire, dans les plus grands détails, l'habitation du magistrat défunt, y ajoutant la minutieuse énumération de ses occupations et allant jusqu'à mentionner le nombre des chevaux qu'il possédait, tout cela avec une assurance et une documentation qu'on ne pouvait attendre d'un enfant de son âge.
Il raconta comment il avait trouvé la mort sur le lac Meitktcica, avec deux personnes qui périrent également.
Tous ces détails étaient rigoureusement exacts. L'enfant n'avait jamais entendu parler du défunt.
Un autre cas de cette nature s'est également passé dernièrement aussi aux Indes.
Un jeune garçon d'une quinzaine d'années, du nom de Ram, avait imaginé une infernale combinaison pour prendre son père dans un guet-apens et l'assassiner. Mais au moment de le frapper et comme il levait le bras à cet effet, un cipaye qui passait par là l'abattit d'un coup de fusil.
Un an environ après cet attentat, la mère mit de nouveau au monde un garçon qui, arrivé à l'âge de 4 ans, lui dit un matin : "Maman, Ram c'est moi, je suis revenu au monde pour réparer et expier".
N'aurait-il pas mieux valu qu'il n'eut pas conservé le souvenir de sa personnalité ?
Quel poète a donc dit : L'oubli est un bienfait de Dieu !
Il arrive très fréquemment, lorsque l'on perd un enfant en bas âge, que celui qui naît peu après soit la réincarnation du premier.

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Je finirai ces exemples par un cas dont j'ai eu personnellement connaissance.
Deux êtres inconnus l'un à l'autre se rencontrent, tombent amoureux l'un de l'autre, se marient, s'adorent. A chaque pas il leur semble retrouver des choses qui ne leur sont pas étrangères. Ils se donnent un nom d'affection qu'ils croient leur avoir déjà été connu les détails de leur manière d'être les frappent comme déjà ressentis. Les mêmes pensées les reportent à un passé qui ne leur paraît pas étranger.
Un jour, en voyage, ils traversent une ville qu'ils reconnaissent; tout ce qu'ils y voient leur semble familier. Un banc attire leur attention émue et les retient. Bien d'autres détails leur rappellent une vie déjà vécue. Ils n'avaient fait que renouer une liaison ancienne. Ce couple était bien connu à Paris.
Portons-nous maintenant sur un autre terrain également fertile en preuves.
Nous voyons tous les jours apparaître parmi nous des enfants, vrais prodiges, possédant, sans les avoir apprises, des connaissances qu'il faut une vie pour les acquérir. Ici aussi les exemples sont tellement nombreux que nous devons nous borner à n'en citer que quelques-uns.
Le rhéteur grec Hermogène enseignait, à l'âge de 5 ans la rhétorique à l'empereur Marc-Aurèle.
Pierre de Lamoignon, au même âge, composait des vers grecs et latins et connaissait à fond l'étude du droit.
Le célèbre Saunderson, aveugle, était familier, avant l'âge de 20 ans, avec les classiques grecs et latins et était, à 25 ans, professeur de mathématiques et de physique à l'université de Cambridge, exposant toutes les merveilles de la lumière, du spectre solaire, de l'arc-en-ciel, etc.…, mais il se ressouvenait.
Baratier parlait et écrivait le français, l'allemand, le latin et l'hébreu, dont il traduisait, à l'âge de 7 ans, les quatre volumes de la bibliothèque Rabbinique, qu'il fit suivre d'un gros volume de dissertations.
Ericsson, l'ingénieur suédois, était à 12 ans inspecteur du canal maritime de Suède, et avait 600 ouvriers sous ses ordres.
Pascal, sans étude préalable, avait reconstitué à lui seul, à 13 ans, toute la géométrie.
Mozart donnait des concerts à 4 ans, conduisait l'orchestre à 5 ans et composait, à 12 ans, l'opéra Bastien et Bastienne, que l'Opéra-Comique de Paris reprit en 1900.
Toute l'Europe a applaudi la virtuosité des violonistes Thérèse Milanollo et Paganini, qui, à l'âge de 5 ans, ont émerveillé le monde.
Il y a eu des pianistes qui improvisaient en public dès l'âge de 2 ans.
Tout dernièrement, une petite esclave noire de la Havane, aveugle et sans instruction, qui n'avait jamais entendu de musique, fut frappé par les sons d'un piano sortant de la maison de son maître. Le morceau achevé, il entra et se dirigea à tâtons, comme mû par une attraction instinctive, vers le piano qui venait de se taire, et, avec une aisance absolument naturelle, comme s'il en avait l'habitude, il se mit à reproduire note pour note, ce qu'il venait d'entendre, sans pouvoir maîtriser un sentiment de joie intense, comme s'il retrouvait un inestimable bien perdu.
Rembrandt, Colette Patinger, Robert Tinant dessinaient comme des maîtres avant de savoir lire.
On appelait déjà Raphaël, à 14 ans, le peintre divin. Giotto, qui n'était qu'un humble pasteur, fit, tout enfant, le portrait à l'huile de son père et de sa mère. Le professeur de Michel-Ange, encore tout jeune, dit qu'il ne pouvait plus rien lui enseigner.
Van Kerckof, mort en 1873 à l'âge de 10 ans, a laissé environ 300 passages d'une profondeur mélancolique que jamais artistes anciens ou modernes n'ont pu obtenir.
Jeanne Maude publiait à 5 ans un recueil de monologues.
Le grand sculpteur italien Righetti n'a que 10 ans. La Madone et l'Enfant, sa dernière œuvre, touche au sublime de l'art.
Harry Dugan, le plus fameux voyageur de commerce des Etats-Unis, qui a enrichi, par les affaires colossales qu'il faisait, la maison qu'il représente, n'a pas encore 9 ans.
Nous pourrions en citer dix fois, cent fois plus, et de bien plus étonnants encore, mais ceci suffit pour faire comprendre que tous ces génies sont, à n'en pas douter, des réincarnés qui n'ont pas besoin d'apprendre, parce qu'ils se souviennent : preuves saisissantes d'existences antérieures, dans lesquelles ont été acquis peu à peu tous ces dons qu'ils apportent dans leur nouvelle vie, car leur mémoire actuelle n'a encore rien appris.
Ces aptitudes précoces, ces vocations irrésistibles, faites de conceptions parfois abstraites et bien au-dessus de leur âge, ne peuvent naître d'elles-mêmes, et plutôt chez ceux-là que chez d'autres. Elles ne peuvent être qu'une éclatante manifestation d'un capital intellectuel laborieusement conquis.

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Nous allons maintenant aborder les preuves expérimentales.
Des faits étranges viennent de temps en temps au jour comme le suivant :
Le prince Wiszninwski, se trouvant un jour en voyage avec le prince Galitzin, croisa, dans une rue, une fille couverte de haillons, affamée, vivant de mendicité et de prostitution. Le prince Galitzin, bon magnétiseur, remarquant une expression étrange dans le regard de la malheureuse eut l'idée de l'endormir. Il lui offrit de lui faire donner à souper et ils la firent entrer avec eux à leur hôtel. Aussitôt endormie, elle s'écria qu'elle avait une terrible confession à faire. En Italie, à X…, dans sa dernière incarnation, elle était comtesse de… (nous tairons le nom qui est honorable) et habitait un château. Elle était altière, cruelle et de mauvaise conduite. Son mari mourut de ce qu'on crut être un accident, mais elle avait gravi avec lui un rocher, du sommet duquel elle l'avait poussé pour le faire tomber dans l'abîme.
Tout le monde crut à un malheur et le crime de cette grande dame resta impuni. Elle dut, pour expier, se réincarner dans une misère noire, et ne devait sa nourriture qu'aux plus vils expédients. Elle implorait la pitié.
Comme elle avait donné des détails très précis, les voyageurs se rendirent à l'endroit où l'affaire s'était passée et finirent par trouver un habitant d'un grand âge qui put leur répondre que, quand il était enfant, il avait souvent entendu raconter le drame et il pouvait montrer le rocher d'où le comte avait été précipité. Il ajouta que bien des gens soupçonnèrent la comtesse, mais il n'y avait pas de preuves, et elle ne fut pas condamnée.
Comprend-on, si l'on conservait le souvenir de ses vies passées, la condition mentale de cette pauvre malheureuse ? Et combien n'en rencontrons-nous pas qui ne sont que la répétition de cas semblables ? Il y a entre autres celui, bien connu, d'un mendiant, allant demander la charité à la grille d'un château dont il avait été le propriétaire dans son existence précédente, et des esclaves très malheureux ayant été des maîtres cruels.
Une multitude d'autres faits semblables ayant été recueillis par divers auteurs bien connus forment actuellement des volumes.
De son côté, le colonel Rochas, administrateur de l'Ecole Polytechnique, faisait, avec divers savants, des expériences et des découvertes qui font l'objet d'un livre admirable, intitulé : Les vies successives.
Il est certain, disait-il, qu'au moyen de procédés magnétiques, on peut provoquer des phases de léthargie d'états somnambuliques, au cours desquels l'âme paraît se dégager de plus en plus des liens du corps. Elle plonge alors dans l'autre monde ; sa mémoire lui revient et elle revoit toutes ses vies passées.
Dans cet état, on peut les ramener à telle époque qu'on veut de leur vie actuelle, en leur disant par exemple : vous avez 10 ans, ou 20 ans (n'importe quel âge). Que faisiez-vous à ce moment ?
On les reporte par les mêmes suggestions à des états de leurs incarnations précédentes, en traversant les intervalles qui les séparent de ces incarnations, intervalles passés dans l'autre monde entre deux vies.
Quand on dit au sujet : "vous avez tel âge", il se voit à cet âge, semble revivre ce moment de sa vie et le décrit minutieusement.
La voix varie suivant l'âge. Si c'est une fille et qu'on lui dise : "Vous avez dix ans", elle parlera de ses poupées; si on la ramène à 2 ans, elle balbutie à peine. Si on lui fait écrire son nom à 7 ou 8 ans, puis à 20 ans, l'écriture, hésitante d'abord, est devenue plus ferme.
Si on lui dit : "Vous n'êtes pas né", le sujet décrit sa vie dans l'astral, c'est-à-dire dans l'autre monde. En le poussant toujours, on le trouve incarné dans une existence précédente qu'il décrit, puis on le retrouve encore dans l'astral, puis de nouveau dans une 3e existence, et ainsi de suite. On a pu remonter, pour certains sujets, jusqu'à la 11e vie.
On a soin, dans chacune, de noter la date, le nom, le lieu habité, les occupations et tous les détails susceptibles d'être contrôlés, car tous ces renseignements sont vérifiés, afin de ne laisser aucun doute sur la certitude que le sujet avait véritablement existé dans les conditions qu'il avait dites.
Quelquefois, ramenés à certaines existences passées dans d'autres pays, ils se mettent à parler la langue de ces pays et ne comprennent pas les questions qu'on leur fait en français. Une fois réveillés, ces langues leur sont tout à fait étrangères et ils n'en savent pas un mot. Ces expériences se sont multipliées dans tous les pays et ne laissent plus aucun doute sur la pluralité des existences.

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Ceci m'amène à vous dire un mot de ce qui fait la terreur des vivants : la Mort, la mort qui ne devrait cependant être considérée que comme l'heure bénie de la délivrance. En réalité elle n'existe pas ; elle n'est qu'un réveil après le songe de la vie. Cette vie est pour nous comme une prison, dont la mort nous ouvre la porte pour nous rendre à la liberté, pour retourner dans l'autre monde.
La mort est l'éternelle renaissance, tandis que la naissance est un emprisonnement. Une consolante vision d'amour et de paix nous attend dans l'autre patrie. Que les âmes craintives chassent les mensongères terreurs qui leur font redouter les colères célestes. Le Ciel n'exerce aucune vengeance contre des êtres qu'il a créés. Au lieu d'un justicier armé d'un glaive et d'une torche, vous ne trouverez, à l'heure de votre délivrance, que les visages souriants et aimants de tous vos disparus, venant, les bras ouverts, vous recevoir au seuil de votre vie nouvelle.
Mourir, c'est, comme pour le poussin, briser la coquille de sa prison pour naître à la vie.
Les morts ne sont pas des absents, mais des invisibles, comme les étoiles du ciel que vous ne voyez pas en plein jour, quoiqu'elles soient là. Nous ne sommes jamais seuls. Ceux que vous croyez partis sont près de vous qui vous protègent ; ils lisent vos pensées à livre ouvert et vous aident par leurs suggestions
La venue de la mort est aussi bienfaisante que celle du sommeil.
Notre personnalité, notre moi n'est pas notre corps, qui, lorsqu'il meurt, c'est-à-dire quand notre âme le quitte, est bien mort. Notre âme, au contraire, emporte avec elle la pensée, la vie, la conscience du moi.
En résumé, la mort n'est que le point d'intersection de deux existences, l'une qui finit et l'autre qui commence.
C'est une résurrection. Au lieu de la craindre, il faut la saluer comme une libératrice. Il faut la remercier de vous ouvrir les éblouissantes merveilles de l'autre monde.
On la qualifie de sommeil éternel parce qu'on ne considère que le corps, alors qu'elle est, au contraire, le grand réveil. Les morts ne sont pas des morts, ce sont des délivrés.
Et ceux de vos aimés qui sont tombés sur le champ de bataille, comme tous ceux qui sont des victimes ici-bas, trouvent, en arrivant dans l'autre vie, de lumineuses et éclatantes compensations.
Priez pour vos morts. Ils sont heureux, eux qui ne vous quittent pas, de ne pas se sentir oubliés.
Mais, direz-vous, comment nous reconnaîtrons-nous dans l'autre monde si nous laissons notre corps à la terre ? Nous ne pouvons pas voir notre âme, nous ne lui connaissons pas de forme saisissable. Non, mais là encore, admirez la sage prévoyance du Créateur. L'âme est enfermée dans une enveloppe éthérée, immatérielle, invisible, et c'est cette enveloppe fluidique que nous logeons dans notre corps à la naissance, pour lui donner la vie. Notre corps lui sert de vêtement extérieur, mais n'est qu'une machine adaptée à ce que sera son rôle sur la terre. Cette enveloppe éthérée qui est le vrai "moi", est l'intermédiaire obligatoire entre l'âme invisible et l'être corporel. On l'appelle le périsprit ou corps astral.
Elle est plus légère, moins matérielle, plus lumineuse. C'est elle qui contient la mémoire de toutes les existences et de toutes les connaissances acquises. Notre corps terrestre qui lui ressemble n'en est que l'image plus grossière, plus matérielle. Et vous reconnaîtrez immédiatement dans cette image plus légère, plus subtile, plus belle, tous ceux que vous avez connus et aimés.
Nous n'avons pu ici qu'effleurer ce vaste sujet, sur lequel des centaines de volumes ont été écrits. Laissez-moi seulement éveiller en vous le pieux devoir de mettre à profit vos jours sur la terre, pour abréger vos souffrances plus tard. Enseignez ces connaissances à vos enfants. Quand ils sauront qu'ils ne sont jamais seuls, cet inconnu leur inculquera une crainte et un respect qui guideront leur conduite morale, et leur conscience s'éveillera au sentiment du devoir.
N'oubliez pas que la prière est toujours entendue.
Soyez bons et indulgents, généreux et charitables, bons surtout pour les êtres faibles et sans défense, bons pour les enfants et les animaux. Vous en recueillerez les fruits dans cette vie même.
Traitez toute personne âgée comme votre père et votre mère ; regardez toute personne de votre âge comme un frère ou une sœur, et toute personne plus jeune que vous comme votre enfant.
Ne vous vengez jamais. Vous n'êtes pas chargé par Dieu de vous ériger en juge. L'injure tombe sur ceux qui vous offensent et leur conscience vous vengera mieux que vous ne pourriez le faire vous-même.
Donnez et pardonnez, Dieu vous le rendra au centuple.
Les titres, les honneurs, la fortune, tout cela reste à la terre et ne compte pas. Dieu regarde les mains pures et non les mains pleines, et si vous suivez les préceptes qui précèdent, vous pouvez vous présenter devant Lui avec confiance.

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Catégorie : Le mystère de notre existence

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